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dimanche 20 octobre 2013

LE RETOUR AUX URNES OU LA RÉVOLUTION Par Marianne ARNAUD




LE RETOUR AUX URNES OU LA RÉVOLUTION

Par Marianne ARNAUD

copyright © Temps et Contretemps




Dire que les dix-huit premiers mois du mandat du président Hollande ont été calamiteux relève presque de l'euphémisme tant la situation politique et économique du pays s'est dégradée. Défiance, tel est le maître-mot qui vient à l'esprit quand on voit que le peuple n'a plus confiance dans sa classe politique et ne manque plus une occasion de le lui faire savoir.





Défiance

Dirigeants du FN




L'élection cantonale partielle de Brignoles était, à cet égard emblématique. Les 28,75% obtenus par Marine Le Pen à la présidentielle, l'an dernier, sont à mettre en face des 53,9% obtenus par le candidat du FN dimanche ! Et voilà que déjà le FN, qui en 2008 n'avait pu voir ses candidats se maintenir que dans 11 villes de plus de 9.000 habitants au second tour des municipales, nous promet pour l'année prochaine des triangulaires dans 1.000 villes ! Même si tous les candidats du FN ne gagneront pas les villes où ils seront présents au second tour, je vous laisse à penser le séisme politique que constituera cette présence du FN, au second tour, multipliée par 100 !
Le vainqueur de Brignoles

Défiance, au plan économique aussi. Le gouvernement a beau répéter sur tous les tons que la reprise est là, il n'y a personne pour le croire, ni les entrepreneurs qui n'investissent plus, ni les ménages qui ne consomment plus, ni les ouvriers et employés qui voient leurs usines fermer, ni même les paysans dont le taux de suicides commence à être si préoccupant que les journaux se sont emparés du sujet.

Défiance dans nos institutions. Le président a perdu la confiance que le peuple lui avait donnée pour réformer et moderniser l'État. Il devait mettre à plat notre système fiscal pour le rendre plus juste mais, au lieu de cela, il a matraqué d'impôts les classes moyennes et même les classes pauvres. Il devait réformer les collectivités locales pour arrêter la gabegie financière que ne cesse de dénoncer la Cour des comptes. Il n'en a pas trouvé le courage. Il devait inverser la courbe du chômage, et voilà qu'on apprenait que le «frémissement» de la courbe, en août, n'était dû qu'à un dysfonctionnement des modes de calcul des chômeurs.



La révolte gronde



Dans son propre gouvernement et dans sa majorité la révolte gronde aussi, qui voit un Hamon, une Taubira, une Duflot s'opposer au seul ministre encore populaire, Manuel Valls. Là encore, le président Hollande louvoie, ne tranche pas, laissant à son Premier ministre le soin de «recadrer» les ministres contestataires plus souvent qu'à son tour. Et voilà que les divisions se font ressentir jusqu'au sein du parti majoritaire où des députés n'ont pas hésité à prendre fait et cause contre le ministre de l'Intérieur dans cette «affaire Léonarda» qui n'aurait jamais dû avoir l'ampleur que les media se sont plus à lui donner.



Quant à l'opposition, elle a dilapidé le reste de crédibilité qu'elle aurait encore pu conserver au lendemain de sa défaite qui était loin d'être honteuse, si elle ne s'était pas lancée dans une «guerre des chefs» mortifère dont elle n'est toujours pas sortie, qui lui aliénera sans doute des milliers d'électeurs dont les voix lui feront cruellement défaut dans les élections qui se profilent.

Devant un tel constat, dans une démocratie digne de ce nom, la classe politique, dans son ensemble, devrait demander un retour du peuple devant les urnes. Or il n'en est rien. Pourtant certaines voix s'élèvent, ici et là, pour reconnaître que la réforme de 1962 consistant à élire le Président de la République au suffrage universel et celle de 2000 réduisant le septennat à un quinquennat renouvelable une fois, étaient de fausses bonnes idées qui dans la pratique, obligent à des «primaires» où ce n'est pas toujours le candidat le plus méritant qui est élu mais le plus démagogue et le plus manœuvrier. D'autre part ce raccourcissement du temps politique et cette obligation pour le président – à peine élu - de penser à sa réélection, tue le débat. La vie politique n'est plus rythmée que par les querelles de personnes, d'appareils, d'écuries présidentielles.



Gouvernement par le peuple



Mais les Français ont tous à l'esprit que la Constitution de 1958 préconise le «gouvernement par le peuple pour le peuple», d'où leur mécontentement grandissant de constater que la classe politique tourne le dos à l'intérêt général du pays qui réclame de très sérieuses réformes, ne serait-ce que pour se trouver dans la moyenne européenne et qu'au lieu de cela, elle ne s'intéresse qu'à ses prérogatives et avantages personnels.

Ils savent que le général De Gaulle n'aurait jamais continué un mandat avec 20 ou 25% d'adhésions à sa politique. Ils se souviennent qu'en 1969, alors que rien ne l'y obligeait puisqu'il venait de gagner brillamment les élections anticipées de juin 1968 où la majorité présidentielle avait obtenu 394 sièges contre 91 pour la gauche parlementaire, il avait néanmoins maintenu son référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat, et, qu'ayant obtenu un NON, il avait quitté le pouvoir.
La carmagnole

Or ce matin, sur une radio périphérique, quelle n'a pas été ma surprise d'entendre claironner par un de ses animateurs-journalistes: «La France ne s'est jamais réformée autrement que par la révolution ou la guerre !» Oublions la guerre pour le moment, et concentrons-nous sur la Révolution. C'est à se demander si les «progressistes» qui nous gouvernent et qui se réfèrent constamment à la Révolution française - leur modèle insurpassable – ne préfèreraient pas entendre le peuple entonner la Carmagnole et hérisser ses places de guillotines, plutôt que de lui redonner la parole dans les urnes ?

3 commentaires:

Claude PERRY a dit…

Quelle cruelle vérité !
... Comme disaient certains : Ah ! ça ira ! ça ira....
les "Merdocrates" on les aura...

corto74 a dit…

Juste une petite erreur dans le % de voix obtenu par MLP en 2012 à la présidentielle. c'est 18 et non 28%

A part cela, ça sent effectivement la fronde et la révolte de tous côtés, qui plus est après ce week end calamiteux pour la gauche ( Léonarda et Marseille )

Marianne ARNAUD a dit…

Excusez-moi, mon cher Corto, si je n'ai pas été assez précise.
Il fallait en effet comprendre que Marine Le Pen avait obtenu 28,75% à la présidentielle à Brignoles. A mettre en parallèle avec 53,9% de son candidat toujours à Brignoles.
Cordialement.