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vendredi 13 février 2015

MIRI REGEV, LE SEUL HOMME POLITIQUE DU LIKOUD


MIRI REGEV, LE SEUL HOMME POLITIQUE DU LIKOUD

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

          Les vedettes des élections ne sont pas toujours les têtes de liste. Nous avons décidé de nous intéresser aux candidats «seconds couteaux» dont la personnalité illustre mieux l’identité de la liste. Après Elie Elalouf, troisième de la liste Kulanu menée par Moshe Kahlon, Stav Shaffir quatrième sur la liste du Camp sionisteAyelet Shaked troisième sur la liste HaBayit Hayehudi, Miri Regev cinquième de la liste Likoud fait à présent l’objet de notre analyse.
Miri Regev est née Miriam Siboni, le 26 mai 1965, à Kiryat Gat de parents originaires du Maroc. En 1983 elle rejoint la Gadna, comme commandant de peloton jusqu'en 1986. Mariée et mère de trois enfants, elle obtient ensuite un master en Business.  Elle a servi en tant que porte-parole du commandement militaire Sud puis a été promue au grade de colonel avec à la clef le poste d’adjointe au porte-parole de Tsahal en 2002. Elle a été nommée en 2003 coordonnateur des efforts nationaux des relations publiques au bureau du premier ministre israélien dans la préparation de la guerre en Irak.


Général de brigade



Après un court passage (2004-2005) dans les services de la censure militaire de la presse et des medias, elle a été promue au rang de général de brigade en prenant le poste de porte-parole de Tsahal en 2005. C’est à ce titre qu’elle a eu à couvrir le désengagement d'Israël de Gaza en 2005 et la guerre du Liban de 2006. Elle a quitté l’armée en 2007 pour rejoindre l’aile droite du Likoud en novembre 2008, expliquant qu’elle avait toujours soutenu la plate-forme du parti durant de nombreuses années. Placée à la vingt-septième place sur la liste du parti pour les élections de 2009 elle gagna de justesse son entrée à la Knesset lorsque le Likoud avait obtenu 27 sièges.


Vidéo de Miri Regev candidate en 2008
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C’est au parti qu’elle a véritablement révélé sa personnalité. Son langage s’est durci au fur et à mesure de la législature, prenant vers la fin des accents révolutionnaires anti arabes. Miri Regev était réputée pour avoir un langage populiste direct, sans fioritures, parfois vulgaire et xénophobe pour certains, ce qui poussa ses adversaires et même ses amis à la qualifier de «marchande de poissons». C’est une «grande gueule» qui ne refuse pas à se mesurer à tous ceux qui s’en prennent à son parti et à son gouvernement. Ses interventions musclées et son vocabulaire imagé lui ont aussi donné le qualificatif «d’aboyeuse» du Likoud.


Vidéo de Regev justifiant sa déclaration sur les immigrés
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          Miri Regev s’est imposée politiquement en mai 2012, lorsqu’elle a participé à une manifestation anti-immigration en qualifiant les immigrés  illégaux soudanais de «cancer dans notre corps». Elle s’en est ensuite excusée en prétendant que la citation avait été dénaturée parce qu'elle ne voulait pas «comparer les êtres humains au cancer».

Activiste du Likoud

Aux primaires de 2014, elle a définitivement gagné ses galons de femme politique en arrivant, à la surprise générale, quatrième de tous les militants du Likoud. Mais elle avait beaucoup travaillé pour se hisser à cette place en surfant à travers les rivalités au sein du parti, en tant que femme d’abord et en tant que séfarade surtout. La surprise venait du fait qu’elle était considérée comme agitatrice d'idées dans le parti, «l’épine dans le pied de Netanyahou».
Elle s’est battue en première ligne en étant l’instigatrice de projets de loi tendant à lier les mains du premier ministre, soit face au processus de paix soit en ce qui concerne l’éventuelle annexion de la vallée du Jourdain. Elle s’était donné pour tâche de faire capoter les pourparlers de paix en exigeant que la Knesset ait le contrôle pour tout ce qui concerne Jérusalem et le droit au retour des réfugiés palestiniens : «Les négociations sur ces questions, qui sont lancées sans l'approbation de la Knesset, sont non contraignantes. Dans un tel cas, les organismes gouvernementaux ne seront pas engagés à l'issue de ces négociations».
En fait, elle avait repris avec plus de talent un projet conçu précédemment par le  ministre Gilad Erdan qui n’avait jamais été soumis au vote de la précédente Knesset. Elle s’est expliquée en précisant que : «L'objectif est de parvenir à une situation dans laquelle il ne peut y avoir de négociations sur les concessions drastiques qui ont un impact négatif sur l'identité juive de l'État et exacerbent le fossé qui existe dans la société israélienne, sans l'approbation d'une majorité au parlement d'Israël. Ces actions sont interdites, anti-démocratiques, et, selon ce projet de loi, illégales. Ainsi, toutes les négociations menées sans approbation de la Knesset seraient non valides.»
Netanyahou avait accepté ce projet du bout des lèvres car il avait compris que l’annexion de la Vallée du Jourdain avait pour but d’écarter les implantations de tout accord diplomatique. Il savait que cela influerait de manière fondamentale sur ses relations avec les Américains. Mais il a laissé faire pour ne pas s'opposer à Miri Regev qui concentrait sur elle les amertumes des militants extrémistes du Likoud.
Huit ministres sur les onze qui composaient le comité législatif du gouvernement avaient adopté ce projet à l’exception de Yaïr Lapid et Yaël German de Yesh Atid ainsi que de Tsipi Livni qui s’était élevée avec vigueur contre cette décision : «Ce projet de loi et ce vote en commission ministérielle n'a pas pour but d'annexer une partie de la Cisjordanie, mais plutôt de protéger le statut de certains membres du Likoud face à l'extrême droite du parti au prix d'une atteinte à l'image du pays, de son isolement et de sa sécurité». Le projet de loi devait encore être approuvé par la Knesset mais il n’a pas reçu de majorité car les Centristes au sein de la coalition gouvernementale s’y sont opposés, avec bien sûr tous les membres de l’opposition.

Faucon du Likoud

Cette proposition de loi avortée a cependant promu Miri Regev au rang de «faucon» de la coalition, au sein de l’aile droite du Likoud. Elle a donc engrangé les votes des militants qui l’ont d’ailleurs adoubée aux primaires en la hissant au sommet. Elle avait ainsi réussi à changer le consensus israélien sur les territoires parce qu'elle avait senti qu'il n’y avait pas de vision politique claire au sein de son parti. Elle avait surtout appris les secrets de la manipulation politique d’un pays au point de dicter au premier ministre les décisions auxquelles il n’était pas préparé. Si elle n’avait pas fait carrière dans l’armée, elle aurait pu être une activiste révolutionnaire de l’extrême-droite.
Elle avait mobilisé les radios et les chaînes de télévision qui diffusaient ses «crises nerveuses» et son discours teinté de chauvinisme, à la limite de racisme, avec un sens de l’humour lourd et souvent déplacé. Ces adversaires lui ont attribué pour cela le sobriquet de «marchande de poissons» en raison de ses propos populistes. Dans les commissions de la Knesset qu'elle présidait, elle ciblait uniquement les députés arabes allant jusqu'à leur refuser le droit à la parole.  On se souvient d'elle dans un débat animé avec la passionaria travailliste Stav Shaffir.
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Certains la trouvaient dangereuse politiquement car elle était adepte des petits pas consistant à d’abord annexer la vallée du Jourdain pour ensuite s’emparer de toutes les routes menant aux implantations, pour enfin mettre la main sur la totalité de la Cisjordanie. Elle plaisait aux militants de l’aile droite du Likoud qui, grâce à son discours ultra nationaliste, n’avaient pas rejoint Naftali Bennett et son parti. Elle s'était élevée en particulier contre l'interdiction faite aux Juifs de prier sur le Mont du Temple dans une intervention violente à la Knesset avec des expressions arabes déplacées.


Vidéo de son intervention à la Knesset 
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Lien de l'intervention avec sous-titres
https://www.youtube.com/watch?v=EbGjm8mUlTU

Elle justifiait sa stratégie d'annexion en expliquant que la charge incombant à l’armée, appelée aux quatre coins du territoire, devenait de plus en plus grande. Elle proposait donc de bloquer l’avance éventuelle de l’ennemi par les implantations qui devaient donc être annexées au plus vite. Les militants politiques assurent que Miri Regev est un esprit malin qui connaît toutes les ficelles et les failles du système. Elle avait pris tellement d’ascendant sur eux qu’elle était devenue le seul "homme" politique du Likoud qui n’avait pas peur d’affirmer ses convictions, face à un premier ministre omnipuissant.

3 commentaires:

Parole VOLEE a dit…

Elle n'st ni raciste ni populiste ;elle est nationaliste .De vraiment raciste je me pencherais du coté de la gauche israélienne une fois gratté le vernis des apparences . Les meilleurs rapports humains et de travail entre arabes et juifs sont opérés sur le terrain avec des gens de droite nationaliste. Cette donne est vérifiable en pratique hors discussions politiques tendant a diviser .Les arabes israéliens le reconnaissent .

Arie AVIDOR a dit…

Kamal Hachkar - oui, une Marocaine qui réclame à corps et à cris un maroquin dans le prochain gouvernement. Elle a tant de qualités! Et surtout, elle est modeste. L'une de ses dernières déclarations qui ont fait la "une": "j'ai été coulée dans le métal dont on fait les Premiers ministres" !!!

Bernard ALLOUCHE a dit…

Il est certain que cette femme sioniste et militante a une personnalité qui lui donnera la puissance d'aller au sommet.
Je ne dirai pas qu'elle était devenue le seul "homme à affirmer ses convictions face au premier ministre" mais tout simplement qu'elle était devenue la seule à affirmer ses convictions face au premier ministre.
Nous avons au niveau de la conviction l'équivalent dans l'autre bord avec Ztipi. Elle n'a malheureusement à ce jour pas accédé à la fonction suprême et son alliance démontre peut être une faiblesse.
En deux mots faisons également confiance aux femmes en espérant que leur engagement soit égal à leur sagesse.