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vendredi 7 novembre 2014

BARACK OBAMA : LA SANCTION


BARACK OBAMA : LA SANCTION

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            
          Obama n’avait promis que ce qu’il a réalisé. Il avait été élu pour arrêter les guerres en cours et il devait s’abstenir d’en commencer une autre. Il avait entendu le message du peuple américain qui était las d’être le gendarme du monde. Il avait capté ce message. Il estimait qu’il devait réaliser des réformes intérieures et a il a réussi la plus importante,  Medicare. En créant un système d'assurance-santé géré par le gouvernement des États-Unis au bénéfice des personnes de plus de 65 ans, il a donné l’occasion à 77 millions d’Américains de recevoir des aides soit de la sécurité sociale soit du Fonds de financement des retraites des cheminots. Malgré un taux de chômage qui est passé de 10 à 5,9%, il n'a pas réussi à convaincre les Américains.



Majorité républicaine

            Mais la sanction est tombée cette nuit à la suite des élections de mi-mandat (Midterm elections), concernant les chambres du Congrès, qui se tiennent au milieu du mandat du président des États-Unis. L'ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants a été renouvelé, ainsi qu’un tiers des 100 sièges du Sénat américain. Les Républicains, adversaires de Barack Obama, contrôlent désormais entièrement le Congrès et sont en position à présent de dicter l'agenda parlementaire. Il est difficile de ne pas voir dans ce résultat la défaite personnelle d’Obama. La sanction est tombée sans appel.

            En fait le président américain paie son attitude dans la gestion des affaires étrangères caractérisée par une imprévoyance et une hésitation qui l’ont plombé. On ne reconnaissait plus le rôle des États-Unis dans le monde. Tout est parti de sa volonté, il y a trois ans, d’éviter d’entrer de plein pied dans le conflit syrien et d’abandonner le terrain aux djihadistes. De grands espaces au Moyen-Orient sont ainsi tombés sous le couteau d’islamistes sanguinaires. Il a fallu attendre le 23 septembre 2014 pour que des frappes aériennes soient lancées contre l’État islamique et les troupes d’Al-Qaeda, en particulier le groupe Khorasan qui était sur le point d’attaquer l’Occident. Mais il était déjà trop tard.


            Obama envisageait son rôle principal dans les affaires intérieures de son pays mais il s’est trouvé contraint, malgré lui, d’utiliser la force militaire dans six pays, en Syrie, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, en Libye et en Somalie. Il n’avait pas compris au départ qu’une intervention syrienne venait en complément des troubles en Irak. Nombreux ont donc ceux qui jugeaient le président Obama incompétent dans les affaires internationales. Son incompétence a été mise en évidence lorsqu’il a tenté de négocier avec les djihadistes. Et malgré le danger qui couvait au Proche-Orient, il a exprimé ouvertement des réticences sur la manière dont Netanyahou conduisait sa politique en Israël.

Déclin américain

On le tient pour responsable du déclin de l’Amérique surtout parce qu’il s’est laisser engluer dans une crise financière qu’il n’a pas su endiguer. Il a permis à la Chine d’influencer le cours de ses affaires et il a rendu les États-Unis entièrement dépendants d’elle. Il s’est laissé submerger par les forces du désordre et s’est trouvé incapable de stabiliser un monde jusqu’alors sous contrôle américain. Les Américains ne lui ont pas pardonné l’humiliation subie en Irak et en Syrie face à des djihadistes qui ont accumulé des richesses sur le dos des banques qu’ils pillaient, qui ont conquis un espace de plus en plus étendu pour asseoir leur puissance, et qui ont réussi à recruter des combattants de tous les pays du monde pour constituer une armée à présent difficile à vaincre.
L’inaction d’Obama a d’abord étonné puis a déçu. Il a déçu d’avoir laissé les mains libres à Bachar Al-Assad pour assassiner son peuple, pour le gazer et pour tuer plus de 200.000 syriens. Il a déçu d’avoir été impuissant face aux centaines de  milliers de Syriens qui fuyaient leur pays pour se réfugier en Turquie ou en Jordanie. Il a déçu de s’être abaissé à faire appel à d’autres puissances pour protéger le monde alors que cette tâche a toujours incombé aux Américains. Il a déçu d'avoir laisser la Russie humilier l’Ukraine sans qu’il ait levé le petit doigt. Ce recul face à des rivaux internationaux n’avait pas été apprécié par ses adversaires. Il a permis à la Turquie, pourtant membre de l’Otan, de se défiler alors que c’est lui qui l’arme et la finance.
Alors les Américains se sont mis à regretter l’époque de George W. Bush qui, en six semaines en 2003, a défait les 375.000 soldats de Saddam Hussein avec des pertes ridicules en rapport, s’élevant à 138 soldats morts. Depuis, la domination de l’Amérique s’est estompée et il y peu de chance qu’elle retrouve les ors du pouvoir d’antan. Sans une puissance militaire, les États-Unis ne pourront jamais recouvrer leur puissance économique qui s’étiole au profit de la Chine et des puissances émergentes d’Asie.

Paix froide avec Israël
  
Ici vit la famille heureuse Israël-US
           Mais l’échec le plus patent concerne ses relations détériorées avec Israël. En voulant ménager la chèvre et le chou, il a raté sa politique dans la région. Bien sûr les torts sont partagés et l’on convient que Netanyahou a profité de surfer sur la faiblesse d’Obama liée à une politique internationale hésitante. D’ailleurs, les Américains lèvent les bras.
Jen Psaki

Selon la déclaration de la porte-parole Jen Psaki, le département d'État américain a annoncé qu'il n’avait  pas l'intention d'aider au redémarrage des pourparlers de paix entre  Israël et les Palestiniens et qu’il ne ferait plus aucun effort.  Elle s’est montrée désabusée par la reprise des constructions à Jérusalem-Est  qui sont «contraires» à l'objectif d'un accord de paix. Obama n’a jamais réussi à proposer un plan capable d’être approuvé par les deux parties tandis que la droite nationale israélienne lui reproche sa trop grande proximité avec les Palestiniens. Ce commentaire de Jen Psaki confirme qu’Obama s’oriente, pour la fin de son mandat, vers un désengagement politique avec Israël, et cela explique les noms d’oiseaux qui sont échangés avec Netanyahou.
Les Américains, en majorité pro-israéliens, ont été déçus de l’état des relations avec Israël et ont sanctionné le président en confiant le Congrès aux Républicains, historiquement toujours plus proches du gouvernement israélien. Alors qu'Israël a revendiqué le contrôle de Jérusalem-Est, les États-Unis n'ont pas reconnu ce contrôle donnant ainsi des arguments aux  Palestiniens pour être plus intransigeants à constituer leur capitale dans Jérusalem. 

Le Congrès va donc verrouiller les décisions du président et bloquer toute initiative qu’il estimera contraire aux intérêts d’Israël. Benjamin Netanyahou n’a plus qu’à attendre l’avènement d’un président républicain pour renouer les relations amicales avec les États-Unis, indispensables à la sécurité et à l’avenir du pays. Il ne devra en aucun se réjouir de la sanction infligée à Obama par ses électeurs et devra adopter un profil bas pour ne pas envenimer, plus encore, les relations pendant les deux années à venir.


4 commentaires:

Gérard Des BASTIDESE a dit…

A star Is dead.....triste fin de mandat pour le premier président noir.

Francine BENITAH a dit…

Les Américains se moquent de la politique étrangère. La plupart ne savent même pas situer Israël sur une carte. C'est une sanction en interne, une sanction de l'affaiblissement économique et financier du pays.
À l’instant · J’aime

קרבי kravi a dit…

Hélas, ce n'est pas si simple. Obama peut encore gouverner par décrets sans l'aval des deux chambres du Congrès.
En particulier, rien ne dit qu'il sera disposé à opposer un véto aux prétentions des Arabes de Palestine.

Pierre Smadja a dit…

C'est l'ideologie qu'il faut accuser, comme en France.