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samedi 22 février 2014

LA FRANCE LIVRÉE AUX HÉRITIERS DE 1793 Par Marianne ARNAUD


LA FRANCE LIVRÉE AUX HÉRITIERS DE 1793
Par Marianne ARNAUD

copyright © Temps et Contretemps



La terreur en 1793

          Lorsqu'une petite majorité de Français (51,62%) a porté François Hollande à la présidence de la République, elle s'était surtout prononcée contre Nicolas Sarkozy que les médias lui avaient présenté comme un président voyou, responsable de la crise qui s'était abattue sur le pays. Elle avait donc choisi le candidat qui lui promettait la fin de la crise et l'apaisement social.



Président de la Corrèze

Bien sûr ils avaient été avertis, Hollande c'est «Flanby», c'est «Fraise-des-bois» avait dit Fabius. «C'est flou, et quand c'est flou c'est qu'il y a un loup» avait ajouté Martine Aubry. Il y avait donc un risque à élire un candidat dont le plus haut titre de gloire était d'être le président du Conseil général du département de la Corrèze, et d'avoir dirigé le Parti Socialiste pendant onze ans sans avoir jamais abandonné sa référence au marxisme.

Mais personne n'avait, ne serait-ce qu'imaginé, qu'une fois élu, François Hollande ne tarderait pas à livrer le pays aux héritiers des révolutionnaires de 1793 ! Il est vrai que personne non plus, n'aurait su dire qui étaient exactement, Christiane Taubira, Vincent Peillon ou Najat Vallaud-Belkacem.
Or pendant que Hollande passe de «pacte de croissance» en «pacte de responsabilité», qu'il se déclare «social-démocrate» ou même qu'il agisse en «social-libéral», comment empêcher la fronde de sa propre majorité si ce n'est en lui accordant des gages à forte valeur symbolique de gauche, sans pour autant nuire à sa nouvelle stratégie économique. L'adoption en force par le Parlement de la loi sur le mariage homosexuel rebaptisé «mariage pour tous» nous avait déjà donné un aperçu de ce que l'idéologie de ceux qui nous gouvernent nous préparait, lorsque madame Taubira s'était écriée en défendant sa loi : «C'est un changement de civilisation» ! Changement de civilisation que personne ne réclamait, qui a aussitôt ressuscité un clivage qui a enflammé la rue.

Manifestations pacifiques

Manifestation du 2 février 2014

Immédiatement les socialistes, suivant en cela Manuel Valls, fustigeaient les milliers de manifestants particulièrement pacifiques en faisant référence aux «forces sombres de la division», en prédisant «le retour des années 30», alors que c'était cette loi défendue par les socialistes qui était responsable de la discorde sociale. Ainsi en alla-t-il aussi du «Projet de loi famille» puis de la «Révision de la loi Veil» sur l'avortement. Bon nombre de citoyens sont choqués de ce que l'équipe qui est au pouvoir, au prétexte qu'elle a le pouvoir, use et abuse de ce pouvoir pour voter des lois libertaires, et ainsi de se trouver contrainte de limiter les libertés publiques qui s'expriment contre ces mêmes lois.

manifestation 26 janvier 2014

De fil en aiguille, nous avons donc assisté, ces derniers mois, à un déferlement de l'arbitraire policier, au mépris des formes juridiques, ainsi qu'à des arrestations et gardes à vue tout aussi arbitraires, contre des manifestants pacifiques. Ce glissement vers l'autoritarisme, qui a coûté une dégringolade de monsieur Valls dans les sondages, ne l'empêche pas de se gargariser avec de grands mots sur une République à laquelle il tourne le dos. Comme l'explique le philosophe Henri Hude : «La raison fondamentale pour laquelle le pouvoir devient autoritariste, c'est que la violence est dans son idéologie même. Elle a subverti les concepts fondamentaux d'une société libre et transformé le refus de la discrimination en moyen de discriminer tout ce qui résiste à la normalisation idéologique.»
Henri Hude


Robespierre


Et que dire de Vincent Peillon - digne héritier de Robespierre qui disait : «La patrie seule a le droit d'élever ses enfants» - lorsqu'il veut faire de l'école «une nouvelle Église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi», lisant cela on se frotte les yeux. Mais si les parents résistent il accuse «l'hydre réactionnaire», «la droite ultra et nationaliste» et bien sûr «l'intégrisme catholique».
Or il semble que rien ne pourra arrêter cette gauche «progressiste» sur le chemin du nihilisme puisqu'elle a décidé de s'attaquer à la loi Leonetti traitant de la fin de vie, adoptée à l'unanimité en 2005, pour demander la légalisation de l'euthanasie. Qui n'a été, au minimum surpris, voire choqué, à l'occasion de l'affaire Vincent Lambert, d'entendre sur toutes les ondes un médecin venir exiger que les juges lui donnent l'autorisation de tuer son malade ? 
Quelle confiance, un grand malade ou un handicapé ou un vieillard ainsi que sa famille, pourrait-il accorder à un médecin s'il sait que celui-ci a droit de vie ou de mort sur lui ? «L'homicide volontaire n'est pas compatible avec la vocation de médecin, ni avec l'attente de nos patients et de leurs familles. Laissons la défense de l'euthanasie aux militants d'une cause désincarnée et continuons à faire une médecine humaine qui préserve la vie et en respecte la fin», voilà ce qu'écrit le professeur Jean-Roger Le Gall, membre de l'Académie de médecine. Gageons que si rien n'arrête nos progressistes libertaires sur le chemin de la construction de «l'homme nouveau» après Lénine, Staline, Hitler et bien d'autres, avec les résultats que l'on sait, nous aurons souvent encore l'occasion de voir les Français occuper la rue.


Source : Le Figaro

8 commentaires:

Jacques BENILLOUCHE a dit…

Chère Marianne,
N’est-ce pas excessif ce parallèle avec les révolutionnaires de 1793 alors qu’aucune tête n’a été coupée en France. Dieu soit loué.

Le Conseil Constitutionnel n’a pas relevé de manquements à la Loi. Il n’y a donc pas de situation insurrectionnelle en France qui justifie de croire à un désordre portant atteinte aux libertés individuelles.

Sauf à recourir à un coup d’État, le Parlement est légitime jusqu’aux prochaines élections et ses lois votées s’imposent à tous les Français.

Pour rester dans les faits Hollande n’a pas été élu par «une petite majorité». Bien que la démocratie n’exige qu’une seule voix d’écart, il a eu 1.139.316 voix de plus que Nicolas Sarkozy et ce million de voix n’est pas négligeable quand on sait que Giscard d’Estaing a été élu en 1974 avec seulement 424.599 voix d’écart sur Mitterrand.

Il ne fait aucun doute que les sondages sont au plus bas. Il ne fait aucun doute que Hollande a déçu même ceux de son camp qui attendaient plus de résultats et une politique plus audacieuse compte tenu des énarques et experts qui fourmillent au P.S.Il ne fait aucun doute que l’échec est total pour les socialistes tétanisés qui n’ont peut-être pas mis les bonnes personnes à la tête des ministères.

Mais le président est protégé par la Constitution et il n’y a pas beaucoup de solutions en vue pour le déloger.
1/ La démission de François Hollande : cela m’étonnerait qu’il accepte de quitter le pouvoir d’autant plus que rien ne l’y oblige constitutionnellement.
2/ Procéder à de nouvelles élections législatives : il est improbable que François Hollande refasse la même erreur que Jacques Chirac qui a perdu les élections en ouvrant la porte à Lionel Jospin. Cette fois Marine le Pen veille et elle risque de rafler la mise.
3/ Changer de gouvernement : fort probable mais la politique suivie restera la même à quelques toilettages près puisque c’est le président qui définit la politique du pays.

Alors, le travail de sape organisé par le Figaro, tous les jours, relève donc de l’incantation et finit par être contre-productif. Cela ne peut qu’aggraver la démobilisation des Français et la morosité d’un pays qui, quoi qu’en en dise, est un pays riche. Les restaurants sont au complet. Les stations de ski, nous dirent les chaines de télévision aujourd’hui, même les plus petites ont fait le plein. Les hôtels refusent du monde.

À moins que dans le secret des alcôves, la droite cherche à pousser les Français à la révolution dans la rue comme à Kiev ou à Caracas où les situations ne sont pas comparables à la France. Nul ne sait ce qu’il en sortirait d’ailleurs. Certainement les extrêmes que certains à droite appellent de leurs vœux.

Il est important que, dans les moments difficiles, les Français soient unis, sans référence à leurs convictions politiques, car la France appartient à ceux qui l’aiment. Il y a eu la crise au États-Unis, en Israël et ailleurs mais les populations s’en sont sorties parce qu’elles ont retroussé leurs manches en oubliant à quel parti elles appartenaient.

La droite doit prendre son mal en patience et songer à 2017. Qu’est-ce trois ans dans la vie d’un pays ? En attendant, elle ne devra pas rééditer l’erreur de la gauche qui n’a pas conçu un programme sérieux d’alternance, hors la guerre de clans, avec des propositions chiffrées dont nous ne voyons pas encore l’ombre, sauf à faire des promesses qui ne seront pas tenues à l’instar de tous les politiques de droite ou de gauche. L’objectif n’est pas de remplacer Hollande mais de faire mieux et d’obtenir des résultats rapidement.

Mais si la droite se comporte comme à Paris, avec ses divisions et ses rivalités, et si elle ne s’unit pas, alors elle sera encore condamnée à faire «passe-tour» en 2017. Sarkozy, Copé, Fillon et même Juppé ne se laisseront pas plumer en vain sauf à laisser un outsider rafler la mise. Donc gare à la casse à droite car alors, chère Marianne, vous risquez d’être profondément déçue comme je le suis de la part de la gauche au pouvoir.

atoilhonneur corto a dit…

"Alors, le travail de sape organisé par le Figaro, tous les jours, relève donc de l’incantation et finit par être contre-productif."

Là vous m'épatez M. Benillouche ! Le Figaro faire un travail de sape contreproductif ? c'est la meilleure. C'est oublier le travail de sape , comme vous dites, qu a fait la presse de gauche pendant les 5 ans de Sarkozy allant même jusqu a le traiter , en Une, de voyou !

Le figaro, bien tiède ceci dit, fait son boulot de journal d opposition et il est suffisamment percutant et genant pour que le premier ministre menace de lui supprimer les 18 millions de subventions publiques ce qui revient à dire au Figaro: "mettez là en sourdine ".

Alors, je ne sais pas où vous habitez et sans comparer la France au Venezuela (dont quasiment personne ne parle) ou à l Ukraine, je vous prie de croire que les atteintes à la liberté et à la démocratie sont devenues monnaie courante en France. On pourrait faire un bouquin des entorses et des atteintes à la démocratie ou a la liberté d expression que la Socialie a commis depuis son arrivée au pouvoir. Atteintes que bien peu de journaux, y compris le Figaro, relatent. Il faut aller sur les réseaux sociaux, les blogs et sur twitter pour en découvrir un paquet.

Notre régime et nos institutions ont permis aux socialistes de déténir absolument tous les pouvoirs: AN, Sénat, Régions, CC, CCNE, départements et la plupart des grandes villes; autant vous dire qu ils ne se privent pas pour en abuser largement jusqu à traiter ouvertement de fascistes toutes personnes n allant pas dans le sens des socialistes ( dernière en date NKM).

Je ne crois pas que nous soyons ds une situation pré-insurectionelle, par contre, il y a un énorme ras le bol, ras le bol que la classe politique ferait bien de prendre en compte.

cordialement

AMMONRUSQ a dit…

Les excès de toutes sortes,c'est vrai qu'il y en marre car l'échiquier politique est assez tordu, aussi je propose que l'on remette la politique à plat car il y a à droite comme à gauche des gens compétents mais qui pour des histoires de familles politiques ne peuvent travailler ensemble.C'est le pays qu'il faut remettre en ordre de marche avec l'intérêt de l'homme au milieux et ne me parler pas de celui-ci ou de celui-là qu'on a déjà vu aux affaires,le pays à besoin de gens nouveaux.
Bon W.E. à toutes et à tous

Kahazara a dit…

"pour voter des lois libertaires, et ainsi de se trouver contrainte de limiter les libertés publiques qui s'expriment contre ces mêmes lois."

ceci est un jugement de valeur de valeur déguisé en une pseudo analyse /critique juridique
Et peu importe la position personnelle sur les lois libertaires effectivement votées par le gouvernement en place, je demande quelles sont les libertés publiques mises a mal pour cela ?

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

J'avoue que votre long commentaire m'a un peu abasourdie.
Vous demandez si le parallèle avec les révolutionnaires de 1793 n'est pas "excessif", et vous vous moquez : "aucune tête n'a été coupée en France".

Cependant n'est-ce pas Vincent Peillon qui en 2008, a publié un ouvrage intitulé : "La Révolution française n'est pas terminée" ?
Ensuite vous nous indiquez que les Institutions protègent le Président. Or je crois avoir déjà traité ici même le sujet des Institutions de la Vème République telles que voulues par le Général De Gaulle qui prévoyaient, le référendum et la dissolution au cas où le peuple se défierait du pouvoir. Ces deux articles ont été abandonnés par les politiques de gauche et de droite qui ont subverti la République à leur seul profit.

Ne croyez-vous pas que dans une démocratie avancée telle que la France prétend l'être, un "changement de civilisation" eût mérité qu'on ait recours au référendum ?
Imaginez-vous un seul instant le Général De Gaulle acceptant de gouverner avec moins de 20% d'opinions favorables ?

Passons sur vos réflexions sur Le Figaro auxquelles, Corto 74 a mieux répondu que je n'aurais su le faire.

Et quant au reste, c'est AMONRUSQ a la bonne réponse quand il dit : "y en a marre".

Oui, les Français en ont marre de ne pas être entendus par leurs dirigeants, et contrairement à ce que vous leur conseillez, ils ne mettront pas la tête dans le sable pendant trois ans !
Au moment où j'écris, les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes sont en train d'essuyer des jets de gaz lacrymogènes à Nantes.
Or Hollande lui-même, a loué l'"esprit de résistance", hier ?
Il se pourrait qu'il soit bien servi !

Très cordialement.

Marianne ARNAUD a dit…

@ Kahazara

Pour répondre à votre question, je me permettrai de vous renvoyer à mon billet intitulé : "Nicolas Bernard-Buss : matricule 404 247", paru le 13 juillet 2013 sur Temps et Contretemps.

André MAMOU a dit…

Incroyable commentaire de Jacques Benillouche qui reconnaît que François Hollande et le gouvernement Ayrault ont échoué . Mais il cherche un responsable : Le Figaro pardi! Il est vrai que le matin, Libération ne paraît plus et que l'après midi Le Monde à mis la clef sous la porte!
Madame Arnaud, je comprends votre ressentiment mais je vous suggère une autre piste : le mariage pour tous et toutes les réformes sociétales n'ont pas été décidées pour " terminer la Révolution" ou par conviction idéologique des trotskistes infiltrés au PS mais dans un but précis : dresser les Français les uns contre les autres .
Il s'agit d'arracher à la droite parlementaire sa partie la plus conservatrice en l'amenant à rejoindre le Front National, François Hollande veut se retrouver au second tour avec Marine Le Pen qui est sa bouée de sauvetage . Je ne pense pas me tromper.
André MAMOU
Tribune Juive

Marianne ARNAUD a dit…

@ schlomo et André MAMOU

Je suis d'accord avec vous, ce que monsieur Benillouche écrit est, en effet, assez "incroyable". Le Figaro, bouc émissaire de tous les malheurs du pays !
Pour essayer de le convaincre qu'il est dans l'erreur, quoi de mieux que de citer Gaétan Gorce, élu socialiste de la Nièvre mitterrandienne, parlant du "pacte de responsabilité" nouvelle lubie de François Hollande : "Il s'agit d'un leurre visant à enfumer la Commission avec laquelle la France a rendez-vous en avril... Ce grand projet n'a pas été conçu pour l'être... Le Président n'a, en effet, ni les moyens ni plus encore la volonté de dégager 50 milliards d'économies supplémentaires."
Ce n'est donc qu'une "remarquable opération de communication".
Une "ingénieuse machine" à diviser le patronat, la droite et même les syndicats afin que François Hollande se trouve face à Marine Le Pen en 2017, seul moyen croit-il, d'être réélu.
Mais comme le dit Marie-Noëlle Lienemann, membre du courant Maintenant la gauche : "Le Président de la République est au plus bas dans la confiance des Français...je veux bien croire que, dans la Vème République, on peut gouverner ainsi... mais ça ne tiendra pas."
On ne saurait mieux dire !