ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mercredi 29 octobre 2014

L'ARMÉE FRANÇAISE EN MODE SURVIE par Marianne ARNAUD



L'ARMÉE FRANÇAISE EN MODE SURVIE

La chronique de Marianne ARNAUD




          Ce n'est plus un secret pour personne, plus le danger guette notre pays, moins le gouvernement accepte les dépenses de nos armées. Déjà certains parlent du «démantèlement» de notre appareil militaire. En 2019, la France ne consacrera plus que 1% de son PIB pour sa défense. C'est deux fois moins que ce que préconise l'OTAN pour ses membres. Notre défense ne sera plus crédible.



Livre blanc 2013

Dans sa préface au Livre blanc 2013, le président Hollande ne constate-t-il pas que les menaces se sont «amplifiées» depuis la parution du Livre blanc de 2008 ? Pourquoi alors, aux réductions d'effectifs de 2008 – 54 000 personnes – ajouter 24 000 postes supplémentaires pour la période 2014-2019 ? Est-ce parce qu'avec les armées on ne risque ni manifestations de rue, ni grèves, qu'on s'acharne sur elles ? Mais est-ce bien le moment, alors que de multiples dangers se profilent, de mettre nos armées en «mode de survie» ?

C'est la question que se posent de nombreux officiers qui ne peuvent que constater qu'en 2008, alors que 30.000 hommes étaient opérationnels dans l'armée française, ils ne sont plus que 15.000 aujourd'hui. Nos forces «projetables» qui étaient de l'ordre de 120 à 130.000 hommes en l'an 2000, ne sont plus que 66.000 aujourd'hui. Pourtant les menaces sont bien réelles et nous en avons été avertis. Dans les quelque cent zones de non-droit que compte notre pays, les djihadistes revenus de Syrie n'attendent qu'un signal pour agir contre une population sans défense comme on l'a vu faire par Merah ou Nemmouche.
L'Algérie vient d'acquérir 400 chars lourds et le Maroc a décidé en 2014, une augmentation de 20% de son budget militaire sur quatre ans. Ce ne sont que des exemples du réarmement qui s'organise actuellement à peu près partout, sauf en Europe, qui de ce point de vue est d'une négligence coupable. C'est pourquoi certains officiers n'hésitent pas à considérer l'annulation des 24.000 postes qui doit prendre effet en 2015, comme «une sorte de coup de grâce» pour nos armées.

Manque de moyens


Armée française à Uzbin

Si nous ne pouvons que louer la qualité et le sens de l'engagement de nos militaires partout où ils sont déployés, comment ne pas avoir en mémoire le drame de Uzbine en Afghanistan où, en 2008, dix soldats français ont été tués dans une embuscade que leur avait tendue les talibans ? Le rapport de l'OTAN avait alors pointé le manque de moyens de la section qui ne possédait qu'une seule radio et n'avait pas de munitions !
Pierre de Villiers

Le chef de l'État-major, Pierre de Villiers, auditionné par la Commission de la défense nationale et des forces des armées de l'Assemblée Nationale, le 7 octobre dernier, reconnaît lui-même à l'occasion des réponses aux questions pressantes des députés : «Je conviens volontiers des difficultés rencontrées. Il arrive que seulement 50% des hélicoptères soient opérationnels... L'usure des équipements – notamment les Puma, les Alouette III, certaines Gazelle – se fait sentir.» 
À une question concernant les VAB – véhicules à l'avant blindé – le général Pierre de Villiers remarque : «Les matériels sont revenus d'Afghanistan en mauvais état, notamment les VAB, qui sont un matériel critique pour l'infanterie et les postes de commandement. Ils font l'objet d'une remise à niveau d'une trentaine de millions d'euros sur 2014-2015. Leur remplacement par des VBMR – véhicules blindés multi-rôles – est prévu dans le cadre du programme Scorpion qui doit être engagé avant la fin de l'année.»
VAB

En attendant que ce remplacement soit effectivement engagé, il n'est pas inutile de lire les témoignages sidérants que de nombreux soldats font remonter sur internet, tel celui-ci : «On circule dans des véhicules sans blindage dans des zones pourtant sensibles. Alors on fait avec les moyens du bord : on prend des gilets pare-balles et on les déplie sur les portières en guise de protection. À l'arrière, là, on met des sacs de sable pour arrêter les balles.»

Adefdromil



Pas étonnant dans ces conditions que l'Adefdromil (Association de défense des droits des militaires), une des rares associations de militaires créée en 2001 par des gradés à la retraite, estime que l'armée française est une armée «bout de ficelle». Son président, le colonel Jacques Bessy, rappelle que déjà en 2005, les députés avaient produit un rapport très documenté et alarmant sur le maintien du matériel en condition opérationnelle. «Presque dix ans plus tard, dénonce-t-il, il y a eu trois lois de programmation militaire mais aucun enseignement n'a été tiré de ce rapport, la situation s'est même dégradée.» et le colonel Bessy d'ajouter : «Les fantassins ne réclament pas grand-chose finalement. Juste du matériel qui tient la route, des équipements – des radios par exemple – qui fonctionnent. C'est clair que la plus grosse inquiétude porte sur le matériel roulant. Les véhicules de l'avant blindé sont fatigués, en fin de vie. Souvent, quand les pièces s'usent, il faut désosser deux véhicules pour en faire un seul. C'est ce qu'on appelle la cannibalisation du matériel. Tout cela alourdit les opérations et cela mine le moral. C'est grave car le moral c'est capital dans une armée en opération. Sans le moral, il y a une baisse de vigilance, et cela augmente le risque de se laisser surprendre.»
N'est-ce pas le minimum de ce que la Nation doit à ses soldats, ne serait-ce que pour garantir au mieux leur sécurité ? Pourtant depuis une vingtaine d'années, les armées françaises sont de plus en plus mobilisées, sur des opérations longues, avec des budgets de maintenance sans cesse rognés.

3 commentaires:

Arie AVIDOR a dit…

Je rappelle ici la devise de toutes les armées au monde: "démerdez-vous, j'veux pas le savoir!"

Marianne ARNAUD a dit…

@ Arie AVIDOR

Voulez-vous dire qu'on pourrait en dire à peu près autant de Tsahal ?
Je ne peux pas y croire !

Cordialement.

Arie AVIDOR a dit…

Bien évidemment! C'est ce qu'on a toujours appelé : "la méthode suivante"