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vendredi 8 novembre 2013

ARAFAT : QUESTIONS SUR UN ÉVENTUEL ASSASSINAT



ARAFAT : QUESTIONS SUR UN ÉVENTUEL ASSASSINAT

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
         
 
Souha et Yasser Arafat

          Des questions légitimes peuvent se poser sur les raisons de la mort de Yasser Arafat. L’assassinat est certes une des causes probables car on lui connaissait beaucoup d’ennemis, en plus d’Israël. L’autopsie effectuée par des scientifiques suisses révèle que du polonium, 18 fois le niveau normal d’éléments radioactifs, a été trouvé dans le système osseux de Yasser Arafat. Cela accrédite, selon eux à 83%, la thèse que le défunt leader palestinien a été empoisonné avec cet élément sans que le commanditaire puisse être désigné avec précision. Il est difficile de mettre en cause la fiabilité du Centre universitaire de médecine légale à Lausanne mais de nombreuses interrogations sèment le doute dans l’esprit. Les résultats des laboratoires russes et français sont attendus pour infirmer ou confirmer l’assassinat. 



Revirement de Souha

Nasser Al Qidwa


            La première interrogation concerne le revirement inexpliqué de la veuve Souha Arafat qui a été l’instigatrice de ces nouvelles procédures. Il n’est pas impossible que ses relations tendues avec les dirigeants palestiniens l’aient poussée à contrecarrer leurs attaques sur ses détournements du trésor d’Arafat. Des raisons politiques pourraient expliquer les raisons qui ont poussé la veuve à exhumer une affaire vieille de neuf ans. En effet se profile la succession de Mahmoud Abbas alors que le neveu du raïs palestinien, Nasser Al Qidwa,  semble selon elle le plus légitime pour lui succéder. Les liens entre la veuve et le neveu sont très étroits pour justifier l’opportunité de revenir au pouvoir avec, à la clé, les millions de dollars qui sont versés à l’Autorité palestinienne par les Occidentaux. Son trésor de guerre a dû s'épuiser compte tenu de son train de vie.  

            La crédibilité sur la recherche de la vérité aurait été plus grande si la famille ne s’était pas opposée à la publication du rapport médical de l’hôpital français Percy décrivant avec détail les circonstances de son décès. La famille a interdit par ailleurs l’autopsie du corps qui aurait pu permettre des analyses biologiques approfondies. Le rapport médical ne suffisait pas à établir scientifiquement les causes de la mort. 

Hôpital d'Instruction des Armées Percy


          Seule l’autopsie pouvait mettre fin aux différentes rumeurs de mort par cirrhose du foie ou par le sida. Effectuée par une autorité militaire française légale, elle aurait eu plus de poids qu’une analyse faite par un laboratoire privé, sous les ordres de ceux qui le financent. Souha Arafat avait interdit aux dirigeants palestiniens l’accès de la chambre l’hôpital où agonisait Arafat et avait exigé de modifier certains termes du rapport médical en imposant ensuite le black-out total sur sa diffusion, donnant ainsi l’impression qu’il y avait quelque chose à cacher. En faisant le vide autour d'elle, elle accrédite l'idée d'une possible manipulation.



Le magot d’Arafat



C’était en effet l’époque où l’Autorité palestinienne faisait des efforts pour récupérer le magot d’Arafat, réparti auprès de plusieurs banques internationales. Des indiscrétions révèlent que dix millions de dollars auraient été proposés à Souha Arafat en échange de sa tranquillité et certainement de sa sécurité. Elle s’était installée, avec ce magot et avec sa fille, en Tunisie où elle avait bénéficié de la protection du couple Ben Ali. Mais l’entente fut de courte durée puisqu’elle a été expulsée pour de sombres affaires d’argent, après avoir vu ses biens confisqués.
La Mouqata à Ramallah

La mise en cause d’Israël dans cet éventuel assassinat se fonde sur le fait qu’Arafat avait été cloitré, depuis 2001 jusqu'à sa mort en novembre 2004, à la Mouqata de Ramallah alors qu’il restait en permanence sous la surveillance des soldats israéliens. Mais l’empoisonnement aurait pu être le fait de toute personne complice de son entourage qui avait intérêt à l’éliminer, soit sur incitation du Mossad ou de la CIA très impliqués en Cisjordanie, soit sur instigation d’un clan palestinien opposé à la gouvernance de l’époque. Les rivalités palestiniennes s’affirmaient au grand jour et déjà le Fatah et le Hamas étaient frères ennemis.

Les médecins français ont été incapables de diagnostiquer les causes du coma de Yasser Arafat et n’ont pas été autorisés à divulguer son dossier médical ce qui a renforcé les spéculations sur la cause de sa disparition rapide. Mais il semble bien qu’il existe aussi un blocage gouvernemental français sur la divulgation de pièces importantes du dossier bien qu’à l’époque déjà la thèse de l’empoisonnement était sur toutes les lèvres des responsables palestiniens proches de Yasser Arafat.



Polonium russe




Le polonium, métal qui se trouve dans le minerai d’uranium, n’a aucune action dangereuse au contact de la peau ou en dehors du corps humain. Il devient un poison s’il est ingéré avec de la nourriture, liquide ou solide, ce qui implique une complicité au sein de ceux qui étaient chargés de préparer les repas du leader palestinien. Il fallait beaucoup de précision pour que seule l'alimentation d'Arafat soit visée alors que des centaines de personnes vivaient à la Mouqata. 
Le polonium est un poison régulièrement utilisé par les services russes. Alexander Litvinenko, ancien officier du KGB dissident, avait été assassiné à Londres en 2006 alors qu’il avait obtenu l’asile politique. Son thé avait été empoisonné avec du polonium, produit très rare qui ne peut s’obtenir qu’auprès des puissances nucléaires. La Russie est l’un des rares producteurs de polonium dans le monde. Cela pourrait expliquer qu’elle sème le doute sur la présence de cette matière dans le corps d’Arafat car sa responsabilité serait alors toute engagée.
Alexander Litvinenko

Les rivaux palestiniens d’Arafat avaient autant d’intérêt à son élimination qu’Israël qui a toujours démenti être impliqué dans la maladie d’Arafat. Le leader n’était plus une cible potentielle pour les Israéliens qui n’avaient plus de raison de mettre fin à son pouvoir. Il avait perdu sa crédibilité et son pouvoir politiques et était contesté au sein même de son parti. 
Yasser Arafat et le leader du Hamas

Déjà se profilaient les rivalités politiques avec les islamistes qui s’activaient pour prendre le pouvoir en Cisjordanie et à Gaza. Ils étaient bien placés pour recevoir l’aide de la Syrie, alliée des Russes, pour anticiper la fin du régime d’Arafat grâce à du polonium fourni par les Syriens. Une enquête étroite au moment de sa mort, à l’ère des enregistrements téléphoniques, des mails, et des opérations bancaires, aurait pu faire la lumière sur ceux qui ont commandité le crime.

Neuf années après, il est difficile de retrouver les témoins. Il ne reste plus que des supputations pour expliquer cette fin tragique. Mais cependant une certitude, la disparition d’Arafat a soulagé ceux qui voyaient en lui un blocage systématique dans le conflit israélo-palestinien. Quel que soient les résultats des analyses, l'affaire Arafat restera une affaire purement interne aux Palestiniens. 

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