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mardi 10 décembre 2013

RADIO KOL-ISRAËL : JOHN KERRY USE DE LA MÉTHODE COUÉ




RADIO KOL-ISRAËL : JOHN KERRY USE DE LA MÉTHODE COUÉ

Journal du 8 décembre 2013

Jacques BENILLOUCHE

Au micro de

Annie GABBAI 


Le secrétaire d'État américain John Kerry a entamé le 6 novembre à Jérusalem une mission de bons offices avec des entretiens avec Benjamin Netanyahou pour tenter de sauver les négociations israélo-palestiniennes dans l'impasse. Il a aussi rencontré Mahmoud Abbas à Bethléem.

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Optimisme décalé




Le premier ministre israélien ne semble pas optimiste : il s’est déclaré «inquiet pour le progrès des négociations car les Palestiniens continuaient à créer des crises artificielles ». Malgré plus de vingt rencontres entre négociateurs israéliens et palestiniens, les pourparlers de paix sont voués à l'échec. C’est pourquoi John Kerry intervient comme médiateur pour permettre la signature d’un accord définitif dans les délais imposés de neuf mois.

Sauf à signer un acte a minima, imposé par les Américains, qui n’ouvrirait pas la voie à une paix définitive viable, les Israéliens restent très réservés sur l’imminence d’un accord. Ainsi le vice-ministre israélien des affaires étrangères, Zeev Elkin, reproche aux Palestiniens de «chercher une raison de quitter la table des négociations. Le problème principal, ce n'est pas la construction dans les implantations, mais le refus des Palestiniens de reconnaître Israël comme l'État du peuple juif». 
Zeev Elkin
Le ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman, tout aussi pessimiste, doute que les négociateurs puissent réussir à concrétiser un accord : «Aujourd'hui, la confiance entre les deux parties est proche de zéro mais je pense qu'il est crucial de maintenir le dialogue». En fait, les palabres permettent de maintenir le statu quo.


Exorcisme




De son côté, John Kerry use de la méthode Coué en affirmant qu'Israéliens et Palestiniens «n'avaient jamais été aussi proches de la paix depuis des années». Il veut exorciser les deux parties pour les encourager dans leur mission presque impossible. Il appelle les deux camps à suivre l'exemple de Nelson Mandela en trouvant un terrain d’entente : «Je crois que nous sommes plus près de la paix, de la prospérité et de la sécurité que nous ne l'avons été depuis des années». 

Les négociateurs palestiniens et israéliens, restent sous la pression permanente de John Kerry qui les force à aborder de front les questions qui fâchent. Il en va en effet de son engagement personnel parce qu’il est convaincu que seule une solution au conflit palestinien redorerait le blason des États-Unis au Moyen-Orient et auprès des pays musulmans. C’est pourquoi il n’ose pas s’avouer vaincu au risque d'entacher le second mandat de Barack Obama. 
Verre à moitié plein ou à moitié vide

Mais en imposant le silence aux négociateurs, il crée la suspicion puisque rien ne transpire des réunions bilatérales alors que l’annonce de quelques avancées aurait eu un effet salvateur. Il laisse donc se développer une cacophonie entre Israéliens et Américains qui masque en fait les difficultés qui s’amoncellent des deux bords.


Blocages politiques


En effet Benjamin Netanyahou est confronté à une grande majorité de ses ministres qui refusent la solution à deux États et qui surfent sur la division des Palestiniens pour maintenir le statu quo. Il doit faire face au sein de sa coalition à une opposition de plus en plus déterminée. Les amis de Naftali Bennett, du parti Habayit Hayehudi, souhaitent annexer toute la Cisjordanie en offrant aux Arabes la nationalité pleine et entière, sous réserve de parler et d’écrire l’hébreu et de prouver leur loyauté envers l’État d’Israël en faisant une déclaration  officielle d’allégeance. 
Naftali Bennett

Cette solution n’est certainement pas du goût des Américains. John Kerry n’ignore pourtant pas que le chemin de la paix est pavé d’obstacles car, pour verrouiller encore plus les éventuelles concessions accordées par Tsipi Livni, un projet de loi israélien prévoit qu'aucune négociation sur le statut de Jérusalem ne pourra se tenir avant un vote préalable des deux tiers de la Knesset, soit 80 députés. Sans compter sur la volonté du gouvernement d’entériner tout accord par une décision soumise à référendum.

John Kerry peut toujours claironner que la paix est proche, à portée de main, mais nul n’y voit pour l’instant les prémices.

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