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vendredi 31 janvier 2014

BENYAMIN NETANYAHOU ET L’ÉTAT PALESTINIEN Par Gérard AKOUN




BENYAMIN NETANYAHOU ET L’ÉTAT PALESTINIEN

Par Gérard AKOUN

Judaïques FM



Les différents allers retours effectués par John Kerry n’auraient pas été sans contre coups, du moins, si l’on en juge d’après les différentes déclarations qui ont été faites lors de la Conférence annuelle de l’institut pour les études sur la sécurité nationale (INSS) qui s’est tenue à Tel-Aviv. Benyamin Netanyahou s’y est exprimé mais aussi Mahmoud Abbas dans une interview qu’il a accordée à l’institut et qui a été retransmise par vidéo pendant la conférence.
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Positions inconciliables

Les positions des uns et des autres apparaissent toujours aussi inconciliables mais il semblerait qu’il y ait eu de légères avancées. Le temps du marchandage semble être arrivé. À propos de la sécurité, par exemple, Le premier ministre israélien a rejeté l’hypothèse d’un État binational mais exigé, si un État palestinien était créé, cette possibilité n’étant plus écartée, qu’il  soit démilitarisé.  

Qu’Israël puisse garder, à long terme, 15 ans au moins, des troupes dans la vallée du Jourdain pour garantir sa sécurité. Indirectement, Mahmoud Abbas lui a rétorqué : «dans un délai raisonnable, n’excédant pas trois ans Israël peut procéder à un retrait graduel» il a ajouté «qu’il ne voyait pas de problème à la présence d’une force tierce pendant et après le retrait, pour rassurer Israël et il a estimé que l’OTAN serait l’acteur approprié pour mener cette mission». Benyamin Netanyahou a bien sûr rejeté cette proposition mais c’est la première fois que Mahmoud Abbâs suggère un tel arrangement. Il sera bien sûr intéressant de savoir s’il sera suivi sur cette voie par les siens.
Vallée du Jourdain

Le premier ministre, quant à lui, a fait d’autres propositions qui rentrent dans le cadre de la négociation mais qui sont surtout à usage interne et qui ont créé le trouble, le mot est faible, au sein de sa majorité. La semaine dernière, au forum économique de Davos, il avait évoqué la possibilité, pour un certain nombre d’habitants des implantations qui seraient évacuées dans le cadre d’un accord de paix, de demeurer sur place mais sous souveraineté palestinienne. C’est ainsi qu’il fallait comprendre sa déclaration : «je n’ai l’intention de démanteler aucune colonie, ni de déraciner aucun Israélien».

Juifs en Palestine

Cela paraît logique, des Arabes, malgré les échanges de territoires, demeureraient, quand même, en Israël, pourquoi n’y aurait-il pas de Juifs dans l’État de Palestine ? Je ne pense pas que Benyamin Netanyahou y croit lui-même.  Quels Juifs voudraient y demeurer sans la protection de l’armée israélienne ? Trop de haine a été accumulée pour que cela soit, même, envisageable. Ce n’est qu’une  contre-proposition qui permet de démontrer à l’opinion internationale le sectarisme des Palestiniens qui exigent le démantèlement de toutes les implantations qui resteraient sur leur territoire, et donc l’évacuation de leurs habitants juifs.  Cela fait partie de la guerre d’image que se livrent Israéliens et Palestiniens.

Mais la droite et l’extrême-droite israélienne ne l’ont pas entendu de cette oreille. Naftali Bennett, ministre de l’économie et leader du parti Habayit Hayehudi ainsi que les ministres les plus à droite au sein du Likoud sont montés au créneau pour fustiger les déclarations du premier ministre. Selon Bennett «il aurait perdu la tête et ses valeurs» et il a ajouté «Les pères  de nos pères, nos descendants ne pardonneront jamais à un dirigeant israélien qui divisera notre terre et notre capitale». Je vous en épargne d’autres aussi insultantes qui ont fait dire à Benyamin Netanyahou que Bennett était «un obsessionnel et un impulsif».

Manœuvre préméditée



Le premier ministre a agité un chiffon rouge sur lequel la droite et l’extrême-droite se sont précipitées dans la mesure où elles ne veulent absolument pas d’État palestinien. On ne peut pas écarter l’idée que la manœuvre était préméditée et qu’elle pourrait ouvrir la voie à  un remaniement de la majorité, sur laquelle s’appuie, actuellement, Benyamin Netanyahou. John Kerry doit revenir chercher les réponses des deux protagonistes au  projet d’accord-cadre  qu’il leur avait soumis  et qui trace les grandes lignes d’un règlement définitif du conflit.
Les Israéliens comme les Palestiniens, d’ailleurs, ne sont pas obligés d’accepter les propositions américaines en l’état. Mais ni les uns ni les autres, ne veulent porter la responsabilité de l’échec de ces négociations. On peut donc penser qu’ils seront contraints à rabaisser leurs exigences, mais la partie est loin d’être gagnée. Le scepticisme domine tant chez les palestiniens que chez les israéliens comme le montre deux sondages, l’un israélien l’autre palestinien : 67% des Israéliens, 70% des Palestiniens ne croient pas à la conclusion d’un accord. Et pourtant, un nouvel échec ne ferait qu’aggraver une situation déjà tendue.


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