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vendredi 20 février 2015

SOIRÉE FRANCOPHONE À NETANYA POUR LES ÉLECTIONS



SOIRÉE FRANCOPHONE À NETANYA POUR LES ÉLECTIONS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps



Une soirée sur les élections de mars 2015 a été organisée par le Campus francophone du Collège académique de Netanya sous la présidence de Claude Grundman-Brightman et avec la présence de huit représentants des différents partis en lice. La soirée a été déséquilibrée par la différence de qualité des orateurs, médiocres pour certains, inexistants pour d’autres, face aux sages et expérimentés Colette Avital du Meretz, Elie Alalouf de Kulanu et Nissim Zvili de l'Union sioniste.



Ce jugement ne doit pas être considéré comme une prise de position politique mais comme une constatation car les autres représentants ont fait pâle figure à la fois par l’absence d’arguments tangibles que par leur inexpérience des meetings politiques. On se demandait ce que faisait le représentant de Lieberman, Oded Forer, fort respectable par ailleurs, dans une réunion francophone et contraint de faire traduire ses interventions par un interprète non professionnel.  Il est vrai que les francophones militants sont peu nombreux dans les partis et que les jeunes à la tribune ont eu le mérite de vivre un baptême du feu difficile. La salle, un peu dispersée, comprenait et c’était la surprise de la soirée, de nombreux jeunes contrairement aux réunions de ce genre où les retraités dominaient souvent. Il est certain que la relève politique montre son bout du nez.

La réunion a peut-être pêché par le trop grand nombre d’orateurs dans un temps limité qui ne permettait pas d’aborder les programmes avec profondeur. C’est d’ailleurs ce qu’attendait l’assistance, en vain. L’on peut même dire que le débat n’a pas eu lieu et que les monologues ont à peine effleuré les sujets sensibles.
Nissim Zvili, fidèle à lui-même et à son phrasé modéré, a mis en garde les électeurs contre l’avènement d’un État binational qui enlèverait à Israël sa qualification d’État juif. Il a surtout mis en garde les autres partis sur le risque de se couper des États-Unis qui participent à 30% dans le budget militaire israélien et de l’Europe qui représente la destination majeure de nombreux produits d’exportation. Colette Avital s’est bornée à des généralités sur l’idéologie portée par cette gauche minoritaire qui peine à convaincre parce que ses arguments s’adressent souvent à des intellectuels.

Elie Elalouf, le nouveau venu sur la scène politique s’est intéressé au sujet qu’il domine par-dessus tout, la pauvreté et les classes moyennes défavorisées. Il a rédigé un projet chiffré et concret qu’il est prêt à mettre en œuvre dans tout gouvernement de droite ou de gauche qu’il rejoindra avec Moshe Kahlon comme ministre des finances. Il axera sa politique sur le logement, surtout pour les jeunes couples et les défavorisés, en redistribuant les nombreux terrains détenus par l’État pour réduire le coût des logements de 20%. Il a captivé son auditoire par la simplicité de ses propos et la qualité de ses arguments sortis du cœur.

On ignore comment le Likoud a fait son casting parce qu’il l’a certainement raté en désignant Amir Weitmann qui s’est d’ailleurs attiré les foudres de l’assistance. Dirigeant une structure de gestion de patrimoine et de société d’investissement, il semblait planer dans un autre monde, celui de la haute finance à l’écart des réalités sociales du pays. Il a abreuvé son auditoire de chiffres fastidieux. Il a certes confirmé la bonne tenue de l’économie israélienne, ce qui est un fait avéré, mais il a affirmé avec aplomb qu’il n’y avait pas de pauvreté en Israël et que les chiffres de l’OCDE et des instituts israéliens étaient biaisés. Le Likoud se décrédibilise en envoyant de tels orateurs, tout excellents francophones soient-ils, face à un auditoire exigent.
Le délégué de Yahad,  Yomtov Kalfon, n’a pas convaincu non plus, surtout avec son explication de son alliance avec les Kahanistes. Selon lui, il s’agit d’une «alliance technique» de circonstance et il envisage leur rupture le jour où Elie Yshaï entrera dans un gouvernement Likoud. Fonder un programme électoral sur une rupture est éloquent. Enfin le représentant de HaBayit Hayehudi, Lionel Lapidus, a été le plus sollicité, suite à ses explications alambiquées et peu convaincantes sur la décision de son parti de s'opposer à la création d’un État palestinien. Il affirme vouloir annexer 60% de la Cisjordanie en laissant le soin aux habitants des 40% restants de choisir une alliance ou une fédération avec tout autre pays arabe de la région mais sans leur donner le droit à une structure étatique. On ignore ce qu’il fera de l’Autorité palestinienne, des forces de police arabes et de la population civile des territoires.   


Une mention d'honneur à Olivier Rafowitz et au docteur Marie-Lyne Smadja qui ont arbitré le débat avec beaucoup de patience et à Caroll Azoulay qui a organisé l'événement. De telles réunions sont indispensables pour aider les électeurs dans leur choix, mais il serait souhaitable à l'avenir de limiter le nombre d'intervenants à deux ou trois pour une meilleure clarté du débat.
  

1 commentaire:

邓大平 עמנואל דובשק Emmanuel Doubchak a dit…

Merci de rendre à Caroll ses deux ailes, car son élégance dans la communication survole les débats d'idées.