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jeudi 17 juillet 2014

DANNY DANON, LE REBELLE



DANNY DANON, LE REBELLE

Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps

            
Danny Danon

       Est-ce le signe d’un éclatement de la coalition ou celui de la reprise en main du gouvernement par le premier ministre. Depuis quelques semaines certains ministres se lançaient dans des déclarations personnelles intempestives pour critiquer la politique suivie par Benjamin Netanyahou et même menacer de quitter leur poste si certaines conditions n’étaient pas remplies. 
     On se souvient qu’un ministre français avait affirmé : «un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne». Il semble que le premier ministre ait décidé de mettre fin à la cacophonie en sanctionnant un deuxième couteau pour servir d’exemple aux autres leaders des grands partis. Danny Danon, ministre adjoint de la défense, a été démis de ses fonctions le 15 juillet pour avoir fait des «déclarations irresponsables».



Déclarations audacieuses

            Ses différentes prises de position avaient été déclarées non conformes à la nécessaire solidarité ministérielle. Il vient de déclarer à l'occasion d'une interview à Ynet que «le premier ministre était directement responsable de la faiblesse de l'opération contre le Hamas. Il a géré l'opération comme un membre du parti d'extrême-gauche Meretz»
          En mars, il s’était déjà élevé contre la libération de la dernière tranche de 26 prisonniers palestiniens et avait prévenu qu'il démissionnerait de son ministère si les prisonniers étaient libérés. Il n’a pas pu mettre sa décision en application puisque les prisonniers n’ont pas été libérés mais il avait ainsi confirmé sa réputation d’homme aux déclarations audacieuses : «Mon approche est directe et non fade sur les grandes questions même si je dois affronter le président de mon parti, à savoir le premier ministre».

            A l’occasion de l’assassinat des trois adolescents à Hébron il avait dépassé ses prérogatives en exigeant des États-Unis qu’ils cessent leur aide de 450 millions de dollars à l’Autorité palestinienne puisque Mahmoud Abbas collaborait avec le Hamas dans un gouvernement d’union : «Le président Abbas ne peut pas continuer à prétendre vouloir la paix avec Israël, alors que dans le même temps il organise un partenariat avec le Hamas qui est derrière l’enlèvement des trois jeunes».

            Il avait eu des mots très durs contre les Américains à qui il se permettait de donner des conseils au sujet de l’Iran et de l’Irak : «Soyez prudent avec les alliances que vous faites aujourd'hui, car elles peuvent être utilisés contre vous». Par ailleurs, il avait des positions très tranchées en ce qui concerne les implantations ce qui mettait le premier ministre en porte-à-faux face à l’allié américain : «Pour moi, il est clair que la construction en Judée-Samarie n'est pas un problème. Ce n'est pas une responsabilité. Les Juifs ont le droit de vivre et de construire en Judée et Samarie. Nous avons des droits bibliques, des droits historiques, des droits juridiques, des droits de sécurité, et j'ajoute toujours un autre : le bon sens. Nous avons gagné la guerre. Nous ne devrions pas donner un prix à l'agresseur, et nous ne devrions pas être désolés à ce sujet». 
Il avait prôné une attitude ferme contre le Hamas : «Les Israéliens ont la volonté et le courage nécessaire pour supporter les difficultés d'une opération de longue durée visant à éradiquer le Hamas. Nous ne nous arrêterons pas tant que le Hamas est complètement défait. Les maisons des terroristes doivent être démolies et leurs caches d'armes détruites.»

Servir d’exemple

Bennett et Lieberman

Il semble que Danny Danon paie pour ceux qui, au gouvernement, se sont élevés contre les choix politiques de Benjamin Netanyahou. Ce limogeage risque d’indisposer la branche nationaliste du Likoud à laquelle appartenait Danny Danon. Le premier ministre cherche en fait, de manière indirecte, à mettre au défi Naftali Bennett et Avigdor Lieberman de mettre à exécution leur menace de quitter le gouvernement. Il avait peu apprécié que le Cabinet de sécurité soit divisé sur la question aussi fondamentale de la trêve unilatérale avec le Hamas. Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman et le ministre de l'Économie Naftali Bennett avaient voté contre le cessez-le-feu.

Après la décision de Lieberman de rompre l’alliance électorale entre Israël Beiteinou et le Likoud, le limogeage de Danny Danon risque de fragiliser un peu plus la coalition qui n’attend que l’occasion propice pour pousser à des élections anticipées qui pourraient voir la victoire du duo Lieberman-Bennett. 
Netanyahou a pris un risque, le seul qui puisse consolider sa stature et légitimer sa position de leader. Son parti, le Likoud, pourrait le désavouer. En cas d’échec, le peuple tranchera le conflit entre les trois grands de la coalition.


1 commentaire:

AMMONRUSQ a dit…

Bonne analyse,merci !