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samedi 7 février 2015

UNE RÉPONSE COSMÉTIQUE À L’INSÉCURITÉ Par Yaacov NEEMAN


UNE RÉPONSE COSMÉTIQUE À L’INSÉCURITÉ

Par Yaacov NEEMAN
copyright © Temps et Contretemps
Après l’attaque au couteau, le 3 février au soir, de trois soldats chargés de protéger les accès du Centre communautaire à Nice, la preuve est faite du peu d’efficacité des mesures prises par le gouvernement Valls qui s’est engagé à protéger les sites fréquentés par la communauté juive français. Dans l’opinion, les réactions n’ont pas tardé à fuser : comment un individu armé d'un couteau peut-il poignarder trois militaires armés de fusils automatiques ? Question qui en génère aussitôt une autre : les armes des militaires qui se sont fait agresser par Moussa Coulibaly étaient-elles chargées ?

Possibilités d’action
         
          Contacté à ce sujet par différents médias, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian reste vague : «Les moyens de défense sont tout à fait opérationnels. Nos hommes ont les moyens de faire en sorte que la sécurité soit respectée, y compris les ordres qui conviennent.» Selon différents témoignages, les munitions à la disposition des 10.500 militaires actuellement mobilisés ne seraient pas en place dans les chargeurs, mais dans le porte-munitions.
          Interrogé en janvier dernier par RMC, un ancien militaire a déclaré : «Vigipirate en lui-même, c’est une énorme blague.[...] Les règles d’engagement de Vigipirate ne nous permettent pas d’avoir de réelles possibilités d’action en cas d’attaque terroriste. [...] Si on nous attaque avec un couteau, nous devons avoir une réponse proportionnée. Nous ne pouvons pas utiliser nos armes. Il n’y a que le chef de patrouille qui a le droit d’avoir l’arme chargée. [...] Le temps qu’on charge et que l’on arme, nous, on est morts...»

          Si la motivation du ministère de la Défense est d’éviter des victimes collatérales en cas d’échange de tirs, ce récent incident réduit les mesures annoncées à n’être que ce qu’elles sont : des épouvantails, une réponse cosmétique à l’inquiétude de l’opinion. En tout cas, les cellules dormantes du terrorisme islamique sont désormais prévenues : elles ne risquent pas grand-chose[1].  


Des solutions existantes

Il existe pourtant des solutions. Quelques jours après la tuerie à Charlie-Hebdo, plusieurs hauts fonctionnaires israéliens, spécialistes du renseignement et du contre-terrorisme, ont formulé des recommandations. Mais rien ne prouve que les responsables politiques français aient la volonté et les moyens de relever le défi sécuritaire. Car ceux-ci supposent un changement radical de mentalité.
Yaacov Amidror

S’adressant aux responsables, le général de réserve Yaacov Amidror (il fut l’un des conseillers de l’actuel premier ministre israélien) a déclaré : «Vous avez quatre problèmes à résoudre. Le premier est une question de définition. Vous devez appeler un chat un chat. La motivation des terroristes, qui sévissent actuellement sur le vieux continent, est radicalement différente de celle des Brigades rouges italiennes ou de la Bande à Baader allemande. Ce qui fait agir les terroristes d’aujourd’hui, c’est une forte idéologie religieuse. Certes, il est difficile pour vous, Européens, de reconnaître cela, mais le fait est que, bien que tous les musulmans ne soient pas des terroristes, tous les terroristes d’aujourd’hui sont musulmans. Vous ne pouvez pas gagner cette guerre sans définir précisément qui sont vos ennemis.»

Qualité du renseignement


Après cette entrée en matière exempte de toute langue de bois, Yaacov Amidror a poursuivi : «Votre second problème, c’est la qualité du renseignement. Vous devez analyser la population cible avec une plus grande acuité. Il est clair que vous n’allez pas rechercher vos terroristes parmi la population calviniste de Suisse ! Pour cela, il vous faut avoir recours aux écoutes électroniques… Vos propres citoyens devront l’accepter. Oui, eux aussi ! Parce que ces terroristes ont la même nationalité que vous, ils sont issus de votre système scolaire, ils vivent au milieu de vous. Sans ce type de surveillance, il n’y a pas de renseignement, et sans renseignement vous ne pourrez pas gagner. La France vient d’apprendre douloureusement cette leçon la semaine dernière.»
Toujours sous le signe du parler-vrai, Yaacov Amidror a enchaîné : «Le troisième point concerne l’utilisation du renseignement. Quand vous surveillez une bande malfaiteurs qui prévoient de voler une banque, comme on ne peut pas arrêter des gens sur leurs seules intentions, la seule chose à faire c’est de les suivre et espérer les prendre sur le fait. Mais avec des terroristes, comme tant de vies humaines sont en jeu, vous n’avez pas d’autre choix que de prendre des mesures préventives, comme la détention administrative.»
Enfin, la dernière recommandation de Yaacov Amidror concerne l’organisation des forces de police : «L’Europe est composée de 28 Etats, et donc de 28 forces de police. Il vous manque un appareil fédéral qui centralise toutes les informations. Vous pouvez voyager du Portugal en Lituanie sans être une seule fois contrôlé ! Dans ces conditions, un terroriste peut frapper dans un pays et se mettre à l’abri dans un autre. Vous devez mettre sur pied un office européen qui coordonne tous les moyens, humains comme technologiques.» Et de conclure : «Je souhaite à l’Europe de ne pas être obligée d’apprendre à la dure qu’il n’y a pas d’autre choix que d’apporter des modifications législatives qui permettront aux États de recruter et d’exploiter des sources au sein des populations à risque. Et cela à court terme. Car l’objectif est de préserver la vie humaine, et cela à mon avis, c’est le saint des saints. Le droit à la vie surpasse tous les autres droits.»





[1] Sur cet incident, certains ont émis une analyse beaucoup plus préoccupante : la Place Masséna à Nice est toujours noire de monde. Le terroriste aurait juste cherché qu’on lui tire dessus à l’arme lourde. Avec les balles perdues des fusils automatiques cela aurait fait un carnage perpétré accidentellement par nos soldats. Lui n’avait qu’un couteau....pour les exciter. Il n’a pas tué, mais simplement blessé légèrement pour provoquer un feu meurtrier.

5 commentaires:

Lowcarber a dit…

Et comment implementer cela, avec la CEJ/CEDH/Shengen/EU ? Impossible sans changer de course

Les chances pour la France deviennent bien couteuses, encore un pari ruineux de l' UMPS. Visiblement il aurait fallu ecouter le pere Lepen il y a 30 ans, il etait spot on.

Marianne ARNAUD a dit…

Voyant ce qui s'est passé place Masséna, à Nice, on a l'ilpression que les trois soldats auraient aussi bien pu être tués sans coup férir, alors que dès que Moussa Coulibaly a attaqué l'un au couteau, il aurait dû se faire descendre sur place.
A la guerre comme à la guerre !
Mais le gouvernement n'a pas entériné que l'EI nous fait la guerre. Il dispose devant certains sites des policiers et des soldats qui seront autant de cibles, comme l'ont été le policier qui "protégeait" Charb de Charlie Hebdo, ou la policière municipale tuée d'une rafale dans le dos et maintenant ces soldats de Nice attaqués au couteau.
Ceux qui nous gouvernent ne suivront pas les conseils des Israéliens : ils ouvriront des "centres de déradicalisation" pour les islamistes. Les morts et les blessés, quant à eux, devront se contenter d'un médaille.

קרבי kravi a dit…

Écouter Le Pen il y a 30 ans, celui des Durafour crématoire et autres abjectes facéties ? Certainement pas.
En revanche, il aurait été judicieux de ne pas lui laisser le monopole des questions qui fâchaient : l’insécurité et l’immigration non contrôlée.
Hélas, nous n’apprenons rien. La bien-pensance continue à garder sa tête bien au frais dans le sable.

Véronique ALLOUCHE a dit…

À la décharge de la France, il ne faut pas négliger le fait qu'elle comprend 65 millions d'habitants, beaucoup plus difficile à contrôler que les 7 millions d'israéliens, que ce pays n'a pas connu la guerre sur son territoire depuis 70 ans. Comparer ce pays à Israël est une erreur, Israël vit depuis sa création en perpétuel affrontement avec ses voisins, a donc développé au fil des années une défense passive très sophistiquée due à un budget militaire colossal. Et malgré toutes les préventions et précautions prises par cet état, malgré les contrôles frontaliers, les terroristes arrivent ça et la à s'infiltrer et à faire des carnages.
Dernier en date dans l'autobus à Tel Aviv il y a quelques semaines.
Cordialement
Véronique Allouche

Bernard ALLOUCHE a dit…

Un situation mal maîtrisée devient toujours incontrôlable.
Il est vrai que ces terroristes sortent du même milieu scolaire que la population française appelée par eux "blanche" . Et là nous sommes au nœud du problème. Aux premières immigrations et aux suivantes l'éducation nationale aurait dû transmettre voir imposer notre mode de vie occidentale découlant de la culture judéo chrétienne très loin de leur conception de vie, tout aussi respectable mais, totalement différente. Si le travail avait été investi il y a 40 ans la génération actuelle qui représente le gros de ces "jeunes" se serait certainement mieux intégré.
Les fautifs? Les gouvernants de droite comme de gauche qui, sous le couvert de toujours vouloir éviter les vagues, ont laisser se dégrader une "non intégration"
le travail reste toujours a l'éducatif mais sans être pessimiste cela paraît être insurmontable. Et il est triste de voir, face aux derniers attentats, les réactions d'enfants de 10 ans de ces mêmes communautés, qui une fois adultes réserveront eux aussi des surprises.
Bon courage à la France et aux français et ce n'est certainement pas avec les idées venant des deux extrêmes que l'on trouvera la solution à la situation sécuritaire.
Bernard