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dimanche 16 février 2014

L’AVENIR DU NOUVEAU GOUVERNEMENT LIBANAIS



L’AVENIR DU NOUVEAU GOUVERNEMENT LIBANAIS 

Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps

Le président Michel Sleiman réuni avec le Premier ministre Tammam Salam et le président du Parlement Nabih Berri

Le premier ministre libanais désigné, Tammam Salam, a réussi à constituer un gouvernement d'intérêt national après plus de dix mois de tractations. Il a fini par obtenir les compromis nécessaires après un blocage de près d'un an entre camps rivaux, sur fond du conflit de la Syrie voisine. Il s’agit d’un gouvernement élargi à toutes les forces du pays puisque, pour la première fois depuis trois, le Hezbollah chiite va cohabiter avec les amis rivaux de Saad Hariri.
À noter qu'une seule femme est présente parmi les 24 ministres, donnant l'impression que seuls les hommes sont capables de gérer le Liban. À noter également que la formation du gouvernement a eu lieu à une date symbolique puisqu’elle coïncide avec l’anniversaire de l’assassinat de Rafik Hariri, le 14 février 2005.



Équilibre entre clans


Premier ministre Tammam salam

Le nouveau gouvernement, constitué de 24 ministres, respecte l’équilibre entre les trois clans et entre les religions. Le Hezbollah et ses alliés dits du 8 mars ont reçu huit portefeuilles dont celui des affaires étrangères. La coalition du 8 mars est pro-iranienne et pro-syrienne et elle comprend les chiites du Hezbollah et les partis Amal, le Parti National Social Syrien (SSNP) et le Mouvement patriotique libre chrétien (FPM). 
Le général Aoun membre du groupe du 14 mars

          Face à ce groupe, le clan opposé de la coalition dite du 14 mars obtient huit ministères dont celui de l’Intérieur. Ce groupe est une coalition anti-syrienne composée du parti chrétien Phalange et Forces libanaises (LF), des Druzes du Parti socialiste progressiste (PSP) et du groupe sunnite Future Movement. Les autres huit ministères ont été confiés à des personnalités «centristes» proches du président Sleimane réputé neutre, et du leader druze Walid Joumblatt. Ce nouveau cabinet aura notamment pour mission d'organiser la prochaine élection présidentielle prévue à la fin du mandat, en mai 2014, de Michel Sleimane.
Achraf Rifi

Le Hezbollah a pesé dans les tractations puisqu’il a refusé l'attribution du portefeuille de l'Intérieur à Achraf Rifi (du 14 Mars), ancien directeur général des services de renseignements FSI, seul organisme de sécurité que le parti chiite n'a pas réussi à infiltrer. Achraf Rifi a hérité du poste de ministre de la justice alors que le pays a besoin d'un homme fort pour la sécurité. Le Hezbollah veut tenir le Liban sous influence iranienne et il manœuvre  pour faire éclater l’équilibre confessionnel du pays. Il veut exploiter le rapprochement annoncé entre l'Iran et l'Arabie saoudite et le sommet Obama-Abdallah d'Arabie prévu pour mars. 
Mais l’engagement en Syrie du Hezbollah, qui a reconnu l'envoi de combattants pour soutenir les forces de Bachar Al-Assad, encourage l’extrémisme sunnite et canalise la tension vers le Liban. Le président Sleimane a appelé, à de multiples reprises, la milice islamiste à se désengager de la crise syrienne pour respecter la déclaration de Baabda, signée par tous les partis politiques libanais en juin 2012, qui refuse tout lien avec un axe régional mais qui permet l'engagement pour les grandes causes du monde arabe, comme la cause palestinienne.

Affaiblissement du Hezbollah


Imad Moughnieh

Les observateurs avaient pensé que les déboires du Hezbollah en Syrie l’avaient affaibli. La commémoration du 13 février à la mémoire d’Imad Moughnieh, assassiné à Damas il y a six ans ayant été annulée, ils étaient persuadés que la peur avait changé de camp. En fait, le Hezbollah craint à présent Al-Qaeda qui a réussi à lancer plusieurs attaques suicides dans le bastion chiite. Une dizaine d’attaques ont fait plusieurs morts à Beyrouth pour punir la participation du Hezbollah à la guerre en Syrie. L’explosion face à l’Ambassade iranienne a tué 25 personnes. 
Explosion à l'ambassade d'Iran à Beyrouth

          Ciblé par les Israéliens, Hassan Nasrallah craint à présent les tueurs d’Al-Qaeda dont la cruauté est toute autre puisqu’ils sont prêts à raser tout un quartier pour viser leur cible. Le danger est tel que des éléments du renseignement iranien de haut rang de l’Ambassade d’Iran sont à présent chargés de la protection de leurs vassaux. Selon des informations sécuritaires, ces agents secrets iraniens ont découvert qu'Al-Qaeda n’hésiterait pas à utiliser des femmes kamikazes pour parvenir à ses fins.
Majid bin Muhammad al Majid

Le Hezbollah n’a plus l’exclusivité du terrorisme au Liban. Les Brigades Abdallah Azzam, du nom du mentor d’Oussama Ben Laden, l’ex-chef d’al-Qaïda, sont actives au Liban et ont revendiqué l’attentat suicide commis contre l’ambassade d’Iran à Beyrouth. Leur chef Majid bin Muhammad al Majid, interpellé à la fin de l’année dernière par les services de renseignement de l’armée libanaise, est mort en détention. Une autre organisation djihadiste est également active au pays du Cèdre : le Front al-Nosra au Liban. Elle a revendiqué un attentat suicide à la voiture piégée, commis dans le quartier très fréquenté de Haret Hreik, dominé par le Hezbollah, ayant fait  4 morts et une trentaine de blessés.
Attentat à Haret Hreik


Résorber le chaos

Le Liban s’est trouvé contraint de constituer rapidement son gouvernement pour prendre des mesures consensuelles pour rétablir l’ordre. Les nombreux combattants Al-Qaeda qui agissent contre les troupes de Bachar Al-Assad ont décidé de s’étendre au-delà des frontières, au Liban en particulier, incitant d’ailleurs le gouvernement israélien à réévaluer sa politique de neutralité dans la guerre civile voisine. Dans le cadre d’une certaine compétition, des groupes djihadistes pourraient effectuer des tirs de roquettes contre Israël afin de  provoquer des frappes israéliennes dans le sud du Liban, où le Hezbollah est très présent. Les Israéliens ont menacé les Libanais de les tenir pour responsables de ces tirs mais l’absence de gouvernement ne permettait pas de trouver d'interlocuteur légal.

Les Libanais, dans leurs négociations avec la classe politique, n’ont pas estimé devoir exploiter cette faiblesse du Hezbollah pour imposer leurs vues. Victime des soubresauts du conflit syrien et paralysé politiquement depuis la démission, en mars 2013, du premier ministre Najib Mikati, le Liban tenait à se doter rapidement d’un nouveau gouvernement «d'intérêt national» au prix de quelques renoncements. Les ministres désignés devront trouver des solutions au chaos qui règne au Liban, faute de quoi l’embrasement sera total avec des risques d’interventions israéliennes.


2 commentaires:

邓大平 עמנואל דובשק Emmanuel Doubchak a dit…

Plus on se rapproche du Proche-Orient plus la compréhension des mécanisme s'éloigne de l'entendement.

Pat Quartier a dit…

Les loups et les hyènes islamiques se dévorent entre eux.
Fasse que les troupeaux s'anéantissent encore trés longtemps!