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dimanche 15 juin 2014

TEL-AVIV AUSSI EST UNE IMPLANTATION



TEL-AVIV AUSSI EST UNE IMPLANTATION

Par Yaacov NEEMAN

copyright © Temps et Contretemps

La création de Tel-Aviv

            En réponse à la création d’un gouvernement d’union entre le Fatah et le Hamas, qui témoigne de l’impossibilité de parvenir à une quelconque paix autant avec les occupants actuels de la Judée-Samarie qu’avec l’entité islamo-terroriste au pouvoir dans la bande de Gaza, Israël a décidé de construire 3.300 unités de logement dans ces territoires contestés, qui permettront une nouvelle avancée de la ligne verte au-delà de son tracé actuel.


Intérêt national


Les 60 premiers colons se partagent les terres
          Qualifiée de «réponse sioniste adaptée», cette décision a aussitôt provoqué un certain nombre de réactions hostiles en Israël même. Dans un éditorial qui se voulait sans appel, Haaretz a condamné la «violente politique étrangère de Netanyahou» qui consiste à «protéger fanatiquement les colons sans aucune considération pour l’intérêt national». La ministre de la Justice Tsipi Livni, officiellement (mais non en fait) chargée des négociations avec les Palestiniens a jugé cette décision «inutile et provocante», l'accusant de «rendre encore plus difficiles nos efforts visant à convaincre le monde de nous soutenir contre le Hamas». Conçues à l’origine pour répondre à une «nécessité sécuritaire», les implantations sont devenues «un fardeau sécuritaire». 
Juifs américains dans une implantation


          Pour le dirigeant du parti travailliste Itzhak Herzog, s’exprimant à la télévision, Netanyahou «méprise» le président américain. Son «hostilité» à Obama est une «tragédie qui met en danger la sécurité d’Israël et qui est l’un de ses échecs politiques les plus graves». De son côté le ministre des Finances Yaïr Lapid déclare, à la Conférence annuelle d’Herzlia, que «les implantations sont un véritable gâchis financier et il conviendrait de les démanteler». Et fort de ses 19 députés, le dirigeant de Yesh Atid, de menacer de se retirer du gouvernement si celui-ci prenait la décision d’annexer «ne fut-ce qu’une seule implantation». 


Une gauche naïve


          Ce chœur de récriminations, la gauche israélienne – la plus naïve du monde – en est coutumière. Incapable de déchiffrer le double langage et persuadée que le principe de la parole donnée est respecté par toute l’humanité, elle n’a tiré aucune leçon ni des «accords d’Oslo» ni de l’intifada qui la suivit. Et pas davantage du retrait de Gaza, effectué au nom de la certitude qu’en se retirant d’un territoire, on récolterait la paix en échange ! Et comme ailleurs, la gauche israélienne s’arroge le monopole de la justice, de la paix. Elle a bonne conscience. Bénéficiant du soutien de la majorité des médias, elle a presque réussi à convaincre l’opinion que la raison et le droit étaient du côté de nos ennemis. 
Zilpa Youz


          En témoigne cette étonnante déclaration de Zilpah Youz [1], une habitante du Néguev, après que sa maison, située à quelques kilomètres de Gaza, ait été détruite par une roquette : «Je n’ai aucune raison de leur en vouloir [aux Palestiniens]. Si j’ai une colère, c’est contre ceux du gouvernement, qui ne se soucient pas de notre sécurité.» 

Légitimité des implantations


          Tout cela pose le problème de la légitimité des implantations. Il existe à ce propos une très importante littérature juridique, alimentée par toutes les instances internationales qui se sont succédé depuis que la déclaration de Balfour a officialisé la reconnaissance par les Nations du retour du peuple juif sur sa terre. Mais il existe aussi – et elle n’a jamais été évoquée par aucun responsable israélien – une autre déclaration qui mériterait une large diffusion dans les arènes mondiales. Son auteur, tous les Juifs israéliens en ont au moins entendu parler une fois : il s’agit du grand commentateur de la Torah, Rabbi Chlomo Itshaki, plus connu sous son acronyme : Rachi [2]
Timbre français à l'éffigie de Rachi


          Voici ce qu’il écrit dans son commentaire sur le premier verset de la Bible : «un jour viendra où les Nations du monde diront à Israël : vous êtes des voleurs, car vous avez conquis par la violence les terres des sept nations [le pays de Canaan].» Vous leur répondrez alors : «Toute la terre appartient au Saint Béni soit-il. Il l’a créé et l’a donnée à qui est de droit à Ses yeux. Par Sa volonté, Il la leur a donnée, par Sa volonté, Il la leur a reprise et nous l’a donnée.» 
          Le texte est clair et on ne peut plus actuel. Pour notre malheur, nos dirigeants, au judaïsme laminé par deux mille ans d’exil, ignorent nos textes millénaires, alors que ceux-ci leur apportent un soutien et une réponse aux difficultés de l’heure. Au Vatican, en marge de la photo œcuménique AFP (Abbas, le pape François et Pérès), il y avait une possibilité d’aborder le conflit du Moyen-Orient dans une optique religieuse. 

          Mais la personnalité des participants ne l’a pas permis. Peut-être une autre occasion se représentera-t-elle, lors des futurs contacts qu’entreprendra le nouveau président d’Israël, dont la presse s’est complu à rappeler qu’il descendait des élèves du Gaon de Vilna [3]! Monsieur Rivlin, Rachi, vous vous souvenez ? 
          En attendant, les habitants juifs de Judée-Samarie continueront à passer pour de «dangereux colons», et leurs «implantations», loin de matérialiser le retour d’Israël sur sa terre annoncé par nos prophètes, seront toujours un «obstacle pour la paix». Comme si Tel-Aviv n’était pas aussi l’une des «implantations de l’entité sioniste» dans le collimateur de l’islam conquérant, à D.ieu ne plaise. 



[1] Interviewée par Ilana Curiel, publiée le 25 octobre 2012 sur Israel News

[2] NDLR : Rabbi Shlomo ben Itzhak HaTzarfati plus connu sous les noms de Rachi, Rabbi Salomo et Salomon de Troyes, est un rabbin, exégète, légiste, décisionnaire, poète et vigneron champenois du XIe siècle (Troyes, c. 1040 - 13 juillet 1105). Principalement connu de nos jours pour ses commentaires sur la quasi-totalité de la Bible hébraïque et du Talmud de Babylone, il est l’une des principales autorités rabbiniques du Moyen Âge et compte parmi les figures les plus influentes du judaïsme. Il est aussi l’un des rares savants juifs à avoir influencé le monde chrétien, son exégèse biblique ayant influencé, par le truchement de Nicolas de Lyre, la traduction de la Bible par Martin Luther.

[3] NDLR : Eliyahou ben Shlomo Zalman, plus connu comme le Gaon de Vilna — Le Génie de Vilna — (23 avril 17209 octobre 1797), est l'un des représentants les plus éminents des autorités juives à partir des temps modernes. Doué dans l'ensemble des savoirs juifs traditionnels (Talmud, Halakha, Kabbale) et dans les sciences profanes dès son plus jeune âge, il devient le chef de file des Mitnagdim(opposants) au hassidisme. Le Gaon écrit sur les mathématiques, est versé dans les œuvres d'Euclide et encourage son élève, Barouh de Sihklov, à traduire les œuvres du grand mathématicien en hébreu .

5 commentaires:

Michel AKERMAN a dit…

Selon Lapid les "implantations" coutent trop cher ! Des crétins en disaient autant pour le Goush Katif et prétendaient que l'armée avait autre chose à faire qu'à protéger les Juifs qui transformaient les dunes en vergers et rapportaient beaucoup d'argent à Israël. Qu'en est-il aujourd'hui ? Combien Tsahal doit dépenser pour réagir face aux assassins du Hamas (les nouveaux "amis" des terroristes du Fatah) ? Qui a permi aux Juifs de revenir en Judée et Samarie ? La gauche. Qui parmi les nantis de la "gauche" est prèt à céder sa résidence du nord Tel-Aviv, Herzilya ou Jérusalem aux envahisseurs musulmans ? Shabbat Shalom.

Talia BARB a dit…

Bonjour Jacques. Je ne comprends pas la fin de ton article, qui est aussi le titre. Tu peux m'aider à voir clair sur ce que tu as voulu dire ? Je ne sais toujours pas après lecture si cette affirmation concernant Tel Aviv qui serait une "implantation comme les autres"' si c'est ironique, si tu le penses ou si c'est cette dame de la gauche israélienne qui le pense ?

Yaacov NEEMAN a dit…

Voici ce qu'on pourrait réponse à Mrs Talia Barb :

Implante à Sion

D’abord il faut que nous soyons d’accord sur les termes : le concept d’implantation renvoie à la notion de corps étranger, venu du dehors, et inséré dans une structure préexistante, qui apriori n’avait pas besoin de lui. Un implant, ça se pose – mais ça peut aussi se retirer. En qualifiant d’« implantations » les petites localités fondées par des juifs s’installant en Judée-Samarie, pionniers par la force des choses, ceux qui font usage de ce concept – la gauche, et la communauté internationale hostile à Israël – vise à souligner leur fragilité, leur nature « temporaire » et à leur ôter toute légitimité.


Différence de taille... Implante à Sion

Quant au titre – insolite et quelque peu provocateur de cet article – voici pourquoi la belle cité balnéaire de Tel-Aviv est elle aussi une implantation. Plaçons-nous du point de vue de nos ennemis. Que veulent-ils ? Eradiquer toute présence juive en Palestine, comme cela figure en toutes lettres dans la charte de l’OLP. Pour cela, il leur est essentiel de (se) répéter que la création d’un Etat juif au Moyen-Orient n’est que temporaire, que tôt où tard « nous réussirons à les jeter à la mer », etc. Dans cette perspective, pour eux, entre quelques familles installées sur les collines de Judée ou les deux millions d’habitants du Gouch Dan, il n’y a qu’une différence de taille. Mais la cible reste la même – en finir avec les

...mais la cible est la même !

La seconde intention sous-jacente à cet article, c’est de mettre en garde cet important pourcentage de l’opinion israélienne qui s’imagine invulnérable et protégée de toutes turbulences par le simple fait qu’elle réside loin des lignes du front, dans une cité moderne, agréable – et dont nombre d’immeubles sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Si jamais – à D.ieu ne plaise – des hordes barbares devaient déferler dans notre pays comme elles le font au Nigéria, en Syrie et maintenant en Irak, croyez-vous qu’elles auraient le moindre respect pour Tel-Aviv ? Regardez ce qui arrive en Ukraine : nous vivons une époque où des frontières internationalement reconnues peuvent être modifiées par un gouvernement audacieux, s’appuyant sur sa force armée, et profitant de la couardise des instances internationales. Dans une guerre, les lignes de front se déplacent au gré des forces en présence. Et l’un des sujets d’inquiétude des responsables israéliens de la sécurité, c’est justement qu’avec les nouvelles technologies, les populations civiles vont se retrouver au cœur de la cible. Dès lors, résider boulevard Rothschild, dans un bel immeuble Bauhaus, représentera autant de risque que d’habiter dans une caravane en contreplaqué quelque part, entre Naplouse et Hébron. Aurions-nous oublié les attaques de Scuds lancés par Saddam Hussein ?


Emmanuel DOUBCHAK a dit…

Monsieur Neeman, notre droit pour lequel vous invoquez les textes de Rachi, semble à vos yeux basé sur le droit divin. Cette conviction est la vôtre, et elle est partagée par de nombreuses personnes. D'autres pensent que notre droit est historique et non moins légitime, il nous permet de parler aux Nations et de nous mettre en mesure de convaincre aussi ceux qui ne partagent pas ces croyances et en outre les Juifs non croyants qui s'identifient au peuple juif. Dire que Tel Aviv est une implantation ne doit pas nous faire honte, et la communauté des Nations de l'après-guerre a reconnu notre état, face au refus arabe et musulman. Nous espérons consolider notre emprise sur notre territoire national dont les frontières finales sont à négocier avec intelligence et doigté et avec des arguments qui sont "a priori" inacceptables par ceux qui croient en une religion différente. Quant aux Tel Aviviens, ils font aussi leur devoir comme les autres, et si certains pour des raisons idéologiques refusent de servir leurs pays, ils ne sont pas loin de ceux qui refusent pour des raisons religieuses de le faire. Ces deux populations sont les ennemis du projet sioniste, même si certains ont des sympathies pour les uns ou pour les autres. Opposer Tel Aviv et le reste du pays est une erreur grave qui crée un sentiment de haine des deux côtés, comme s'il s'agissait de deux peuples différents. Nous divergeons tous sur les justifications et les solutions de notre existence sur cette terre, il faut l'admettre avec amour et cesser de se détester sur ce point.

Herve23 a dit…

Yaacov NEEMAN, comme beaucoup d'articles lus sur ce site, le vôtre est rafraîchissant:

-Oui Tel Aviv est (encore) une implantation,
-Oui Israël est une greffe qui va prendre, qui doit prendre,
-Oui le Moyen Orient (et le Monde) redessine ses frontières selon un tracé Religieux (et non issues des divers caprices francais, anglais ou autres),
-Oui (j'en arrive à la conclusion que) la Foi est le ciment des contours et frontières définitives d'Israel,
-Oui, depuis 1948 (et surtout depuis 1967) la conviction que le "Foyer des Juifs" est une réalité qu'il faut défendre bec et ongles est ancrée.

Savlanout et travail acharné achèveront notre réussite !