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mardi 14 octobre 2014

NAUFRAGES Une recension du roman de Philippe ZAOUATI



NAUFRAGES

Roman de Philippe ZAOUATI

Une recension de Jacques BENILLOUCHE

Éditions des Rosiers


Il faut préciser, avant tout, que nous avons à faire à de la bonne littérature, celle des phrases bien faites, de la précision du verbe et de la danse des mots, celle des textes semblables à ceux des grands auteurs qu’on nous apprend au lycée. Il est important de relever cet aspect du roman car l’auteur est un «amateur», sans que cet adjectif ait une connotation péjorative, parce qu’il occupe une fonction dans le monde de la finance en tant que directeur général d’un groupe d’investissements. La finance mène à tout, à l'écriture certainement.




Monument en l’honneur de la nation bulgare et du sauvetage des juifs bulgares à Jaffa

Philippe Zaouati, dans son deuxième roman, a décidé de faire œuvre d’historien sur un sujet peu traité, du moins en français, celui de la communauté bulgare, du temps de la guerre puis de l’époque pionnière et des déchirements des destins. Il sait de quoi il parle puisqu’il nous conte en fait l’histoire de la famille de sa femme. Il a choisi le récit d'une héroïne, une avocate française gauchiste, qui parle à la première personne, pour raconter sa ballade à la recherche de ses racines, en prenant des chemins de traverse au gré de son humeur sentimentale. 
Le Havre d’abord avec l’histoire d’une cellule communiste à l’idéologie pure et dure, puis le kibboutz Sasa avec la mémoire vivante de Ava au «corps sec et au regard clair légèrement durci par des ridules prématurées sur le contour des yeux» qui laisse transpirer un certain désarroi face à «cette terre d’Israël qui lui avait décidément top donné et trop enlevé toujours beaucoup trop vite».
Synagogue de Sofia

Et ensuite c'est la Bulgarie de toutes les époques. L'auteur nous introduit alors avec ses Juifs, très nombreux à être assimilés, considérés comme «des catalyseurs qui fertilisaient la pensée du monde». Le mouvement sioniste au début des années 1941 à Sofia était clandestin, animé par une «bande de jeunes garçons idéalistes et impétueux, sans réelle formation politique», échafaudant les projets les plus fous, au moment où la Bulgarie s’était ralliée à la Triple Alliance, l’alliée des nazis. 
Nous apprenons ainsi les premiers échecs de ceux qui «découvrirent les marécages et les insectes, la dureté du travail de la terre, la sécheresse et la chaleur» mais qui sont «revenus à Sofia tristes et honteux». 
Destruction de Sofia en 1944

Puis, au fil du récit on apprend la réalité de la vie des Juifs de Bulgarie pendant la guerre avec les nazis. Malgré le vote de lois antijuives, ils n'ont pas subi de pogroms ni de déportations grâce à une mobilisation de toute la population, Eglise comprise, qui a manifesté auprès du roi pour défendre  la communauté. Les Juifs ont été épargnés après avoir été expulsés de Sofia vers des villes de province jusqu'à la libération du pays par les Russes.
Struma

          Après la libération, c'est l'autre histoire qui s'ouvre à nous, celle des immigrants vers la Palestine de l'époque, avec ses difficultés et ses déceptions, puis celle du lendemain de l'indépendance avec sa guerre et ses morts. Et le bouquet final sera l'épopée du cargo Struma, plein de 791 immigrants juifs roumains, qui a cherché à prendre la mer en décembre 1941 en direction de la Palestine mais qui a été torpillé par un sous-marin soviétique dans la mer Noire en février 1942. Un seul survivant parmi les personnes se trouvant à bord.
Un livre agréable à lire qui nous transporte à travers l'histoire méconnue des Juifs bulgares et d'Israël et qui comporte une source d'informations inédites.

Contacts : martinek@editionsdesrosiers.fr

                 www.editionsdesrosiers.fr









2 commentaires:

Fabienne ABBOU a dit…

Merci pour cette recension, qui donne envie de lire ce livre.

claude a dit…

J ai écrit également 4 romans, mais hélas je n'ai aucune relation qui me permettrait de les éditer ! Dommage ! Mais la vie est ainsi faite... Pas d'argent...Pas de possibilité dans ce domaine.
Je me contenterai en conséquence d'en faire "bénéficier" les amis qui les ont trouvés tout à fait à leur goût, et cela m'encourage à continuer d'écrire...