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vendredi 3 octobre 2014

DIALOGUE DE SOURDS À L’ONU Par Gérard AKOUN



DIALOGUE DE SOURDS À L’ONU

Par Gérard AKOUN

Judaïques FM



Ces derniers jours, Mahmoud Abbas puis Benyamin Netanyahou se sont exprimés à la tribune de l’assemblée générale des Nations unies. Le premier, vivement applaudi vendredi dernier, devant une salle comble, a prononcé un discours extrêmement dur, dénonçant pêle-mêle la violente offensive menée par les Israéliens à Gaza, les accusant de génocide, de crimes de guerre et qualifiant l’occupation de terrorisme d’État et d’apartheid. Il a annoncé  qu’il déposerait, devant le conseil de sécurité, un projet de résolution qui fixe un calendrier sur deux ans pour l’établissement d’un État palestinien dans les frontières de 1967, aux côtés de l’État d’Israël avec Jérusalem Est pour capitale.



Veto au Conseil


Cette résolution qui a obtenu le soutien des pays arabes sera sans nul doute rejetée parce que les Américains y opposeront leur veto. Ils ont en effet déclaré : «il y avait dans le discours du président Abbas, aujourd’hui, des descriptions offensantes qui sont profondément décevantes et que nous rejetons». Benyamin Netanyahou, ce lundi,  lui a répondu, en réfutant toutes les accusations et en insistant dans son discours prononcé, il faut le noter devant une salle à moitié vide, sur les similitudes entre le Hamas et l’État islamique : «ce sont tous deux des branches du même arbre empoisonné. Si l’on considère leurs objectifs ultimes, le Hamas est l’État islamique et l’État islamique est le Hamas».
C’est une analyse qui  n’est crédible ni pour les Américains ni pour les Européens, il y a un problème d’échelle. Il a, aussi, dénoncé ce qui représente à ses yeux la menace la plus grave pour l’État d’Israël et pour le monde, la possession de l’arme nucléaire par l’Iran. Pour lui, la république islamique d’Iran poursuit, au nom du chiisme, les mêmes buts que l’État islamique au nom du sunnisme. Il faudrait donc que l’Occident et en particulier les Américains comprennent «que vaincre Daesh et laisser l’Iran devenir une puissance nucléaire, c’est comme gagner une bataille mais  perdre la guerre».

Violence des propos
 
Conseil de Sécurité
Mahmoud Abbas savait pertinemment que la résolution déposée devant le Conseil de sécurité  serait rejetée ; son discours s’adressait, donc principalement aux Palestiniens, et en particulier à ceux de Gaza., Il lui fallait  montrer, par la violence de ses propos, qu’il  était un ardent défenseur des intérêts des Palestiniens, qu’il  pouvait se montrer au moins aussi intraitable que le Hamas mais que contrairement à celui-ci, il avait choisi la voie de la négociation pour arriver à la création d’un État palestinien.
Mais, il laisse entendre que si cela ne pouvait aboutir, il pourrait changer de stratégie. Les Palestiniens craignent que l’instabilité dans la région, les nouvelles alliances «contre nature» qui s’y nouent, ne  fassent  passer à la trappe leurs revendications nationales. On a longtemps entendu, cru que le conflit israélo-palestinien était le nœud gordien qu’il fallait trancher pour que la paix règne dans la région. On s’aperçoit que tel n’est pas le cas et qu’il devient secondaire face au tsunami auquel doivent faire face le Moyen-Orient et le Proche-Orient.

Benyamin Netanyahou souhaite tirer avantage des intérêts communs qui lient les pays sunnites de la région à Israël contre l’Iran et Daesh. Il a lancé un appel aux Etats leaders  dans le monde arabe pour faciliter la paix entre Israël et les palestiniens. Il a déclaré : «beaucoup de gens ont longtemps pensé que la paix entre les Israéliens et les Palestiniens pouvait aider à faciliter un rapprochement plus large entre Israël et le monde arabe. Aujourd’hui je pense que cela peut fonctionner dans l’autre sens à savoir qu’un rapprochement plus large entre Israël et le  monde arabe peut aider à faciliter une paix israélo-palestinienne». Cela présenterait  deux avantages pour Israël, écarter les Américains et ne plus se trouver en tête-à-tête avec les Palestiniens. Élargir le nombre de participants à la table des négociations permettrait d’envisager d’autres solutions, une confédération peut-être, que celle d’un État palestinien.
Pourquoi pas ? Mais il ne faudrait pas que Benyamin Netanyahou oublie qu’il se trouve au Moyen-Orient et que dans la région les alliances se nouent et se dénouent aussi rapidement.


Chana tova et bon Kippour

1 commentaire:

Sylvie WEISSBERG a dit…

Situation inextricable ! Mais accuser Israël de génocide c'est un peu fort !

Mahmoud est si bien soutenu par le Quatar , la Turquie et l'Iran qu'il se met à aboyer des fadaises !