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lundi 1 septembre 2014

UNE GUERRE S'ACHÈVE, UNE AUTRE COMMENCE Par Marianne ARNAUD



UNE GUERRE S'ACHÈVE, UNE AUTRE COMMENCE

Par Marianne ARNAUD
copyright © Temps et Contretemps



«2.593 personnes ont été tuées depuis la mi-avril dans l'est de l'Ukraine, selon l'ONU» claironne aujourd'hui Le Figaro, alors que jusqu'à maintenant, il fallait traquer le moindre renseignement sur ces «événements» d'Ukraine dans les pages intérieures des journaux où d'ailleurs, ils ne figuraient pas toujours. 2 593 personnes ont trouvé la mort en Europe et nous n'y avons vu que du bleu ! Qui sont ces morts ? Nous n'en savons rien.



Guerre civile

La seule chose qui nous saute aux yeux, c'est qu'au moment même où les commémorations de la Grande Guerre atteignaient leur apogée, où on nous faisait pleurer sur ces millions de morts d'il y a cent ans d'une «guerre civile entre peuples européens» qui a été le début de l'inexorable déclin de l'Europe, en Ukraine – à deux heures d'avion de Paris – des gens appartenant à la même nation, ayant la même culture, la même langue et la même religion, s'entre-tuaient à bas bruit dans les médias, avec la bénédiction des USA et de l'UE.

Ainsi l'U.E dont on nous avait dit qu'elle nous protégerait de toute nouvelle guerre européenne, après n'avoir pu empêcher les guerres de Yougoslavie qui avaient fait 200 à 300 mille morts entre 1991 et 2001, laissait à nouveau s'installer, voire provoquait, une nouvelle guerre européenne en Ukraine. L'U.E qui avait inconsidérément proposé à l'Ukraine un accord d'association, sans y associer la Russie, ne s'est-elle pas douté que le président russe, Poutine, s'en trouverait humilié ? Quoiqu'il en soit, voilà qu'un bras de fer se trouve engagé entre pro-russes et pro-européens à Kiev.

Le président ukrainien, Ianoukovitch, qui dans un premier temps accepte de signer l'accord européen, se ravise devant les pressions russes. Le 18 février, des affrontements entre manifestants pro-européens et les forces de l'ordre ukrainiennes font 80 morts qui n'empêchent aucun Européen de l'ouest de dormir. Le 19 février, à l'Élysée, lors de la conférence de presse du sommet franco-allemand, François Hollande brandit la menace de sanctions à l'égard de la Russie tandis qu’Angela Merkel exige la reprise du dialogue entre le président pro-russe et son opposition.
Steinmeier

Les ministres des Affaires étrangères français, allemand et polonais – Fabius, Steinmeier et Sikorski – se déplacent à Kiev en vue d'arrêter le bain de sang. Le 21 février, Fabius qui a préféré abandonner la partie pour prendre l'avion pour Pékin, laisse le soin à Steinmeier et Sikorski d'obtenir la signature d'un compromis entre Ianoukovitch et les principaux leaders de son opposition. Malheureusement l'Allemand et le Polonais quittent Kiev à leur tour et à 20h15, sur la place Maïdan, la foule hue l'accord et exige le départ de Ianoukovitch du pouvoir. Le bel accord des Européens, censé garantir l'unité de l'Ukraine, n'a duré que six heures. Ianoukovitch fuit son palais dans la nuit.

Nouvelle gouvernance

Le 22 février, le Parlement de Kiev, la Rada, destitue le président Ianoukovitch, légalement élu. L'UE laisse faire. Le 23 février, la Rada abolit le statut officiel de la langue russe dans l'est de l'Ukraine. L'UE laisse faire. Le 16 mars, la presqu'île de Crimée, russe depuis 1783, à majorité russophone - rattachée à l'Ukraine par un simple décret de Kroutchev en 1954 - où la Russie possède un contrat de location pour la base de Sébastopol, demande par référendum à être rattachée à la Fédération de Russie. Cette fois, il semble bien que ce soit la guerre, mais une guerre sans nom et sans pratiquement d'images.

La communauté internationale accusera Poutine de déstabiliser la région. Pour preuve ce crash d'un Boeing de la Malaysian Airlines réputé abattu par un missile avec 298 personnes à bord dont 193 Néerlandais. Mais l'enquête est au point mort et plus personne, même pas le gouvernement néerlandais, n'en parle encore. Et voilà qu'aujourd'hui, après avoir annoncé que les forces ukrainiennes avaient réduit les bastions séparatistes de Donetsk et Louhansk, on nous dit que la situation a complètement changé, les Ukrainiens confirmant la perte de plusieurs villes comme Novoazovsk sur la côte de la mer d'Azov. Des positions, nous dit-on, ont même été abandonnées précipitamment, avec armes et matériel.
Et si les sanctions ne marchaient pas ?

C'est la panique à Kiev : le gouvernement déclare attendre «une aide pratique» et des «décisions cruciales» de l'OTAN. À ce stade les Occidentaux, Obama et Merkel en tête, n'ont que leurs menaces de sanctions à opposer à un Poutine qui n'a pas peur de faire «monter les enchères en plaçant l'Europe devant un dilemme : soutenir le fardeau de l'Ukraine ou sacrifier le pays afin de préserver la sécurité des Vingt-Huit, qui est déjà ébranlée. Et à ce jour le président russe compte bien gagner», ainsi que l'explique l'analyste Maria Lipman citée par le Figaro.
Maria Lipman


Mais déjà Barack Obama et Angela Merkel semblent lui donner raison puisqu'ils ont affirmé : «Oui à une pression accrue, non à une intervention militaire.»

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