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samedi 2 novembre 2013

GÉRARD DE VILLIERS : L’HOMME DES SERVICES SECRETS



GÉRARD DE VILLIERS : L’HOMME DES SERVICES SECRETS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


Gérard de Villiers, qui est mort le 31 octobre 2013, était réputé pour avoir des liens avec certains services de renseignements et des diplomates qui le fournissaient en renseignements, souvent dans un but intéressé parce qu’ils y trouvaient un moyen de diffuser des données de première main de manière indirecte et non conventionnelle. Il était devenu l’homme le mieux renseigné du monde qui exploitait certaines révélations à des fins commerciales. Il avait fait un travail précis de journaliste d’observation qui servait à ceux qui se rendaient dans les villes qu’il traversait en raison des détails qui émaillaient ses récits. Il voyageait beaucoup et il rencontrait beaucoup de personnalités dans le monde ce qui faisait de lui une source d'informations inédites.

Cliquer sur la suite pour écouter l'interview par Ardisson



Mossad


Il avait eu des liens étroits avec certains membres du Mossad qui le manipulaient à la fois pour obtenir des informations précieuses glanées au cours de ses voyages et aussi pour l’intoxiquer. Des informations avaient par ailleurs circulé qu’Alexandre de Marenches, chef  du contre-espionnage français, s’était lié avec lui au point d’être tenu pour une de ses sources en même temps que le Mossad.

Alexandre de Marenches

En effet, il avait écrit en 1980 un roman où il racontait comment des militants islamistes avaient assassiné le président égyptien, un an avant qu’Anouar Al-Sadate soit réellement assassiné. Il n’a jamais confirmé l’origine de ses informations se bornant à expliquer : «Les Israéliens savaient que ça allait arriver. Et ils n’ont rien fait.» On n’a jamais su si Israël cherchait en fait à empêcher l’assassinat par le biais d’un écrivain réputé pour ses sources fiables.

Par ailleurs dans son essai «La liste Hariri», consacré à l'assassinat du premier ministre libanais en février 2005, il avait publié les détails du complot ourdi par la Syrie et réalisé par le Hezbollah. La liste des membres du commando était révélée ainsi que les méthodes utilisées par le Hezbollah pour éliminer les témoins potentiels. Des renseignements aussi précis ne pouvaient venir que de bonne source, israélienne bien sûr.  

Dans un autre roman «Le chemin de Damas», il décrit précisément l’attaque d’un centre de commandement syrien, un mois avant qu’un attentat contre le bâtiment de la Sécurité nationale ne décime en juillet 2012 plusieurs proches de Bachar Al-Assad. Il avait aussi décrit dans son livre, avec précision, la tentative ratée de coup d'État montée par les services secrets américains et israéliens. Cela n’avait pas plu aux Israéliens qui lui ont tenu rigueur et qui l’ont boudé depuis ce temps-là. 


Adversaire d’Israël



Il s’est alors certainement rendu compte qu’il était manipulé par le Mossad et il décida de tourner sa veste et de devenir un adversaire farouche d’Israël dans le cadre de relations ambiguës. Dans un article publié le 6 juillet 2012, il avait accrédité la thèse de l’empoisonnement de Yasser Arafat par les services secrets israéliens parce qu’il «était le symbole de la cause palestinienne». Il confortait sa thèse sur «la haine aveugle, irrationnelle parfois, enracinée au cœur des dirigeants israéliens.» Il estimait qu’il fallait abattre à tout prix le leader palestinien après avoir «contribué puissamment à la naissance du Hamas, uniquement pour affaiblir l’OLP». Il a ainsi accusé les Israéliens de vouloir abattre Yasser Arafat car «l’élimination physique des adversaires politiques est un dogme constant et officiel de la politique israélienne».
Mahmoud El-Mabhouh

Il a par ailleurs pointé du doigt le Mossad pour l’assassinat à Dubaï de Mahmoud Al-Mabhouh, fournisseur d’armes du Hamas. Il avait aussi condamné l’empoisonnement en Jordanie du leader palestinien Khaled Mechaal. Après avoir exploité dans ses romans les actions des services de renseignement israéliens, il s’est mis à fustiger les méthodes du Mossad «qui a longtemps utilisé un produit maison pour liquider des Palestiniens : du dentifrice au Thallium. Ce produit, hautement toxique, tue lentement. Ce qui fait que la cible s’empoisonne lui-même tous les matins en se brossant les dents…. » 
La rupture était consommée et il semble que sa source de renseignements se soit subitement tarie.

Une vidéo de Gérard de Villiers chez Ardisson 

http://www.ina.fr/video/I09127144


4 commentaires:

Jean CORCOS a dit…

Un article très bien documenté ... je ne lisais plus les S.A.S depuis longtemps. A mon souvenir, le seul où il avait évoqué Israël datait du début des années 1980, et le portrait du pays n'était pas très flatteur ; j'ai toujours senti un malaise dans sa façon aussi d'évoquer les Arabes, réaliste quant à ce qui concerne la violence des dictatures ou des terroristes, raciste quand il s'agissait de décrire les simples gens. Au fond, fidèle à ses convictions très à droite, De Villiers ne devait aimer ni les uns ni les autres : à méditer par certains dans notre communauté !

Sitbon a dit…

Après la Guerre,des Six jours De Villiers avait publié un roman intitulé " À l'ouest de Jérusalem "
Je l'ai acheté alléché par le titre.
L'action se passait en fait au Caire. À l'ouest de Jérusalem !

Pat Quartier a dit…

Malko frequentait donc du beau Linge.
Qui va terminer les travaux dans le chateau a present? Quelle tuile!
Plus serieusement, et de memoire ses premiers SAS etaient pro-israeliens et apres l'auteur a vire de bord pour devenir pro arabe.
Ce faisant il s'est mis comme tous les moutons dans l'air du temps estimant qu'il etait sans doute plus interessant commercialement de suivre la meute.
Ce glissement m'a fait delaisser les SAS ayant decouvert parallelement le magazine Playboy afin de poursuivre mes recherches ophtamiques, histoire de determiner si les mannquins en presentation avaient elles aussi des yeux jaunes qui virent ovaire.
Bien sur ma moralite etant au dessus de tout soupcon, il n'a jamais ete question-je le jure-d' assouvir les fantasmes de surveillance de la gente feminine en secret sans les Services du Prince a la recherche des cheques et des Cheiks.

Anonyme a dit…

Un journaliste sérieux ne peut pas considétrer Gérard de V. comme une source fiable. J'ai été témoin dans mon pays de résidence,dans les années 1970, de la manière dont il prétendait s'informer: il n'a pas mis les pieds hors du plus luxueux hôtel du pays et avait comme unique relation un ami un compatriote traficant de drogue, interpellé quelques mois plus tard à Paris.