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mardi 6 janvier 2015

EN ISRAËL, L’EXTRÊME-DROITE EST DÉSAVOUÉE



EN ISRAËL, L’EXTRÊME-DROITE EST DÉSAVOUÉE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            

          En attribuant à Moshé Feiglin une place où il n’a aucune chance d’être réélu à la Knesset, le Likoud a désavoué en fait la politique d’extrême-droite prônée par ce vice-président sortant de la Knesset. Il a subi une défaite dont il pourrait ne plus se relever politiquement ou alors qui lui donnerait la niaque pour poursuivre son combat. 
          Il tombe de très haut car un sondage en mai le classait quatrième parmi les membres les plus populaires du Likoud. Avec Ze'ev Elkin, son compagnon de parti placé 8ème candidat sur la liste Likoud, ses discours étaient favorables à une certaine forme d'annexion pour «passer à l’offensive étape par étape». C'est toute l'extrême-droite qui est visée par cette défaite. L’autre micro-parti, Otzma LeIsraël, dirigé par Michaël Ben-Ari, a peu de chances de figurer à la prochaine Knesset.


Adversaire d’Oslo

Accords d'Oslo 1993

Moshé Feiglin était un adversaire acharné des accords d’Oslo qu’il veut considérer comme «futiles, nuls et non avenus». N’ayant pas été retenu par les militants, il est probable qu’il cherchera à créer son propre parti qui risque aussi de subir une déconvenue, à moins qu’il ne trouve d’autres alliés qui lui permettront d’obtenir les 3,25% de voix fatidiques pour entrer à la Knesset. Mais, pour que sa voix puisse s’exprimer librement en Israël, il est important qu’il siège au Parlement même si ses idées fascisantes devraient, pour certains, le disqualifier. C’est d'ailleurs le débat classique sur la définition des limites de la démocratie.

Il a déjà préparé son terrain politique et ses thèses. En écho à Benjamin Netanyahou, il a fait son propre discours à l’université de Bar Ilan et a exprimé sa conception originale de l’avenir : «la seule solution diplomatique juste et intelligente consiste dans la création dans le pays d’un État pour une Nation». C’est un orateur qui sait s’exprimer avec des métaphores : «J’ai toujours enseigné que si vous perdez votre chemin de navigation, vous devez retourner au point où vous vous êtes perdu. Dans ce lieu, où a été prononcé le célèbre discours de Bar-Ilan en juin 2009, nous nous sommes perdus. Nous avons perdu notre chemin diplomatique. C’est là que le camp national a accepté le principe de deux États pour deux peuples».

Troisième Temple


Feiglin n’a jamais envisagé de compromis et il s’est accroché à son concept d’un seul État juif existant au sein du Grand Israël. Il veut ranimer la conscience juive pour parvenir à la construction du troisième Temple sur le Mont du Temple, sans expliciter s’il serait à côté ou à la place de la mosquée Al-Aqsa. Il n’a cessé de réclamer le droit des Juifs à prier sur le Mont du Temple mais sa présence y a été interdite par le gouvernement pour éviter les émeutes.

Il tient à faire une différence entre les pays arabes et l’OLP : «Jusqu'aux Accords d'Oslo, tout le monde avait compris, à droite comme à gauche, qu'il existe une différence fondamentale dans la perception du conflit entre les États arabes et l'OLP». Il est certain qu’il pourra parvenir à un accord avec les voisins arabes, mais selon lui, c’est impossible avec l’OLP parce que le conflit n’est pas territorial mais une lutte pour libérer l’ensemble de la Palestine, Israël compris : «À Oslo nous avons perdu l’arme la plus puissante de toutes, la justice».
Moshé Feiglin, qui croit fermement à un État pour une Nation, n’oublie pas les Palestiniens. Mais les solutions qu’il propose ne peuvent intervenir qu’après «l'élimination du régime d’Abbas en Cisjordanie et du Hamas à Gaza». Il concède aux Palestiniens le droit de résider en permanence sous souveraineté israélienne, d’obtenir la citoyenneté après avoir juré publiquement allégeance et après s’être engagé à faire le service national. Enfin ceux qui ne voudraient pas accepter la souveraineté d'Israël recevraient une indemnisation afin «qu'ils puissent trouver leur avenir ailleurs».

Il se distingue du programme de Naftali Bennett, sioniste religieux, qui envisage d’annexer seulement la zone C de la Cisjordanie représentant 60% de tous les territoires au-delà de la ligne verte et occupée par 6% d’Arabes qui recevraient automatiquement la nationalité israélienne. Les 40% de territoires restants seraient soumis à une sorte d’autonomie interne sans les attributs d’un État : la monnaie et l’armée.

Solution pour Gaza



La solution de Feiglin pour Gaza est radicale, surtout irréaliste en raison des difficultés de son application. Il prône d’envahir Gaza avec une force maximale de Tsahal. Toutes les cibles militaires et les infrastructures seront attaquées sans aucune considération pour les «boucliers humains» ou les «dommages environnementaux». Parallèlement il veut organiser un siège total de Gaza pour ne rien laisser entrer dans la zone en permettant aux civils de s’installer au Sinaï et aux combattants de se rendre aux forces de Tsahal.
Le 25 Juillet 2014, il a donné son point de vue dans la presse. Sa vision consiste à transférer les Palestiniens dans le désert du Sinaï et à remplir la bande de Gaza avec des Juifs dans le cadre du Grand Israël pour résoudre la crise de logement. Il semble vivre dans un monde d'illuminés et cette radicalité l’a décrédibilisé auprès des militants du Likoud qui ont compris le danger qu’il constituait dans le parti. L'extrême-droite semble en difficulté alors qu'elle avait été au firmament aux élections de 2013 mais la presse, comme d'habitude, sera tenue pour responsable de ce déclin. Les militants de droite se réveillent d'un rêve inaccessible.
Le 5 janvier la décision prévisible est tombée. Moshe Feiglin a annoncé son départ du Likoud et la formation d'un nouveau parti. Bon joueur, il a déclaré :"Benjamin Netanyahou m'a contrarié, mais je ne suis pas en colère contre lui".  

4 commentaires:

Arie AVIDOR a dit…

« Ainsi, l'électorat du Likoud aurait privilégié un soi-disant courant modéré en son sein et désavoué l'extrême droite? Je ne le crois pas un seul instant ! La base du Likoud est plus que jamais extrémiste mais Moshe Feiglin, qui menaçait la suprématie du chef de file du parti, a fait l'objet d'un "deal" entre les courants avec la collaboration des "pourvoyeurs de voix" ("kablanei kolot") en vue de son "Exécution". Ajoutez à cela la fraude omniprésente à ces élections primaires et vous comprendrez comment un candidat peut passer du statut d'"outsider" à celui de "loser" en l'espace de quelques semaines ! »

Yves Yossef Cohen a dit…

Arie
Tout à fait d’accord avec vous.
Ce n'est pas la base du Likoud qui a désavoué Moshé Feiglin, puisque le sondage (honnête lui) le donnait en troisième position pour sa popularité et ses actions.Sa "soit disant défaite" est le résultat du scrutin truqué et des manœuvres du chef du parti qui a senti qu'il perdait du terrain. Il n'est même pas possible de nier les fraudes électorales qui ont fait les titres des journaux hier. Nathaniahou a évacué les observateurs lors du décompte des bulletins, cela ne vous dérange pas... un peu ?

Jean CORCOS a dit…

Je suis bien entendu fort mal placé pour dire si le scrutin a été truqué ou non ... mais quelque part, je partage l'optimisme de notre ami Jacques Benillouche :

1) Liberman évolue un peu, au moins en paroles ;

2) Feiglin marginalisé de facto. Restent nos malheureux olim hadashim, à qui un "site de référence - et des citoyens français qui ne devraient pas s'en mêler - expliquent qu'en fait, les élections se limitent à un seul parti, celui de Bennett !

Parole VOLEE a dit…

La notion "d'extrême droite"devrait être clarifiée dans le contexte israélien. "L'extrême droite" en question vise-expérience à l'appui non discutable- à refuser toute concession à un ennemi mortel qui vous refuse- sans cacher ses buts- toute concession soit sur le thème de la guerre à perpétuité au nom de l'Islam -il s'appelle le Hamas-ou par l'usage de la diplomatie -il 'appelle l'OLP d'abou Mazen associé à ce mouvement au gré de son pragmatisme . Ne pas le voir, ne pas le comprendre lorsqu'on est au fait de l'actualité ,de ses dires, de ses non dits relève de l'aveuglement le plus total qui semble partagé par les bons apôtres qui s'expriment dans ces commentaires sans être capables de promouvoir une moindre solution qui ne finisse en catastrophe évidemment toujours au détriment de celui appelé à faire des concessions dites "douloureuses" qui ne mènent à rien d'autre que de se retrouver avec plus de souffrances sur un territoire encore plus étroit et encore plus indéfendable. Feiglin s'est trompé sur l'évolution ou plutôt la régression du Likoud qui s'est embourbé sous le feu des pressions US-UE dans la fausse solution de "deux etats" , celui ci en imaginant influencer le Likoud dont la direction et les manoeuvriers restant entièrement aux mains de Natanyahou, fin politicien insaisissable capable d'agir le moment opportun dans une direction radicalement opposée à celle de ses électeurs hors de l'appareil qu'il maîtrise. Feiglin avait été prévenu qu'il se ferait 'avaler' dans l'entonnoir du Likoud et malgré une première mauvaise expérience il a persisté sans doute par ambition personnelle qu'il paie trés cher,et de ce point de vue on ne pleurera pas sur lui. Pour rappel Itshak Navon brillant candidat francophone bien connu pour exprimer de vraies idées de droite a commis la même erreur que Feiglin sans doute également par ambition et n'a pas réussi à passer le cap de ces fameuses primaires pour se faire élire députe Le Likoud est considéré a tort par ses détracteurs comme un vrai parti de droite que par opposition à la gauche israélienne suicidaire. Quant "a la flamme a raviver d'une extrême droite morte", je pense qu'elle se trouve dans le peuple qui lui est plus sain que ses politiciens qu'on peut malgré tout trop critiquer eu égard la difficulté au quotidien de subir les pressions étouffantes de ses faux amis malveillants notamment européens,les francais étant en tête du peloton de la trahison, de l'hypocrisie doublée de lâcheté et hélas un moment américain sous l'influence néfaste de l'administration Obama. »