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mercredi 11 février 2015

AYELET SHAKED LA DAME DE FER DE HABAYIT HAYEHUDI



AYELET SHAKED LA DAME DE FER DE HABAYIT HAYEHUDI
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

Les vedettes des élections ne sont pas toujours les têtes de liste. Nous avons décidé de nous intéresser aux candidats «seconds couteaux» dont la personnalité illustre mieux l’identité de la liste. Après Elie Elalouf, troisième de la liste Kulanu menée par Moshe Kahlon, et Stav Shaffir quatrième sur la liste du Camp sioniste, Ayelet Shaked troisième sur la liste HaBayit Hayehudi de Naftali Bennett fait à présent l’objet de notre analyse.

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Laïque de droite

          Ayelet Ben Shaul est née le 7 mai 1976 à Tel Aviv. Après avoir obtenu un master en ingénierie électronique et informatique à l'Université de Tel-Aviv, elle a fait ses premières armes professionnelles au service marketing de la société Texas Instruments. Son époux Shaked est pilote de chasse. Laïque, mère de deux enfants, elle habite le quartier nord de Bavli à Tel-Aviv.


Elle est entrée en politique comme directrice du cabinet de Benjamin Netanyahou de 2006 à 2009 et à ce titre elle a préparé les élections législatives de 2009 avec Bennett et le lauréat du Prix Israël 2012, Abramowitz. En 2010 elle a créé avec Naftali Bennett le mouvement «Mon Israël» (Israël Shely). Bien que nommée en 2012 coordinatrice du Likoud, elle a choisi de démissionner du parti pour rejoindre HaBayit Hayehudi aux élections de 2013 à la suite desquelles elle a été élue députée à la Knesset.
video

Elle s’est faite remarquer par des prises de position excessives, en particulier durant l’opération Bordure protectrice contre Gaza en 2014, concernant le devenir des terroristes et de leurs proches. Elle avait en particulier préconisé qu'«Israël devrait déclarer la guerre à l'ensemble du peuple palestinien, ce qui inclut leurs personnes âgées et leurs femmes, leurs villes et leurs villages, leurs biens et leurs infrastructures». 

Elle souhaitait généraliser la politique de démolition des habitations palestiniennes pouvant être utilisées par les terroristes palestiniens : «Derrière chaque terroriste se tiennent des douzaines d'hommes et de femmes, sans qui il ne pourrait pas s'engager sur la voie du terrorisme. Ils sont tous des combattants ennemis et ils devraient mourir. Ceci concerne aussi les mères de ces martyrs qui les envoient à une mort certaine avec leur bénédiction. Elles devraient donc subir le même sort que leurs fils, rien ne serait plus juste. Elles devraient mourir et les maisons dans lesquelles elles ont élevé ces serpents devraient être détruites. Sinon, d'autres petits serpents y seront élevés après».
Toujours plus de sécurité
Elle est entière, ne fait pas dans la dentelle et n’a jamais cherché à moduler ses attaques acides : «Ce n’est pas une guerre contre la terreur, ni une guerre contre l’extrémisme, ni une guerre contre l’Autorité Palestinienne. La réalité est qu’il s’agit d’une guerre entre deux peuples. Qui est l’ennemi ? Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé.»
Son parti a publié un projet détaillé pour «secouer la police» parce qu’il veut plus de sécurité dans tous les secteurs en Israël. Ayelet Shaked, troisième de liste arrivée première aux primaires, avait plusieurs fois exprimé son désir d’être ministre des affaires étrangères ou ministre de l’éducation. Mais son parti veut la désigner comme candidate au poste de ministre de la sécurité intérieure dans le prochain gouvernement de droite. 
Prisonniers palestiniens à Ramlé

Elle a en effet des idées bien arrêtées qu’elle compte mettre en application en ce qui concerne les prisonniers arabes dans les prisons israéliennes. Elle veut réduire les avantages dont ils bénéficient à savoir les nombreuses visites, l’usage des téléphones portables, l’accès à des achats à la cantine et même la télévision. Elle s’est engagée à rétablir la sécurité dans «tous les quartiers de Jérusalem» et à traiter avec sévérité les clandestins africains de Tel-Aviv. Elle veut prendre comme modèle Rudolph Giuliani, l’ancien maire de New-York, en appliquant la «tolérance zéro» comme mot d’ordre pour tout Israël.

Laïque auto proclamée

Sa place comme laïque auto proclamée au sein d’un parti issu du vieux PNR (parti national religieux) peut sembler une anomalie. Le monde religieux avait émis des réserves contre cette intruse qui faisait tâche dans un milieu d’hommes à kippa. Pourtant sa vie dans les quartiers huppés du nord de Tel-Aviv ne la prédestinait pas à faire partie de l’élite de droite et à construire des liens forts avec les idéaux du monde sioniste religieux. En fait, bien que non orthodoxe, son éducation religieuse date de son enfance. Sa mère professeur de Bible et son père juif traditionaliste la conduisaient tous les samedis à la synagogue. Ensuite, ayant servi dans la division Golani, elle s’est rapprochée de nombreux soldats sionistes religieux qui ont renforcé son idéologie. Durant son séjour à la base militaire de Hébron où elle était détachée, elle a fréquenté les habitants juifs de cette ville qui ont influencé ses idées.  

Le déclic, qui a eu une profonde influence dans l'élaboration de sa vision du monde et de ses vues politiques, date selon elle d’un débat auquel elle a assisté à l’âge de huit ans entre Shimon Peres et Yitzhak Shamir. Cet échange l’a convaincue de choisir le camp de la droite. Elle sait que son entrée dans le parti religieux avait indisposé les rabbins favorables au maintien du clivage entre femmes et hommes. Mais elle a réussi à briser le cercle fermé masculin parce qu’elle voulait participer à la création d’un grand parti à la droite de Netanyahou, basé sur la Bible et sur les valeurs juives, ouvert aux Juifs séculiers et traditionnels qui s’identifient avec les valeurs de la communauté sioniste religieuse.
Peres-Shamir

On pourrait cependant se poser la question pourquoi précisément elle a tenu à intégrer un parti religieux avec toutes les réticences qu’elle a suscitées. Ce fut un dilemme pour elle mais elle s’est justifiée en précisant que, membre du Likoud durant de nombreuses années, elle avait constaté qu’il avait tendance de plus en plus à dévier vers la gauche. Compte tenu de cette préférence idéologique, elle a un programme consistant à développer une forte identité juive pour tous les Juifs en Israël. Elle souhaiterait que cela fasse partie du système de l'école publique nationale et pas seulement dans les écoles religieuses. Elle avait précisé que, lorsque Zevulon Hammer était ministre de l'Éducation, existait un département spécifique responsable de l'identité juive dans les écoles. Il est temps pour elle que cela soit rétabli.

Lutter contre l’extrême-gauche


Elle s’est donnée comme tâche de combattre les actions de certaines organisations d'extrême-gauche et d'arrêter leur pénétration dans le pays parce que, selon elle, elles sont impliquées dans un large éventail d'activités anti-israéliennes telles que la délégitimation des soldats de Tsahal et d'Israël dans le monde entier et l'aide pour les réfugiés africains qui pour la plupart sont en fait des infiltrés. Elle voudrait encourager les femmes à aller travailler, à s’impliquer dans le monde des affaires et dans la vie publique. Elle est consciente de l’existence de problèmes sociaux et elle s’engage à réduire les écarts socio-économiques dans la société grâce à un système d'éducation qui permet aux défavorisés de la périphérie d’avoir les mêmes chances que les enfants  de Tel-Aviv.
Rabbin militaire Ronsky


On s’étonne cependant de certains de ses combats car elle lutte pour organiser une campagne contre la radio de l’armée, Galeï Tsahal, qu’elle accuse d’avoir un ordre du jour essentiellement de gauche. Obnubilée par son aversion pour la gauche, elle accepte le paradoxe d’être une laïque qui reconnaît avoir le rabbin Ronsky comme conseiller spirituel. Comme oratrice, elle n’a pas la fougue de Stav Shaffir ni le même tempérament mais elles seront dans la prochaine Knesset les deux députées les plus convaincues et les plus actives dans une assemblée qui cultive la gérontocratie.  

3 commentaires:

Philippe MOINE a dit…

Epouvantable, l'idéologie de cette Shaked. C'est tout simplement une idéologie raciste et fascisante... Utile de retrouver ici ce qu'elle a dit, écrit. Les gens qui votent pour le parti de Bennett votent pour ça, et c'est très éloigné de ce que représentait le parti national-religieux à l'origine. Une bonne chose qu'il dégringole dans les sondages.

Yossef a dit…

Encore un supporter des terroristes qui ne supporte pas qu'on s'en prenne a eux. A cause de gens comme lui,des terrosristes se baladent dans les rues du monde entier libres de commettre leurs attentats.Il ne faut avoir aucune indulgence ni pour les terroristes ni pour leurs famille ni pour ceux qui les soutiennent. Bravo Ayelet Shaked et Habait Hayehudi

Jean-Michel Lemoine a dit…

Et comme tous les Palestiniens sont génétiquement terroristes, il faut tous les tuer. Merci Ayelet pour cette fine analyse pleine de nuances et d'humanité !