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dimanche 23 mars 2014

UN PASSEPORT POUR SE FAIRE PARDONNER Par Yaakov NEEMAN



UN PASSEPORT POUR SE FAIRE PARDONNER


copyright © Temps et Contretemps

Yaakov NEEMAN est un journaliste qui rejoint la liste de nos chroniqueurs. Il signe aujourd’hui son premier article. Nous sommes certains qu’il saura trouver un lectorat attentif dans notre site. Nous lui souhaitons la bienvenue.

Qui voudrait retourner à Saragosse ?

Nous avons décidé d'ordonner à tous les juifs, hommes et femmes, de quitter nos royaumes et de ne jamais y retourner… à la date du 31 juillet 1492 et ne plus rentrer sous peine de mort et de confiscation de leurs biens

552 ans après l’expulsion des Juifs d’Espagne, le gouvernement espagnol a approuvé, le 7 février 2014, un avant-projet de loi visant à accorder la nationalité espagnole aux personnes pouvant démontrer leur origine sépharade. Perçue comme une volonté de réparer une «terrible erreur historique» – selon les mots du ministre espagnol de la Justice – cette décision a suscité parmi les responsables des communautés concernées des réactions encourageantes.


Avraham Haïm, qui préside la Communauté sépharade de Jérusalem a déclaré qu’il s’agissait «d’un pas très important dans l’amélioration des relations bilatérales. Ça ne corrige pas l’injustice dont nous avons souffert, mais c’est toujours ça». Yossi Ben-Dor, qui anime Tarbout Sefarad, une association vouée à faire revivre l’âge d’or du judaïsme espagnol, remarque que «cette décision a été accueillie avec joie par de très nombreuses personnes. Je préjuge qu’ils seront des milliers à vouloir profiter de l’occasion pour découvrir le pays de leurs ancêtres».

Des motivations intéressées


En attendant que cette décision soit confirmée par le Parlement espagnol, les motivations profondes qui y ont conduit le gouvernement de Madrid ne relèvent pas seulement de la volonté de réparer une injustice. Ce n’est un mystère pour personne que la situation économique de l’Espagne est alarmante : la dette publique équivaut à 100% de son produit intérieur brut. Avec 26% de taux de chômage, les jeunes diplômés choisissent l’émigration.
Dans ces conditions, la décision d’accorder la nationalité espagnole aux Juifs sépharades d’aujourd’hui s’apparente à un appel au secours. Le Juif est perçu comme celui qui s’en sort toujours, celui qui apporte la bénédiction. Cette motivation transparaît dans les opinions exprimées sur les forums sociaux : «Tous les pays qui ont expulsé leurs Juifs ont connu une crise économique. Maintenant, ils veulent nous ramener pour faire revenir la prospérité. Eh bien non ! Notre rentabilité nous appartient, nous préférons en faire profiter notre pays !»

Vœu de ne pas retourner


Dès lors, l’hypothèse d’un retour en Espagne est écartée : «Pourquoi voudrais-je devenir citoyen d’un pays où le niveau de vie est inférieur à Israël ?» De plus, de nombreux rabbins ont publiquement fait état de leur opposition à l’idée d’acquérir la nationalité espagnole : «Nous n’avons pas à pardonner l’expulsion ni les cruautés de l’Inquisition. Nous n’avons rien à faire là-bas. Cette décision est un pot-de-vin !» Certains font remarquer qu’au jour même de leur expulsion, les Juifs d’Espagne ont fait le vœu de ne jamais y retourner : «Cela transparaît parfois dans leurs noms. Ainsi Tolédano veut dire “Non à Tolède“, ou encore Marciano “Non à Murcia“.»

Pratique pour voyager

Tour où est située l'ambassade d'Espagne

Pourtant, certains voient dans la proposition espagnole la possibilité de voyager plus facilement en Europe et dans le reste du monde : «Un passeport espagnol est plus anodin qu’un passeport israélien. D’autant qu’ils ne nous demandent pas de renoncer à notre nationalité israélienne.» Pour pouvoir prétendre à la nationalité espagnole, il faudra prouver que l’on descend de l’une des 5.220 familles juives répertoriées comme telles et dont la liste figure sur http://diariojudio.com/library/Listado-de-nombres-sefardes.pdf.

En attendant, l’ambassade d’Espagne à Tel-Aviv aurait déjà reçu 3.000 demandes. Dont celle de Mordehaï Ben-Abir, 88 ans, un habitant de Beer-Shev’a, qui a réussi à reconstituer son arbre généalogique jusqu’à ses ancêtres de Catalogne : «Pouvoir y retourner avec un passeport espagnol 500 ans après l’expulsion serait une victoire pour ma famille et tout le peuple juif !»

2 commentaires:

S.C a dit…

Un article que j'attendais ,
Merci au journaliste Yaakov NEEMAN pour cette analyse .


SC

Moché Lalouch a dit…

bien écris !!

bienveny au blog et bonne chance pour les prochains articles !!