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mardi 15 octobre 2013

YAÏR LAPID RÉAPPARAIT SUR LA SCÈNE POLITIQUE



YAÏR LAPID RÉAPPARAIT SUR LA SCÈNE POLITIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps



En août 2013 nous nous étions posé la question de savoir où était passé le centriste Yaïr Lapid, le défenseur des classes moyennes et le pourfendeur des juifs orthodoxes. Il avait disparu des écrans radars des médias. La discrétion du ministre, étonnante après ses gesticulations durant la campagne électorale, donne l’impression qu’il ne personnifie plus qu’un leurre d'un centrisme à la sauce israélienne.



Opportunisme politique



Mais il semble qu’il veuille à présent surfer sur l’isolement de Benjamin Netanyahou après la décision de Barack Obama de reprendre les relations avec l’Iran. Alors, à travers des déclarations sur des sujets importants, il a décidé de revenir en première ligne sur la scène politique. Après une retraite politique qui l’a éloigné des micros, il a exploité l’opportunité politique que lui ont laissée les péripéties de l’ONU. Lapid se positionne à présent en candidat putatif au poste de premier ministre. Il le fait en laissant entendre un autre son politique que celui qui est diffusé par le gouvernement. Il veut à présent afficher clairement ses ambitions.

Il s’est d’abord exprimé sur le problème palestinien avec la ferme volonté de se distinguer de celle de la majorité des partenaires de la coalition. Pour cela, il n’a pas utilisé la langue de bois : «Je suis entièrement en faveur de la solution à deux États, israélien et palestinien. C'est la seule et unique solution. Je suis convaincu que c'est celle qui va finalement prévaloir. Je sais aussi que nous ne pouvons pas ignorer les précédentes négociations, et tout le monde sait de quoi je veux parler : les blocs de colonies resteront en Israël, Jérusalem restera israélienne, mais nous savons que la grande majorité des territoires sera rendue, donc que beaucoup de colonies seront évacuées.» Il a été accusé par ses adversaires nationalistes de choisir un langage que n’aurait pas désavoué la gauche. 

Sa prise de position a pour but de consolider l’action actuelle de Tsipi Livni qui négocie en secret avec les Palestiniens. Il sait que la chef du parti Hatnuah lui sera utile le jour où il constituera un nouveau gouvernement. Il s’agit aussi pour lui de prendre le contrepied de la position de son concurrent Naftali Bennett qui a clairement confirmé qu’il refusait toute création d’un État palestinien. 
Pour ceux qui n’auraient pas compris l’incidence de sa stratégie, il a enfoncé le clou : «Je crois profondément au processus de paix, et aussi dans l'importance de la classe moyenne israélienne, qui comme partout dans le monde, connaît une crise globale en voyant son pouvoir d'achat se réduire. En tant que ministre des Finances et en tant que représentant du parti Yesh Atid, je ne pense pas qu'il soit judicieux de dépenser de l'argent dans des colonies qui seront évacuées».

Il s’est élevé contre la volonté de Netanyahou d’imposer aux Palestiniens de reconnaitre Israël comme État juif : «Je dis qu'il y a désaccord entre moi et le Premier ministre sur la question de l'État juif. Mon père n'est pas venu à Haïfa du ghetto de Budapest afin d'obtenir la reconnaissance de président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas. Nous sommes juifs, parce que nous le souhaitons. Ce n’est pas aux Palestiniens de le reconnaitre. Il suffit que nous le reconnaissions nous-mêmes».

Suite du discours de l’ONU

Yaïr Lapid avec Jo Biden


Yaïr Lapid a ainsi tenu à mettre ses pas dans ceux de Benjamin Netanyahou en se déplaçant aux États-Unis quelques jours après le discours à l’ONU du 1er octobre. Il a rencontré à la Maison Blanche le vice-président Joseph Biden avec, au menu, les négociations avec l'Iran et les Palestiniens. Il a profité des réunions annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, pour rencontrer des membres du Congrès et ceux de l'Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient.

Il a pris la parole à l’institut de Washington, le 10 octobre, pour préciser que la priorité de son agenda diplomatique restait la négociation avec les Palestiniens et que le problème iranien venait au second plan. Il a tenu à affirmer ainsi une stratégie opposée à celle de Benjamin Netanyahou comme s’il voulait démontrer aux Américains qu’ils avaient, avec lui, une solution de rechange, une alternance politique crédible. Il a martelé que «le problème israélo-palestinien est la clé» donnant l’impression qu’il se situait, au moins sur cette question, dans le camp de la gauche. Il a surtout compris que l’attaque de l’Iran était remise aux calendes grecques par les Américains qui sont sur la voie d’un arrangement sur le problème nucléaire.



L’Iran au second plan



Yaïr Lapid a tenu à se distinguer en critiquant la décision du premier ministre israélien d’interdire à ses ministres d’assister au discours de Rohani à l’ONU. Il avait qualifié ce boycott d'erreur :«Refuser d'écouter le discours de Rohani et sortir de l'Assemblée générale n'est pas pertinent pour la diplomatie actuelle, qui rappelle la manière dont les pays arabes ont agi envers Israël. Quand ils parlent, il faut les écouter».

Malgré cela, il est resté ferme sur le nucléaire iranien. Pour lui et contrairement à Netanyahou, il ne veut pas aborder la question des pourcentages d’enrichissement car il n’accepte ni centrifugeuses et ni plutonium qui ne contribuent pas à un nucléaire à des fins pacifiques.  Il expose un point de vue différent sur ​​l'Iran en donnant l’impression qu’il regrette de ne pas avoir reçu le portefeuille des affaires étrangères. Il prône les actes plutôt que les mots : «Lorsque le réacteur à Qom sera fermé, quand ils arrêteront l'enrichissement d'uranium, alors nous pourrons discuter le fait de savoir si nous pouvons tous nous tenir la main et chanter alléluia ensemble. Je suis heureux d'écouter toute la musique nouvelle en provenance de l'Iran  mais cela doit être soutenu non seulement par des paroles mais aussi par des actes».

Yaïr Lapid montre déjà qu’il s’est mis en orbite pour la course au poste de premier ministre face à un Benjamin Netanyahou affaibli.





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