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samedi 21 février 2015

HANEEN ZOABI, L’INTRUSE ARABE CONTROVERSÉE



HANEEN ZOABI, L’INTRUSE ARABE CONTROVERSÉE 

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


          Les vedettes des élections ne sont pas toujours les têtes de liste. Nous avons décidé de nous intéresser aux candidats «seconds couteaux» dont la personnalité illustre mieux l’identité de la liste. Après Elie ELALOUF, troisième de la liste Kulanu menée par Moshe Kahlon, Stav SHAFFIR quatrième sur la liste de l'Union, Ayelet SHAKED troisième sur la liste HaBayit Hayehudi, Miri REGEV cinquième de la liste Likoud, Orly LEVY-ABECCASIS deuxième de la liste Israël Beiteinou, Yaël GERMAN, troisième sur la liste Yesh Atid de Yaïr Lapid, Haneen ZOABI de la liste arabe unie fait à présent l’objet de notre analyse.


Cliquer sur la suite pour voir les vidéos de ses interventions à la Knesset



La démocratie israélienne est ainsi faite qu’elle accepte dans les travées de la Knesset une députée arabe qui passe son temps à condamner, non pas le gouvernement ce qui entre dans le cadre de ses attributions, mais l’État d’Israël, son existence et sa démocratie qui n’est selon elle  qu’une «sinistre plaisanterie». Haneen Zoabi, célibataire, est née le 23 mai 1969 à Nazareth d’une famille musulmane mais elle n’est pas pratiquante. Elle fut la première femme arabe à être élue à la Knesset sur la liste d’un parti arabe, aux élections de 2009 et de 2013.


Elle a étudié la philosophie et la psychologie à l'Université de Haïfa où elle a obtenu son BA puis une maîtrise en communications de l'Université hébraïque de Jérusalem qui lui a ouvert les portes du journalisme. À ce titre elle a ouvert les premières classes de medias dans les écoles arabes et travaillé en tant que professeur de mathématiques et comme inspecteur d’école pour le ministère israélien de l'Éducation.
Jamal Zahalka

Haneen Zoabi a commencé sa carrière politique en rejoignant le parti arabe Balad en 2001. Ce parti dont le sigle signifie Ligue démocratique nationale, est dirigé par Jamal Zahalka, et représente la troisième composante de la liste unie arabe aux élections législatives du 17 mars 2015. Parti nationaliste arabe, il «lutte pour transformer l’État d’Israël en démocratie pour tous ses citoyens, quelle que soit leur nationalité ou leur origine ethnique» et  de ce fait, il conteste à l’État d’Israël la qualification d’État juif. Il prône la reconnaissance  des Arabes israéliens comme minorité nationale disposant d’une autonomie dans les domaines de l'éducation, de la culture ou des medias. Il soutient le principe de «deux États pour deux peuples». La droite israélienne estime que Balad a des positions anti-israéliennes en soutenant les ennemis d’Israël, notamment le Hezbollah libanais et le régime syrien.
Zoabi face au Mavi Marmara

Haneen Zoabi figure en 7ème position réaliste sur la liste arabe unie que les sondages créditent de 12 à 15 sièges.  Elle se distingue par son activisme outrancier qui lui attire les foudres de la droite et de l'extrême-droite israélienne. Elle a même été l’objet de menaces de mort. Son haut fait d’armes aura été sa participation à la flottille de 2010  à bord du Mavi Marmara, le navire turc qui voulait briser le blocus de Gaza. Elle s’était défendue en expliquant que «le navire ne cherchait pas à briser le blocus, mais à briser le silence à ce sujet, ce sur quoi il a réussi».
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Débat au sujet de la flottille

Les Arabes chrétiens n’apprécient guère ses gesticulations et l’ont démontré en lui refusant, aux élections locales de 2013, la mairie de Nazareth, pourtant la ville la plus peuplée d’Arabes en Israël. C’est une excellente oratrice qui a dû s’inspirer de la dialectique de son aînée Leila Shahid, la coqueluche des medias français. Ses diatribes violentes s’adressent souvent à l’armée.
Ainsi durant l’opération «Bordure protectrice» de 2014 elle avait justifié les attaques du Hamas par une déclaration dont les termes ont choqué, cinq jours après l’enlèvement et le meurtre des trois jeunes adolescents juifs : «Est-ce si étrange que des gens vivant sous occupation dans des situations impossibles et où Israël capture des centaines de prisonniers au quotidien... est-ce si étrange que cela qu'ils aient recours au kidnapping ? Ce ne sont pas des terroristes. Même si je ne suis pas d'accord avec eux, le fait est que ce sont des gens qui ne voient pas d'autre moyen de changer leur réalité et qui se sentent contraints à de tels expédients». La Knesset avait décidé de l’exclure pour six mois à la suite de cette déclaration sous le motif «d’incitation à la violence».
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Expulsée, Zoabi s'en prend à un garde de la Knesset

Le Likoud  et Israël Beiteinou avaient estimé qu’elle s’était discréditée par ses attaques répétées de la tribune de la Knesset contre le pays et ils avaient saisi la commission électorale israélienne pour interdire sa candidature aux élections législatives du 17 mars. La commission l'avait disqualifiée le 12 février. Haneen Zoabi avait condamné cette décision en déclarant «qu’Israël ne veut pas voir à la Knesset les représentants qui se battent pour le peuple palestinien. Je suis une Palestinienne et la lutte du peuple palestinien est mon combat. Cette lutte est basée sur des valeurs universelles telles que la justice, la liberté et l’égalité. M’interdire de me présenter aux élections ne vise pas que moi, mais aussi la lutte politique des Palestiniens dans leur ensemble. S’il y a du terrorisme dans mon pays, sa seule source est l’occupation israélienne et l’injustice.»
La Cour Suprême d’Israël a annulé la décision de la commission électorale du pays visant à interdire à la députée israélo-arabe d’être candidate aux élections législatives prévues le 17 mars prochain. Huit des neuf juges ont voté en faveur de l’autorisation pour Zoabi de se présenter aux élections.
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Zoabi affronte la présidente de la commission à la Knesset, Miri Regev
Ses adversaires politiques lui reprochent un discours proche de celui du Hamas. Ils l’accusent d’être une ennemie de l'intérieur, une sorte de cinquième colonne telle que définie par Avigdor Lieberman qui a toujours condamné cette double allégeance israélo-palestinienne. Ils lui reprochent de rejeter l'idée d'Israël comme État juif et d’émettre des doutes sur une possible coexistence de deux États. Mais ils n’ont jamais réussi à la déchoir de la nationalité israélienne ni à l’exclure définitivement de la Knesset malgré les motions, les votes et les recours en justice. Cependant elle avoue ouvertement : «je ne serai jamais loyale envers le sionisme».
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Elle a marqué les esprits en refusant de chanter l’Hatikva, l’hymne national, à l’ouverture des sessions de la Knesset à l'instar d’ailleurs des autres députés des partis arabes.  Elle s’est même faite plusieurs fois expulser manu militari de nombreuses commissions. La suspension de ses privilèges parlementaires et la confiscation de son passeport diplomatique ne l’ont jamais découragée pour lancer ses provocations et dénoncer «l’apartheid israélien» car elle ne «croit pas à une pureté ethnique au nom de laquelle les Juifs doivent vivre dans un État séparé des Palestiniens, qui eux-mêmes doivent avoir un État sans Juifs.»
Sa présence  à la Knesset est tellement contestée que chacune de ses interventions à la tribune entraînent souvent des troubles, à la limite des échanges physiques, de la part de collègues qui veulent lui interdire la parole, que ce soit en séance plénière à la Knesset ou dans les commissions durant lesquelles elle est souvent expulsée par le service de sécurité du parlement en raison d’un langage considéré comme vif par les présidents de séance. Sa position dans la liste arabe unie lui assure une réélection à la prochaine Knesset où elle pourra à nouveau manifester sa haine contre un pays dont elle représente une partie des citoyens. C’est le paradoxe d’un État qui cultive la démocratie à outrance dans une région où cette expression n’a pas de signification tangible. 
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Mais Haneen Zoabi doit être acceptée à la Knesset parce qu'elle est élue démocratiquement, que son parti n'est pas interdit, et qu'elle représente la femme arabe moderne au vrai sens politique. Mais surtout, sa présence démontre que ses accusations «d’apartheid» israélien n'ont aucune base réelle. Elle prouve au contraire la vitalité de la démocratie israélienne qui n'est pas un vain mot.


9 commentaires:

Yaacov NEEMAN a dit…

Le masochisme juif a encore frappé. Le Comité central électoral avait vu juste en refusant à Zoabi de se présenter aux élections. Mais non, la Cour Suprême, dans son idolâtrie de la démocratie, en l'autorisant à concourir lui confirme le droit de continuer à vouloir détruire l'Etat d'Israël. Si ce n'est pas du masochisme, qu'est-ce que c'est ? De la bêtise, de l'aveuglement. Les "sages" de la plus haute institution du pays n'ont appris aucune leçon de l'histoire récente, celle du XXème siècle, où les exemples abondent que quand les démocraties font preuve de faiblesse, elles signent leur arrêt de mort. En attendant, on tolère sur notre sol l'intolérable. Quelle grandeur !

邓大平 עמנואל דובשק Emmanuel Doubchak a dit…

La raison a du coeur que le coeur et la raison semblent ignorer... Je n'insulterai pas ceux qui m'insultent, mais ne leur donnerait pas les moyens de réaliser les projets qui me nuisent, mais dont je leur reconnais le droit de parler dans la "solitude" de minorité de la minorité.

En démocratie, comme en biologie avancée, il faut savoir ne pas utiliser des produits nocifs même pour nous, et permettre au milieu de neutraliser par notre intelligence des animaux qui ne sont nuisibles que pour nous ou pour nos fantasmes.

Marianne ARNAUD a dit…

"Huit des neufs sages ont voté en faveur de l'autorisation pour Zoabi de se présenter aux élections."

Ils lui ont donné la corde avec laquelle elle les pendra.

Nadine VERED a dit…

Personnellement la lutte de Hanin Zoabi a un cote folklorique et provocateur qui ne me dérange pas trop. Beaucoup plus dangereux sont les militants de l'ombre, qui préparent les attentats et menacent les medias occidentaux qui osent les critiquer.

Gérard LOUISE a dit…

L'acharnement, justifie ou non envers Hanin Zoabi depuis les 8 mois derniers a réussi à la faire connaitre dans le monde entier alors qu'elle était une parfaite inconnue.. On peut la détester pour ses commentaires et son ton inflammatoire mais on se doit de reconnaître son courage...

Vince a dit…

@ Gérard Louise : Son courage ? Quelle blague ! Elle sait qu'Israël est un État démocratique et qu'en tant qu'arabe elle est intouchable.
Le courage serait de prôner la démocratie à Gaza, en Judée-Samarie et de combattre les islamistes dans ces régions là, mais pour cela, il faut du courage, ce qu'elle n'a pas.

Johnny Claude GERMON a dit…

Elle n a ni acharnement ni courage , elle a confiance dans la démocratie Israeliénne , pour rester en place sàns s occuper des intérêts de ses électeurs !!!!

Kamal HACHKAR a dit…

Une excellente nouvelle qu elle puisse se présenter...Elle est la mauvaise conscience d Israël

Evelyne BOUAZIZ a dit…

Quelle désolation ? Accepter une femme qui ne cesse de critiquer Israël a se présenter aux élections la justice en Israël est trop laxiste et la démocratie de ce petit pays dépasse les limites compte tenu de la situation actuelle c est une vraie bataille mais surtout il faut que les israéliens choisissent en leu âme et conscience le parti qui pourra tenir de vrais engagements pour l avenir