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mardi 29 octobre 2013

TUNISIE : LE RÔLE AMBIGU DE L’ALGÉRIE Par Aziz KHITOUCHE



TUNISIE : LE RÔLE AMBIGU DE L’ALGÉRIE

Par Aziz KHITOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


Alors que l’opposition tunisienne se mobilise pour exiger le départ du gouvernement de l’islamiste Ali Laraeydh et que la situation sécuritaire est en constante dégradation, des divergences idéologiques apparaissent quand le rôle de l’Algérie est évoqué. Partenaire stratégique pour certains ou pays s’ingérant dans les affaires internes tunisiennes pour les autres, les observateurs s’interrogent sur le véritable rôle de l’Algérie sur la scène politique tunisienne. 



Crise politique sur un fond sécuritaire

Le président Marzouki aux obsèques des gendarmes tunisiens


Au moment où les manifestations de l’opposition reprennent à Tunis et quelques jours après le début du processus de dialogue national, la situation sécuritaire demeure tendue. Le dernier attentat concernait l’assassinat de sept gendarmes lors d’un affrontement survenu dans la localité de Sidi Ali Aoun, le 23 octobre, qui s’est soldé par l’élimination de deux islamistes. Si la région de Sidi Bouzid était le berceau de la Révolution du Jasmin qui a renversé le régime de Zine El-Abidine Ben Ali, elle est considérée aujourd’hui comme l’une des zones d’implantation des salafistes.

Cependant la zone la plus sensible reste le mont de Chaambi, où de violents affrontements se sont déroulés entre l’armée tunisienne et les groupes terroristes qui ont choisi de s’implanter dans cette zone, proche des frontières de l’Algérie. Cela explique «le rôle important que ce pays peut jouer pour la stabilité de la Tunisie», affirme un observateur des relations algéro-tunisiennes.

L'armée tunisienne au mont Chaambi



Alger, partenaire stratégique


La Tunisie, considérée comme un pays stable et une destination touristique attirante, devra désormais faire face à la menace terroriste. Cette menace a commencé par l’élimination physique d’importantes personnalités de l’opposition. Après Chokri Belaïd, assassiné le 6 février dernier, un deuxième opposant tombait sous les balles assassines et en plein cœur de Tunis. Mohamed Brahmi a été tué froidement, le 25 juillet dernier, alors qu’il sortait de son domicile. Ces deux figures emblématiques critiquaient sévèrement la poussée de l’islam intégriste en Tunisie. 
Chokri et Belaid

Ces assassinats, qui chahutaient le paysage politique tunisien, ont été suivis par des vastes opérations et des embuscades tendues par l’armée afin de mettre hors d’état de nuire des groupes terroristes, dont l’activité intense est liée au réseau international d’Al-Qaïda. La Tunisie, dont les recettes en devises sont assurées en majorité par le tourisme, «peut compter sur l’Algérie pour ne pas sombrer dans le terrorisme» déclarait un haut responsable algérien, la semaine précédente. 
Par ailleurs, la coopération sécuritaire entre les deux pays a été renforcée depuis ces derniers événements survenus sur la frontière. Les deux parties espèrent d’ailleurs que ces activités terroristes n’auront aucune influence sur l’accord commercial préférentiel rentré en vigueur au mois d’août dernier. À cela s’ajoute le nombre important de touristes algériens qui ont choisi la Tunisie comme destination et qui étaient évalués à un  million avant la révolution du Jasmin.  


L’Algérie, bon médiateur ?


Hamma Hammami


Depuis le début de la crise politique tunisienne, le rôle de l’Algérie était observé à la loupe. Certains acteurs de la classe politique tunisienne critiquaient cette «internationalisation» de la crise. En effet, dans des déclarations rapportées par la presse,  Hachemi Hamdi, l’un des candidats à la présidentielle en Tunisie, considérait  comme «grosse erreur» le fait de transférer les différends des Tunisiens en Algérie ; «cette erreur pourrait engendrer des préjudices immenses pour le pays», ajouta-t-il. Même opinion pour le leader charismatique de l’opposition tunisienne, Hamma Hammami qui déclarait que son pays n’a besoin de l’intervention d’aucun État. 


Conseil aux Tunisiens

Le président Bouteflika rencontre Ghanouchi


Par ailleurs la réaction de l’Algérie officielle n’a pas tardé à venir, par la voix de son premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui affirmait que les rencontres tenues entre le chef de l’État, avec le leader d’Ennahda, Rached Ghannouchi, et le président du parti Nida Tounes, Beji Caid, les 10 et 11 septembre derniers, étaient organisées suite à la demande des Tunisiens. Celles-ci visaient à demander conseil auprès d’Abdelaziz Bouteflika, affirme-t-il. Le premier ministre algérien, qui s’est exprimé sur cette affaire devant des représentants de la société civile, a tenté de minimiser les inquiétudes de certaines figures de l’opposition tunisienne, en rajoutant que «la Tunisie est un pays frère pour lequel nous souhaitons du bien et de la stabilité, l’Algérie n’interfère pas dans les affaires internes des pays voisins partant du principe fondamental de sa politique extérieure»  a indiqué le premier ministre.

Considérées comme d’historiques pour les deux parties, les relations entre l’Algérie et la Tunisie sont confrontées à de nouveaux défis qui se profilent à l’horizon. Il s’agit de la sécurisation de leur frontière commune ainsi que de la stabilité politique en Tunisie, deux ans après la révolution du Jasmin.


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