ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mardi 8 juillet 2014

PEUT-ON ÉCHAPPER À DES ÉLECTIONS EN ISRAËL ?




PEUT-ON ÉCHAPPER À DES ÉLECTIONS EN ISRAËL ?

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

          
Knesset

          Les douze blocs ou partis politiques, présents à la Knesset à travers 120 députés, illustrent l’éclatement de l’échiquier politique. Une liste devait jusqu’alors obtenir 2% des suffrages exprimés pour prétendre à des sièges de députés. La barrière a été relevée en mars 2014 à 3,25% pour qu’une liste soit éligible. Le minimum pour entrer à la Knesset est passé de 76.000 à 124.000 voix. Les micros-partis de moins de quatre députés sont donc condamnés à disparaître ou à s’allier, ce qui va limiter l'influence des petites formations charnières qui feront moins la pluie et le beau temps.



Sentiment d’impuissance

Obsèques des trois jeunes juifs

            Bien que les élections législatives aient lieu théoriquement tous les quatre ans, la situation compliquée de la politique israélienne fait que rarement la Knesset arrive au bout de sa législature, face aux rivalités internes et aux intérêts personnels divergents. Les assassinats des trois jeunes juifs à Hébron et du jeune palestinien ainsi que les troubles qui en découlent à Gaza et à Jérusalem poussent inexorablement la classe politique à envisager sérieusement de laisser le peuple arbitrer les différents conflits politiques. La colère contre le gouvernement s’exprime de toutes parts et elle risque de faire exploser la coalition hétéroclite fragile. Le gouvernement de Benjamin Netanyahou pourrait alors faire les frais de la violence des deux côtés de la frontière.
Obsèques du jeune palestinien

Un sentiment d’impuissance se répand auprès de la population israélienne dont une partie réclame vengeance tandis que la radicalisation à droite s’étend. La retenue dont fait preuve Benjamin Netanyahou est de plus en plus contestée. La droite nationaliste ne comprend plus la stratégie de prudence appliquée par le premier ministre, le ministre de la défense Moshe Yaalon et le chef d’État-Major qui refusent d’entraîner une déflagration régionale après un événement douloureux local. Ils sont appuyés par le ministre de la sécurité Aharonovich, le ministre des finances Lapid et la ministre de la justice Tsipi Livni. On ne parle que de troisième Intifada dans l'opinion publique alors que les prémices ne sont pas encore apparues parce que l’Autorité palestinienne s’oppose à ce soulèvement civil par intérêt politique et financier.

Réunions stériles


            Les réunions stériles du Cabinet de sécurité, qui n’a pas pu imposer ses décisions, démontrent que Benjamin Netanyahou a perdu sa crédibilité et qu’il ne contrôle plus son gouvernement. Pire, il se fait narguer par le ministre du logement, Uri Ariel, qui ne fait pas partie du cabinet restreint dont il n’était pas l’invité mais qui a imposé sa présence. Il voulait s’affirmer comme le représentant des implantations, le Conseil de Yesha, en exigeant la reprise des constructions dans la vallée du Jourdain. Les réunions du cabinet de sécurité ont été houleuses avec des échanges vifs, euphémisme, entre Moshé Yaalon et Naftali Bennett qui a prôné une frappe militaire de grande envergure contre la bande de Gaza.
Netanyahou et Lieberman

            Les participants au Cabinet ont surtout été étonnés par la position ambiguë du ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman, qui n’a pas appuyé la manière forte. Il est vrai qu’il se construit un portrait de modéré car il vise la place de calife à la place du calife. Il y a quelques temps, il proposait qu’Israël signe un traité de paix global avec tous les pays arabes et les Palestiniens. Mais en sous-main, et pour satisfaire le clan de la droite, il pousse à la reconquête de la bande de Gaza.

En fait il cherche à neutraliser son concurrent direct, Naftali Bennett, pour le leadership de la droite nationale. Il a d’ailleurs choisi le moment critique où le premier ministre affichait sa faiblesse, pour rompre l’accord électoral de liste unique entre le Likoud et Israël Beiteinou : «Cela n'a pas fonctionné et ça ne marche pas mais je ne vais pas démanteler la coalition. Nous restons de fidèles partenaires de la coalition, et nous sommes les derniers à vouloir son effondrement». 
Depuis l'enlèvement de Eyal Yifrach, Naftali Frenkel et Gil-Ad Shaer, le ministre des Affaires étrangères a intensifié ses critiques à l’égard de Netanyahu et de son leadership.  Cette scission électorale risque de recomposer à terme le visage de la Knesset. Rappelons que le Likoud y dispose de 20 sièges, Yesh Atid 19 sièges, les travaillistes 15, HaBayit Hayehudi 12, Israël Beiteinou 11 et Shass 11.

Levée de boucliers

Yaïr Shamir

            La levée de boucliers des ministres se généralise. Yaïr Shamir, ministre de l’agriculture, critique lui-aussi l’inaction du premier ministre dans l’affaire de Gaza et fustige les «heures et les heures de réunions du cabinet sans prise de décision alors que les roquettes continuent de tomber depuis Gaza». Il a affirmé avec vigueur son opposition à tout accord avec le Hamas : «Il ne peut y avoir un accord avec le Hamas, nous ne pouvons pas accepter une situation où le Hamas contrôle le rythme de événements».
            Devant tant d’opposition à l’intérieur du gouvernement, on s’achemine vers de nouvelles élections en Israël. La recomposition politique est déjà en marche tandis que le relèvement du seuil d’éligibilité entraîne une porosité dans les frontières entre partis. Tous les hommes politiques se préparent donc à cette éventualité d’alliances indispensables.

Le parti travailliste est encore convalescent et son nouveau leader Yitzhak Herzog, par ailleurs chef de l’opposition, a entamé sa refondation. Il est inaudible. Il vient à peine d’arriver aux affaires mais il a déjà de nombreux sujets de contentieux avec le gouvernement sur la politique sociale ou le processus de paix. Il veut se démarquer de l’extrême-gauche pour mordre sur un électorat centriste qui lui a fait défaut. Il mise sur un pourrissement de la situation qui lui permettrait de devenir un recours mais, c’est sans compter sur l’expérience politique du premier ministre et sur l’activisme des partis nationalistes.
On doit donc se préparer à une nouvelle situation bloquée car l’émiettement des voix empêchera l’avènement d’un parti qui pourrait se détacher pour avoir le leadership et éviter de rendre le pays ingouvernable.  Les semaines à venir promettent de nouvelles joutes mais peu de surprises car le milieu politique israélien est sclérosé par un système électoral qui empêche une majorité claire de prendre les rênes d’un gouvernement fort et stable. Seul un pourrissement de la situation avec Gaza pourrait précipiter la décision d'intervenir militairement ou de procéder au renouvellement de la Knesset.


1 commentaire:

Avraham NATAF a dit…

L’obsession est de faire sauter Néathanyaou, c'est la solution désastre; dans les moments critiques l'union doit faire la force.Israël est en danger.