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jeudi 21 novembre 2013

BILAN MITIGÉ DE LA VISITE FRANÇOIS HOLLANDE






BILAN MITIGÉ DE LA VISITE FRANÇOIS HOLLANDE

Jacques BENILLOUCHE
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Est l’invité du journal de
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Eva SOTTO

François Hollande à la Knesset

François Hollande était arrivé en Israël avec plusieurs handicaps. Il devait combler le fossé existant entre les politiques israéliennes et françaises. Il rêvait de rétablir l’idylle historique des années 1950-60 avec les socialistes dans les domaines militaire, nucléaire et industriels. Or dans ces trois domaines, la collaboration avec la France avait pris un tel retard que la mission de François Hollande semblait désespérée. Au terme de sa visite, le bilan reste cependant mitigé.

Cliquer sur la suite pour écouter l'émission et voir un extrait du discours de François Hollande devant la communauté française



Deux phrases significatives

Le discours de François Hollande à la Knesset a été le moment le plus émouvant de sa visite parce que le président français, que ses adversaires qualifient de mauvais tribun, a été un excellent orateur attirant souvent l’émotion. Deux phrases résument à elle seule à la fois ce discours et les trois jours du président français en Israël :
- La première concerne Israël qui est selon lui «une nation startup, l’un des champions mondiaux du numérique et de l’innovation. C’est le pays qui dépense le plus, donc le mieux, pour la recherche». François Hollande tenait à souligner le fait qu’un pays, qui n’avait rien et qui ne partait de rien, avait réussi à se hisser au sommet des pays occidentaux. Il n’y avait pas de jalousie dans ses propos mais des regrets que la France n’ait pas pris avec conviction le train de l’innovation qui permet une croissance permanente.
Construction dans les implantations
- La seconde phrase concerne les Palestiniens qui ont eu droit à être rassurés : «La position de la France est connue : Deux États pour deux peuples, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec Jérusalem comme capitale des deux États. Pour parvenir à un accord, la France demande l'arrêt total et définitif de la colonisation» mais Hollande n’a pas oublié de lancer une petite pique sinon en direction de Netanyahou, du moins en direction des nationalistes juifs : «Ceux qui défendent le statu quo font le calcul qu'il n'y aura jamais la paix». Cette phrase n’a pas entrainé de levée de bouclier de la part des députés qui sont restés imperturbables comme s’ils se sentaient déjà résignés. On se souvient que du temps de Nicolas Sarkozy certains avaient quitté ostensiblement la salle. Netanyahou et Lieberman, assis côte à côte, n'ont manifesté aucun signe réprobateur.

Bilan en double teinte

            Quel bilan peut-on en tirer ? Plutôt un bilan en double teinte. Il est difficile de ne pas faire de comparaison entre cette visite d’État et celle de Barack Obama. Certaines chaines israéliennes de télévision se sont montrées discrètes dans la retransmission du séjour de François Hollande. À l’aéroport Ben Gourion, Netanyahou et Hollande avaient l’air crispés, rigides dans leur costume noir, et cela jurait avec la décontraction d’Obama et de Bibi déambulant en bras de chemise sur le tarmac de l’aéroport. Cela tient certainement à la mentalité américaine. Mais dans les discours prononcés, le tutoiement entre les deux  dirigeants dénotait une atmosphère détendue. Ainsi, les relations bilatérales sont passées de la courtoisie à l’entente tandis que l’amitié franco-israélienne est à nouveau en marche.
Il n’y a eu aucun incident mais il faut souligner que la courtoisie n’a pas été de mise du côté israélien alors qu’il s’agissait d’une visite d’État, le plus haut niveau protocolaire. Ainsi plusieurs ministres israéliens, et non des moindres, ont boycotté le diner de gala organisé par le ministère israélien des affaires étrangères en l’honneur des six ministres français qui accompagnaient François Hollande. Le ministre des finances Yaïr Lapid, le ministre des sciences Yaakov Peri, le ministre de l’énergie Sylvain Shalom, le vice-ministre Intérieur Faina Kirschenbaum, et d’autres vice-ministres se sont décommandés pour des motifs indignes de dirigeants politiques responsables. D'ailleurs pour remédier à ces absences, Netanyahou a dû envoyer en catastrophe le ministre Youval Steinitz pour combler les vides.

Iran


Usine d'Arak

François Hollande a formulé «quatre exigences de la France pour un accord intérimaire» sur le programme nucléaire iranien :
1/ Mettre l'intégralité des installations nucléaires iraniennes sous contrôle international
2/ Suspendre l'enrichissement d'uranium à 20 %.
3/ Réduire le stock existant.
4/ Arrêter la construction de la centrale d'Arak.
Mais la déception israélienne vient de ce que François Hollande n’a pas usé de langage guerrier. Il n’a rien dit sur les mesures militaires qui pourraient être prises si l’Iran ne se conformait pas à ces impératifs. Aucun plan de collaboration militaire avec Israël n’a été établi, à moins qu’il ne figure dans des textes secrets. Les Israéliens auraient voulu que la France menace ouvertement de mettre ses Rafale à la disposition d’une armada punitive  contre les usines nucléaires iraniennes. Certes la menace aurait été symbolique mais la dissuasion aurait été réelle. Or François Hollande a bien fait comprendre qu’il n’était pas un va-t-en-guerre et qu’il privilégiait la diplomatie de l’Onu. On est donc loin de la Campagne de Suez de 1956 contre le dictateur égyptien Nasser.
Rafale
 
C’est pourquoi les Israéliens estiment qu’il faut relativiser cette amitié franco-israélienne retrouvée. La France et François Hollande sont certes les amis d’Israël mais les milliards de dollars viennent des États-Unis qui, contrairement à la France, n’hésitent jamais à opposer leur veto au Conseil de sécurité de l’ONU.

Économie frileuse

Sur le plan économique, la collaboration sur le nucléaire civil est au point mort. Dimona est bien loin. Pourtant, Nicolas Sarkozy avait envisagé sérieusement, en 2010, d'aider Israël à construire une deuxième centrale nucléaire civile pour produire de l’électricité. Le ministre Uzi Landau avait confirmé à la conférence internationale sur le nucléaire civil à Paris, en mars 2010, qu’il était en discussion avec le ministre de l’énergie de l’époque, Jean-Louis Borloo. Mais devant le tollé des pays arabes face à une telle décision, la France a préféré planifier cette nouvelle usine en Jordanie, qui d’ailleurs ne s’est pas réalisée. La situation ne semble pas se débloquer pour relancer le nucléaire civil avec la France.
Usine nucléaire civile en Finlande
La quarantaine de dirigeants d’entreprises qui ont fait le déplacement ne peuvent se prévaloir de résultats probants. Certes ils restent encore frileux quand il s’agit de commercer avec Israël car ils risquent gros avec les pays arabes. Alors les Français ont raclé leurs fonds de tiroir pour trouver quelques accords modestes à signer. Il ne s’agit ni de la construction d’un TGV, ni de joint-venture sur les drones mais seulement d’un partenariat entre la SNCF et Israël Railways pour le développement et la modernisation des chemins de fer israéliens tandis qu’Alstom se chargera, dans le domaine ferroviaire, de la modernisation du matériel roulant. Certes des projets culturels et universitaires vont être lancés mais le président nous a bien précisé que les budgets français étaient réduits. Pour le reste on se contentera de promesses et de vœux pieux. 
Caricature de Kichka

Mais le résultat le plus important de cette visite restera la volonté de François Hollande de raviver une ancienne amitié. Les dirigeants et les diplomates vont à nouveau se parler avec comme point de mire souhaitée, l'invitation en France du ministre des affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman, toujours persona non grata en Europe.

Merci à Denis Kassel pour cette vidéo sur la conclusion du discours de François Hollande devant la communauté française


1 commentaire:

邓大平 עמנואל דובשק Emmanuel Doubchak a dit…

Toujours est-il qu'il est préférable de voir les relations franco-israéliennes sous la lumière douce des propos de Hollande que sous la lumière crue de Chirak, dont la politique étrangère était étrangement celle de certains de ses amis et bienfaiteurs privés du monde arabe.