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samedi 16 novembre 2013

L’ALGÉRIE A ÉCHAPPÉ AU PRINTEMPS ARABE Par Aziz KHITOUCHE



L’ALGÉRIE A ÉCHAPPÉ AU PRINTEMPS ARABE

Par Aziz KHITOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

Révolution tunisienne

Si des pays du Moyen-Orient et du Maghreb ont connu des soulèvements populaires surnommés «les printemps arabes» l’Algérie, quant à elle, a été épargnée par ces vents de protestation. Ainsi plusieurs observateurs s’interrogent sur les véritables raisons qui ont conduit les vents du printemps arabe à ne pas souffler sur le territoire algérien, les avis sur cette question sont partagés. 



Des frontières sous haute tension


Les voisins de l’Algérie ont pourtant enregistré plusieurs mouvements durant les trois dernières années. En Tunisie, la révolution du Jasmin annonçait les couleurs du changement dans la région. En effet le peuple tunisien était le tout premier à se soulever contre le régime dictatorial de Zine El-Abidine Ben Ali, qui n’a pas pu résister trop longtemps face à la pression populaire.
Révolution libyenne

Après l’Egypte et la Syrie au Moyen-Orient, le tour est venu pour un autre voisin de l’Algérie, la Libye, longtemps dirigée par le dictateur Kadhafi qui n’a pas hésité à tirer sur la foule à balles réelles pour réprimer les manifestants. Bien que l’Algérie ait longtemps hésité avant de reconnaître le nouveau gouvernement tunisien, issu de la révolution, et le Conseil National de Transition (CNT) Libyen, elle a fini par coopérer avec ces deux instances dans le souci d’assurer la sécurité de ses frontières.

Notons que les relations entre le gouvernement algérien et le CNT Libyen ont été perturbées à plusieurs reprises. En effet la décision d’Alger d’accueillir sur son territoire Aïcha Kadhafi, fille du dictateur déchu, ainsi que des membres de sa famille, a provoqué l’embarras des nouvelles autorités libyennes qui exigeaient leur comparution devant la justice à travers une procédure d’extradition à Tripoli. 


Manifestations encerclées


La police algérienne encercle des manifestants


Suite aux changements intervenus en Tunisie et en Libye notamment, certaines figures de l’opposition algérienne ont tenté de s’organiser pour obtenir pacifiquement un changement. C’est dans cette esprit que la Coordination Nationale du Changement Démocratique est  née. La CNCD était composée de partis politiques, d'associations, de militants des droits de l’homme et de syndicalistes. Ainsi des réunions et des rassemblements réguliers ont été organisés au niveau d’Alger et dans d’autres villes.

En effet la CNCD a tenté de maintenir la pression sur le pouvoir en place en organisant des rassemblent populaires tous les samedis. Mais la résistance des organisateurs n’a pas tenu longtemps devant l’intervention des services de l’ordre à ces manifestations, ce qui a empêché une large mobilisation citoyenne. Les principaux leaders de la CNCD ont dénoncé à maintes reprises des répressions exercées contre ces manifestations pacifiques. 


Réformes superficielles


Prenant conscience des bouleversements régionaux qui l’entouraient, le gouvernement algérien a anticipé les conséquences de la révolution en annonçant des mesures de réformes superficielles. Il a été question notamment d’un décret présidentiel qui stipulait la levée de l’état d’urgence, instaurée au pays depuis 1992, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. L’autre mesure était d’autoriser l’activité de plusieurs formations politiques sachant que la procédure de délivrance de nouveaux agréments aux partis politiques avait été gelée depuis 1999. Ces nouvelles réformes n’avaient pas satisfait l’opposition démocratique qui trouvait dans cette ouverture, un prétexte qui visait à faire face aux multiples pressions que le régime algérien subissait suite aux révolutions qui ont secoué plusieurs pays arabes.  


L’Algérie a déjà vécu son printemps


Manifestation du 5 octobre 1988 en Algérie


Répondant à certaines critiques sur la nature du régime politique algérien, des personnalités proches du gouvernement, ont tenu à rappeler les événements d’octobre 1988, comme argument pour expliquer la non-propagation des révolutions arabes sur l’Algérie. Il s’agit d’une totale contradiction en matière d’argumentation, nous explique un dirigeant d’un parti de l’opposition démocratique en Algérie, avant de rajouter que ces mêmes événements qui ne sont ni reconnus ni célébrés par l’Algérie officielle, sont utilisés aujourd’hui pour défendre le régime.

Rappelons que les événements du 5 octobre 1988, ont été marqués par une large protestation populaire au niveau de la capitale Alger et de plusieurs régions du pays, des événements qui ont provoqué la proclamation de l’état de siège, l’effondrement du Front de Libération National (FLN) comme Parti unique, ainsi que l’ouverture médiatique et le pluralisme politique. Cependant, malgré ce pluralisme politique survenu depuis plus d’une vingtaine d’années et malgré la levée de l’état d’urgence, le régime algérien est appelé à se démocratiser davantage.

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