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lundi 17 novembre 2014

LE RETOUR DE LA GUERRE FROIDE Par Marianne ARNAUD



LE RETOUR DE LA GUERRE FROIDE

Par Marianne ARNAUD
copyright © Temps et Contretemps



À écouter les journalistes-radio, à regarder les images retransmises du dernier sommet du G20 à Brisbane où on a pu voir les chefs d'État occidentaux battre-froid à Vladimir Poutine, tout le monde se demande si la guerre froide n'est pas de retour. Bien sûr les signes avant-coureurs n'ont pas manqué. Ainsi José Manuel Barroso, auréolé de ce qu'il devait considérer comme la gloire que lui conférait encore son statut de Président de la Commission européenne, n'a-t-il pas évoqué devant le président ukrainien Porochenko le risque d' «un point de non-retour» ?


Projet raisonnable

Renaud Girard du Figaro, nous rappelle fort justement que «le dernier chef d'État occidental à avoir cherché à ramener la Russie dans la famille européenne, après sa période de glaciation soviétique, est François Mitterrand. C'était avec son idée de Confédération européenne, qui reçut au cours de l'année 1990 un accueil chaleureux, aussi bien de la part du chancelier Kohl que du président tchèque Havel». Mais cette Confédération européenne fera long feu car Washington s'ingénia à faire capoter ce «projet raisonnable».
Gorbatchev et Eltsine

Avec Gorbatchev et Eltsine, tout marche comme sur des roulettes pour les États-Unis. En 1990, Gorbatchev oublie de demander à George W. Bush la garantie de non-extension orientale de l'OTAN, qu'il était prêt à lui accorder en échange du retrait des troupes russes d'Allemagne de l'Est. En 1999, Eltsine accepte que l'OTAN fasse la guerre aux Serbes sans autorisation de l'ONU, pour leur faire abandonner leur province historique du Kosovo au profit des musulmans albanais. Mais en l'an 2000, tout change avec l'accession au pouvoir de Vladimir Poutine qui n'est, comme le souligne Renaud Girard, ni un rêveur comme Gorbatchev, ni un alcoolique comme Eltsine.
Du calme Barack, c'est juste un costume de mardi-gras

Vladimir Poutine n'est pas foncièrement anti-occidental, puisqu'il accepte même d'aider les Américains à combattre les talibans afghans après les attentats du 11 septembre 2001. Mais de là à laisser l'OTAN, cette organisation militaire siégeant en plein cœur de l'Europe et commandée par un général américain, à laquelle ont déjà adhéré des satellites européens de Moscou, s'installer sur les contreforts du Caucase, il y a un pas que le nouveau chef du Kremlin ne saurait franchir.

Guerre nucléaire

L'ambassadeur américain, Adlai Stevenson II,  montre les photos des missiles installés à Cuba au Conseil de Sécurité de l'ONU, en présence de l'ambassadeur russe. 25/10/1962 

Se souvient-on que les États-Unis étaient prêts à envisager une guerre nucléaire lorsque l'URSS avait pointé sur le territoire américain, des lance-missiles à Cuba, en octobre 1962 ? Il faudrait aussi se souvenir du rôle primordial de la diplomatie qui avait permis de résoudre cette crise. Or depuis son arrivée au pouvoir par ce que d'aucuns considèrent comme un «coup d'État», le nouveau président Porochenko n'a eu de cesse que de jeter de l'huile sur le feu. D'abord il refuse aux russophones d'Ukraine de continuer à parler leur langue, ce qui immédiatement déclenche une révolte qui permet à Poutine de s'emparer de la Crimée sans coup férir.
Et voilà que nous apprenons ce samedi, que le pouvoir ukrainien a ordonné la fermeture de tous les services publics dans les régions sous contrôle des séparatistes pro-russes dans l'Est de l'Ukraine. Comment ne pas comprendre que cette décision entérinera la partition de l'Ukraine par le pouvoir ukrainien lui-même, faisant dire à Poutine, lors d'une conférence de presse au cours du sommet du G20 à Brisbane : «Je pense que c'est une grosse erreur» ?
Porochenko

Les hostilités, on le voit, gagnent en intensité et font craindre un embrasement de la région qui pourrait être fatal à l'Ukraine et à son unité. Mais si les Occidentaux ne semblent pas près d'accepter de faire la guerre pour elle, alors que les Russes, quant à eux, seront d'autant plus enclins à intervenir que Poutine sentira la Russie exclue du débat sur l'avenir de l'Ukraine. 
Pourtant des solutions existent, mais pour cela il faudrait être capable d'asseoir à une même table de négociation, les Ukrainiens, les Européens - et en premier lieu la France et l'Allemagne – ainsi que Vladimir Poutine, qu'on ne peut raisonnablement tenir à l'écart de négociations qui le concernent, faute de quoi on poussera inexorablement la Russie à se détourner de l'Europe et à se focaliser sur l'Asie et la Chine.

Les Américains doivent admettre que, historiquement et culturellement, la Russie est un grand pays européen qui doit être un pont entre l'Europe et l'Asie. Aujourd'hui où on annonce la décapitation du cinquième Occidental et troisième Américain par les hommes de l'État islamique, il est temps que les Occidentaux comprennent que leur véritable ennemi n'est pas la Russie de Poutine mais bien l'islamisme international qui prétend imposer la charia au monde entier, y compris par la terreur.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

François Hollande, le mal élevé, c'est avant la poignée de main. Il avait déjà fait le coup à la reine d'Angleterre et au Pape

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_LchePOH_kw

Yvette STRAUSS a dit…


Hier, à Brisbane, des slogans tels que " Terrorussian " étaient brandis dans l'unanimité et à l'approbation satisfaite des Occidentaux alignés sur les prises de position de Washington.
Hollande, brillant stratège et géopoliticien de premier ordre gonfle les muscles avec sa temporisation de livraison des navires Mistral obéissant à la ligne de ses maîtres Européens.

A l'évidence Poutine ripostera par une guerre économique qu'il a semble-t-il déjà commencé en négociant avec la Chine et en tentant de mettre en place un système monétaire pour court-circuiter le dollar pour des échanges commerciaux avec des pays qui y trouveraient un avantage.

Il se pourrait bien que l'Europe en fasse les frais et par voie de conséquence, la France, qui est déjà dans une situation économique désastreuse.

On est bien dans une situation de " guerre froide ", souhaitons que " froide ", elle le reste.

Yvette STRAUSS

Jacques BENILLOUCHE a dit…

Dans cette affaire Israël est content car il a remplacé l'Europe pour la fourniture de produits alimentaires à la Russie. Le malheur des uns.....

Nival Bernard Rivka a dit…

La guerre froide et la menace des chars soviétiques sur les Champs Elysée !!!!! .Quelle farce !.... alors que Staline et ses successeurs avaient déjà bien du mal à gérer leur pays et à maintenir les républiques "populaires " sous leur coupe