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samedi 17 janvier 2015

11 JANVIER 2015, UNE DATE À RETENIR Par Gérard AKOUN




11 JANVIER 2015, UNE DATE À RETENIR

Par Gérard AKOUN, Judaïques FM


Plusieurs millions de personnes ont défilé, dimanche, dans les villes de France, elles étaient 1.500.000 à Paris. Des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, seuls ou en famille, ont marché ou piétiné pendant  des heures pour dire toute l’horreur qu’ils avaient ressentie, après le massacre perpétré dans le local de Charlie hebdo, les exécutions de policiers et l’assassinat de quatre des otages juifs de  l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes. Ils se sont levé en masse  pour dire non à la barbarie, au fanatisme, aux djihadistes d’El Quaïda et de Daesh, l’État islamique, qui ont tous deux commandité  ces attentats.



Liberté d’expression


Les marcheurs arboraient des pancartes sur lesquelles il était écrit  «je suis  Charlie» ou bien encore «je suis Charlie, je suis juif, je suis flic» en hommage à l’équipe de Charlie hebdo qui avait été décimée parce qu’elle défendait la  liberté d’expression, aux  policiers parce qu’ils assuraient la sécurité et aux  juifs  parce qu’ils étaient seulement juifs.
Nous étions heureux de voir ces gens manifester dans toute  la France, de voir que les Français qui souvent se montraient frileux, inquiets, repliés sur eux-mêmes, étaient encore  capables de se rassembler, de faire front  pour défendre la liberté d’expression contre l’obscurantisme.  Nous ne pouvions, toutefois, nous empêcher de penser : «y aurait-il eu beaucoup de manifestants, si par exemple un ou des djihadistes n’avaient mitraillé que des juifs ?» Le président de la république, le gouvernement auraient réagi avec diligence, et marqué leur compassion comme ils l’ont fait au moment de l’enlèvement et du meurtre d’Ilan Halimi et de la tuerie de Toulouse. Des paroles fortes auraient été prononcées, mais la population se serait elle montrée pleinement solidaire ?

Nouvel antisémitisme


Poser la question, c’est déjà y répondre. Ce n’est pas faute pourtant d’avoir alerté les plus hautes autorités de l’État  depuis une quinzaine d’années sur la montée d’un nouvel antisémitisme issu des banlieues qui s’exerçait à l’encontre des Juifs et sur des formes d’irrédentisme qui bafouaient les lois de la République.
Il aura fallu, malheureusement, le massacre qui a eu lieu dans les locaux de Charlie hebdo pour provoquer un véritable électrochoc dans la société française qui s’est traduit par ces grandes et  belles manifestations. En s’attaquant à ce qui symbolise la France, les Lumières, les libertés, la laïcité, la tolérance, l’esprit frondeur de son peuple, les assassins s’imaginaient qu’ils allaient terroriser la population, qu’elle se soumettrait ; ils se sont trompés. C’est le contraire qui s’est produit. La France a dépassé ses crispations politiques, elle s’est rassemblée. 44 chefs d’État ou de gouvernement se sont rendus à Paris dimanche pour marcher contre la terreur, aux  côtés de François Hollande. La lutte contre le terrorisme devrait, à la suite des discussions qui ont déjà eu lieu  et des prochaines réunions qui sont prévues, être mieux coordonnée.  

Manuel Valls a prononcé  à la tribune de l’Assemblée nationale un discours à la fois lyrique et lucide  qui a été applaudi à plusieurs reprises par l’ensemble des députés. Je vous recommande de l’écouter ou de le lire entièrement. Je n’ai retenu pour cette chronique que la partie concernant les Juifs.  Le premier ministre n’est pas un adepte de langue de bois, il a déclaré : «nous sommes en guerre, oui la France est en guerre contre le terrorisme, le djihad et l’islamisme extrémiste mais nous ne sommes pas en guerre contre une religion… La république c’est la laïcité, la tolérance l’égalité hommes femmes, elle est compatible avec toutes les religions qui accepte ses règles».

Une priorité


La lutte contre l’antisémitisme est une priorité que se fixe son gouvernement : suit, alors une longue déclaration parsemée d’autocritique  «l’histoire nous a appris que le réveil de l’antisémitisme est le symptôme d’une crise de la démocratie, d’une crise de la république». Il cite alors les assassinats, l’augmentation insupportable des actes antisémites, les  paroles, les insultes, les gestes, les attaques ignobles comme celle de  Créteil qui n’a pas soulevé d’indignation particulière, l’inquiétude immense des Juifs, leur peur qu’il a lui-même ressentie devant l’Hyper Cacher samedi ou à la grande Synagogue dimanche. C’est inacceptable dira-t-il à plusieurs reprises. «Comment accepter que l’on crie  mort aux Juifs dans les rues de Paris. Comment peut-on accepter que des Français soient assassinés parce que juifs, c’est inacceptable….

Il faut poser un vrai diagnostic, il y avait l’antisémitisme historique, il y a maintenant un nouvel antisémitisme né dans nos quartiers sur fond d’internet, de paraboles, de misères qui clame la détestation d’Israël, et prône la haine des Juifs, de tous les Juifs… C’est  inacceptable. Nous devons clamer à la face du monde «sans les juifs de France, la France ne serait plus la France».  C’est le message que les Juifs  rêvaient d’entendre, Manuel Valls le leur a adressé. Il a enfin nommé ce nouvel antisémitisme sans être politiquement correct. Quand les maux ont un nom on peut mieux les combattre !

2 commentaires:

邓大平 עמנואל דובשק Emmanuel Doubchak a dit…

Je ne comprends toujours pas pourquoi, dans la longue suite des attentats et actes antisémites qui ont émaillé l'Histoire de la France depuis la fin des années 70, relayée par des déclarations insultantes de certains hauts dignitaires dont des ministres et chefs de l'Etat, et dans un climat d'indifférence criminelle vis-à-vis de la communauté juive de France, ce n'est que depuis le début de la Seconde Intifada que les gens ont commencé à réagir au sein des institutions juives.

Le problème est tellement ancien, on a laissé si durablement la situation pourrir et laissé les "intellectuels" ne pas penser et ne pas mettre les mots sur les faits, que le mal est si profond, si pernicieux, qu'au-delà des mesures concrètes qui s'imposent, hélas, depuis si longtemps, que désormais il sera nécessaire de remettre en cause les modes de pensée et de compréhension du monde, les réflexes et caprices d'une société en perdition, pour un résultat qui semble bien maigre et peu convaincant.

Il n'y avait aucune normalité dès les années 70 finissantes, à voir nos écoles, séminaires, centres communautaires, gardés par des forces non entraînées parfois, de même qu'il n'y en a aujourd'hui aucune dans le ghetto militaire nécessaire, indispensable à la protection des personnes et des biens qu'on impose à notre vie publique et privée.

Comme le dit la chanson: "Trop tard, il est trop tard, mon amour, t'as tout gâché...."

Benjamin a dit…

la France s'est levée contre une partie d'elle meme.
les terroristes peuvent etre etrangers ou français, cela complique la tache de nos forces de Police et de renseignements.
doit on regretter la joie des Maliens quand ils voyaient l'armée française venir à leur secours? (ils sautaient de joie, ils n'avaient plus peurs d'etre assassinés). non, il n' y a rien à regretter.
maintenant c'est à nos Policiers de gerer la france comme nos soldats ont retablie l'ordre et gerer la stabilité au mali.
ce combat existe, les Français excédés par la barbarie marchent et deviennent de fait, combattants à partir de maintenant. la République est notre protection. félicités, applaudies par la foule, les forces de Police devenaient nos héros, ceux courageux, en premiere ligne. les policiers et les juifs prennent les coups en premier. un policier a une arme pour se defendre. un juif n'a que le policier, pour le defendre. notre communauté se tetrouve une nouvelle fois en premiere ligne.
les specialistes et experts en securité vont devoir etre imaginatifs et proposer des solutions efficaces, en profondeur, pour que chaque personne qui veut se faire plaisir, en achetant un poulet, puisse manger casher, en toute sécurité.