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vendredi 25 avril 2014

LE RETOUR D'ANNE SINCLAIR À LA TÉLÉVISION Par Marianne ARNAUD



LE RETOUR D'ANNE SINCLAIR À LA TÉLÉVISION

Par Marianne ARNAUD
copyright © Temps et Contretemps



Nous étions donc cinq millions à regarder l'émission «Un jour, un destin» consacré, à grand renfort de trompettes, à Anne Sinclair, ce mardi 22 avril sur France 2. On peut dire que la chaîne n'a pas lésiné sur les moyens et tous les amis d'Anne Sinclair avaient été convoqués pour dresser un portrait hagiographique de leur héroïne : petite fille modèle, lycéenne parfaite sous la férule de sa mère peu affective, mais adorée de son père.


Je te la confie




À l'âge de dix ans elle annonce à ses parents qu'elle veut être journaliste, et de fait, très jeune, elle réussit son diplôme à Sciences Po et arrache un poste de stagiaire sur Europe 1, à un directeur qui ne voulait en aucun cas employer une femme journaliste. Le hasard fait que Yvan Levaï, journaliste vedette de la radio, bien que marié et père de famille, ne résiste pas à cette brune aux yeux si bleus. Ils ont une liaison. Finalement il divorcera, elle abandonnera son fiancé, ils se marieront. Le jour du mariage, devant le rabbin, le père d'Anne dira à Yvan Levaï : «Je te la confie !» Ils auront deux fils.
Chacun se souvient de la carrière fulgurante de cette journaliste de grand talent, et de ses rendez-vous politiques de la Une, le dimanche soir. Il en ira ainsi jusqu'à ce qu'un nouveau hasard professionnel, la mette en présence de Dominique Strauss-Kahn, jeune socialiste plein d'avenir. Ils sont mariés chacun de leur côté, mais qu'importe, ils entameront une liaison secrète. Les amis d'Anne lui trouvent toutes les excuses : Yvan Levaï dirigeait un journal à Marseille, ils n'avaient plus de vie de couple...

Nouveaux divorces, nouveau mariage. Cette fois c'est Yvan Levaï qui passe le flambeau reçu du père d'Anne, à Dominique Strauss-Kahn, en lui disant à son tour : «Je te la confie !» Quand DSK est condamné par la justice dans l'affaire de la MNEF, cela ne trouble pas beaucoup Anne, mais Yvan Levaï se désole. C'est à peu près à ce stade de l'émission qu'Anne Sinclair entre en scène pour répondre aux questions - de Laurent Delahousse - que tout le monde a sur le bout de la langue.
Des rumeurs sur DSK circulaient dans le milieu politico-médiatique, ne les avaient-elles pas entendues ? Oui, bien sûr, mais les rumeurs sont faites pour nuire, et son mari savait la rassurer et elle le croyait. Il était ministre, une brillante carrière s'offrait à lui. Elle avait mis fin à sa carrière propre, pour se consacrer «avec tous les moyens dont elle disposait» à celle de son mari. Une majorité de Français le voyaient déjà à l'Élysée. Son élection ne serait qu'une formalité.

Violeur ou victime

Quand son mari a été arrêté à New-York elle n'a pas cru à sa culpabilité. Elle a fait front, lui a trouvé les meilleurs avocats, a obtenu qu'il soit libéré sous caution, à prix d'or. Elle proclame encore aujourd'hui que Dominique Strauss-Kahn n'est pas un violeur. Or nous nous souvenons tous qu'il ne s'est passé qu'une dizaine de minutes entre le moment où la femme de chambre noire a pénétré dans la suite de DSK et où elle en est sortie en larmes, blessée à l'épaule et le chemisier taché de sperme. S'il n'est pas le violeur, ce serait donc elle la violeuse?
Laurent Delahousse

Pourquoi Laurent Delahousse n'a-t-il pas imité sa consœur Anne Sinclair qui savait si bien pousser ses interlocuteurs – y compris le président Mitterrand – dans leurs derniers retranchements ? Pourquoi n'a-t-il pas évoqué le nom de Tristane Banon ? Pourquoi le couple qui avait fait une entrée triomphale à Paris – digne de rocks-stars avait-on dit – après le triste épisode de New-York, ont-ils finalement divorcé, puisqu'elle ne croit pas en sa culpabilité ? Encore une question qui ne lui a pas été posée.
La télévision française nous a donc offert, pendant plus de deux heures et demie, une émission à la gloire d'Anne Sinclair et, accessoirement de Dominique Strauss-Kahn dont on nous dit qu'il poursuit une carrière internationale et conseille des chefs d'état étrangers. Faut-il y voir un présage ? Et si oui, lequel ?

5 commentaires:

Jacques BENILLOUCHE a dit…

Chère Marianne,
J’avoue que je n’ai pas été au bout de l’émission tant elle m’a paru peu innovante et terne.

En revanche et contrairement à vous j’ai trouvé qu’elle était au contraire à charge contre Anne Sinclair. Entre les lignes, ou plutôt entre les images, elle était décrite comme une arriviste prête à tout pour parvenir à ses fins, c'est-à-dire au sommet. Elle ne s’est branchée que sur les hommes mûrs qui pouvaient l’aider à satisfaire son ambition, Mitterrand d’abord, Ivan Levaï ensuite qui lui a mis le pied à l’étrier dans le journalisme puis enfin DSK pour entrer en politique. Une sorte d’Hillary Clinton qui a poussé son mari au sommet pour prendre ensuite sa place. Anne Sinclair a été montrée prête à tout, même à sacrifier sa famille, une sorte d’affairiste capable de trouver les bons maillons pour sauter les étapes.

Mais n’est-ce pas la chance des belles femmes d’user de leurs charmes, surtout auprès des hommes plus âgés !

DSK étant carbonisé, il ne l’intéresse plus aujourd’hui pour poursuivre son ascension touchant peut-être le domaine de la politique dans lequel elle n'a pas encore pris part.
Mon hypothèse me permet d’entrevoir une nouvelle Anne Sinclair engagée en politique dans une gauche désemparée, atone et orpheline d’un leader charismatique. Alors Anne Sinclair a définitivement tourné la page DSK, pour refaire sa vie avec l'historien Pierre Nora de seize ans son ainé ; un goût pour les hommes plus âgés.

Pierre Nora est issu de la grande bourgeoisie intellectuelle juive, imprégnée de l'histoire de la Shoah, mais laïque. Membre de l'Académie française, agrégé d'histoire, et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, il a eu une grande carrière dans l'édition ce qui pourrait être un élément clé dans l'éventuelle nouvelle carrière d’Anne Sinclair qui ne peut se satisfaire d'être oubliée des Grands.

Cordialement

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Votre commentaire m'a littéralement stupéfaite ! C'est comme si nous n'avions par regardé la même émission.
Pourtant je maintiens que le service public a tout fait pour rendre crédibles les histoires d'amour consécutives de madame Sinclair, les enjolivant de détails propres à les rendre le plus romanesques possible.
Seul peut-être le visage déformé par la rage impuissante de Mitterrand pourrait accréditer l'idée - à posteriori - que nous n'étions pas dans un roman à l'eau de roses mais plutôt chez Balzac.
Les lecteurs nous départageront peut-être.

Très amicalement vôtre.

atoilhonneur corto a dit…

Je n ai pas vu l'émission mais me demande en quoi, quand on connait le prix d une production TV de deux heures, Anne Sinclair peut justifier d un tel investissement. Un doc dans Paris Match, Point de Vue, la gazette de Drouot ou gala eut grandement suffi

jean smia a dit…

Bizarre tous ces commentaires où l'affectivité partisane transparait.
Anne Saint-Clair : une femme née très riche, qui, à l'opposé des Kardachian ou autre Hilton, est une mère de famille cultivée et instruite.
Elle a choisit un métier dans lequel le succès ne dépend pas du montant du capital financier à investir. Et elle y a fort bien réussi, bien qu'elle aurait pu vivre de ses rentes ou perpétuer une tradition familiale dans l'art.
Elle a intéressé trois hommes dont le moins que l'on puisse en dire est que ce sont tous des gens très intelligents : des « pointures » comme on dirait vulgairement. Ils ne peuvent pas, tous, se tromper dans l'estimation de la valeur morale de cette personne.
Et, lorsqu'elle s'est retrouvée, seule, au milieu d'une effroyable tempête, elle a fait face avec un comportement qui ressemble à ce qu'on lit dans Hamlet : «  right or wrong : it's my country »
L'indéfectibilité de ses engagements reste aussi rare qu'honorable. ( chose qui reste étrangère à la majorité de la classe politique).
Il est, de part le monde, des femmes rares, au caractère exceptionnel. Il arrive parfois que l'actualité, les mette sous la lumière des projecteurs comme Cécilia (ex-Sarkozy), ou Hillary Clinton.

En conclusion, je pense qu'il nous serait préjudiciable de nous passer de cette intelligence et de sa force d'analyse.
Je crois qu'elle saura éviter le piège de sa récupération par un parti politique en perdition.

Marco KOSKAS a dit…

Moi qui n'ai pas vu l'émission, j'en parle d'autant plus à l'aise que je ne suis pas influencé par sa prestation. Quel était le but de cette opération de com? voilà la question. Si Anne Sinclair a l'intention de revenir sur la scène médiatique comme journaliste, elle n'a qu'à faire son boulot, et on saura qu'elle est journaliste. N'est-elle pas , parait-il, directrice du Huftington Post? Si elle l'intention de publier un livre sur ses malheurs conjugaux, il faudrait attendre que le livre sorte, pour faire de la pub. Si c'est pour préparer un retour de DSK, c'est carrément une arnaque. Non, franchement je ne vois pas à quoi pouvait bien servir cette émission. Mais peut-être à rien, et ce serait tout à son honneur. Enfin une émission de la business class sans arrière pensée? ce serait une vraie nouveauté!