ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mardi 5 novembre 2013

CHRÉTIENS D’ALGÉRIE : UNE EXISTENCE DIFFICILE Par Aziz KHITOUCHE



CHRÉTIENS D’ALGÉRIE : UNE EXISTENCE DIFFICILE

Par Aziz KHITOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

Eglise Notre-Dame d'Afrique à Alger

Bien qu’elle soit minoritaire et presque invisible dans le paysage public, la communauté chrétienne d’Algérie ne cesse de faire parler d’elle. Dans un pays considéré comme «arabe» et à majorité musulmane, les disciples de Jésus en Algérie éprouvent de nombreuses difficultés dans la pratique de leurs rituels religieux. Si un certain nombre d’associations chrétiennes sont agréées par les autorités publiques, la question de l’intégration de cette communauté au sein de la société demeure compliquée pour des différentes raisons.



L’islam, religion l’État


Chrétiens d'Algérie durant un office


Si la loi la plus suprême en Algérie, la Constitution, garantit la liberté de conscience et le principe des libertés fondamentales, le deuxième article de la constitution, indique clairement que la religion de l’État est l’islam. La nouvelle ordonnance présidentielle de 2006, portant sur les règles et conditions d’exercice des rituels religieux pour les non musulmans, contient selon plusieurs membres de la communauté chrétienne, des restrictions sur les activités religieuses des non musulmans. Si le ministère des affaires religieuses affirmait qu’il ne s’agit que de régulariser certaines associations et de les mettre en conformité avec la loi, plusieurs observateurs trouvent cette loi sévère à l’égard des Chrétiens d’Algérie, puisqu’ils sont les premiers concernés par ce nouveau dispositif juridique.

En effet, ce texte de loi prévoit une nouvelle procédure administrative, lorsqu’il s’agit de l’ouverture d’un nouvel édifice religieux non musulman ; un avis d’une commission nationale est requis, ainsi qu’une autorisation préalable. La même loi prévoit une peine d’emprisonnement de deux à cinq ans et une amende de 5.000 euros à 10.000 euros, contre quiconque qui incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion, peut-on lire dans l’article 11 de l’ordonnance numéro 06-03 du 28 février 2006, fixant les conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulman. 
Bouabdallah Ghlamallah

S’exprimant suite à certaines critiques, le ministre des affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamallah avait nié toute forme de restriction à l’encore de cette communauté, avant de révéler l’existence d’une quinzaine d’églises qui fonctionnent dans la clandestinité en Algérie. Selon un observateur, la question de recensement et de la protection des édifices de culte non musulman était l’argument principal de la mise en place de cette ordonnance qui a suscité de vives polémiques, depuis sa mise en application. 


Poursuites judiciaires



Durant les trois dernières années, de nombreux Chrétiens ont comparu devant la justice pour différentes accusations. Ainsi dans son rapport annuel 2012, Amnesty International affirme que des Chrétiens ont été persécutés pour exercice de culte sans autorisation. Le même rapport rappelle le cas d’Abdelkrim Siaghi, un musulman converti au christianisme, qui a été déclaré coupable, par un tribunal de l’ouest du pays, pour «offense au prophète Mahomet», avant qu’il ne soit libéré par le même tribunal. 
Habiba Kouider

L’une des affaires qui a fait couler beaucoup d’encre, ces dernières années, reste le cas d’Habiba Kouider, cette jeune femme de 37 ans, interpellée en possession de bibles et d’évangiles. Elle a été accusée de «pratique d’un culte non musulman, sans autorisation». Si une peine de 3 ans d’emprisonnement a été requise au cours du procès qui a attiré plusieurs journalistes, le verdict dans cette affaire a été reporté en attendant «un complément d’information». Notons que l’arrestation d’Habiba Kouider a relancé le débat sur les libertés religieuses en Algérie ; plusieurs associations de défense des droits de l’homme, ainsi que des avocats lui ont démontré soutien et solidarité. 


Un avenir flou

Mustapha Krim, président EPA


Composée d’une majorité protestante, regroupée autour de l’Église protestante d’Algérie (EPA), la communauté chrétienne reste minoritaire au prorata du nombre global des habitants en Algérie. Des statistiques non officielles les estiment entre 30.000 et 70.000 personnes. Si des églises sont autorisées à l’ouest du pays, la majorité des chrétiens se concentre en Kabylie et au niveau de Tizi-Ouzou et de Bejaïa notamment.

Selon un membre de la communauté chrétienne, l’ouverture de nouveaux temples de prières est subordonnée à une démarche administrative lente et fatigante. En plus des autorisations requises pour ce type d’édifice, la nouvelle loi de 2006 impose l’avis préalable d’une commission nationale de l’exercice des cultes, une structure créée auprès du ministère chargé des affaires religieuses.

«L’avenir des chrétiens en Algérie, reste flou et incertain, car devant cette évolution juridique et un système administratif bureaucratique, les Chrétiens ont le choix entre la disparition ou le repli sur soi-même» conclut un observateur.

1 commentaire:

Florica RUDINESCU a dit…

Habiba Kouider en possession des bibles et evangiles? Aurait-elle eu l'intention de missioniser et convertir des musulmans? Si c'était le cas il faudrait prendre la peine de l'informer qu'elle met les nouveaux convertis en danger de mort car chez les muslims le châtiment à l'apostasie est rien de moins que la peine de mort. Les missionnaires et les assoss droidel'hommistes qui les appuient en sont informés?