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lundi 23 septembre 2013

REQUIEM POUR L'U.M.P. par Marianne ARNAUD



REQUIEM POUR L'U.M.P.

Par Marianne ARNAUD
copyright © Temps et Contretemps


Chacun se souvient sans doute de la naissance de l'U.M.P. en novembre 2002, dans la liesse de l'après-élection de Jacques Chirac, de la fusion du R.P.R et du mouvement Démocratie Libérale (D.L.) d’Alain Madelin. Quand j'écris «liesse», il s'agit de la liesse des militants et des adhérents du parti parce que, parmi les électeurs de la droite, certains gardaient un mauvais souvenir de ce référendum de 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe, où 54,56% des suffrages s'y étaient opposés.

 Quatre difficultés




Première difficulté : le tour de passe-passe de la révision constitutionnelle qui a permis d'imposer le traité de Lisbonne qui reprenait les éléments du traité de la Constitution européenne, par la voie parlementaire, aura été vécu par beaucoup comme un coup de force de l'U.M.P. contre la volonté populaire. Mais n'allons pas trop vite. En 2004, Nicolas Sarkozy s'empare de la présidence de l'U.M.P., et chacun se souvient de sa belle victoire à la présidentielle de 2007. Pour la première fois depuis la présidentielle de 1988, les voix du F.N. sont en recul. Si en 2002, le F.N. et le M.N.R. totalisaient 19,20% des voix, en 2007 le F.N. n'en comptait plus que 10,44%, ce qui est un incontestable succès de la stratégie de Nicolas Sarkozy. Pour l'U.M.P. c'est l'euphorie ! Les adhésions affluent. Les élections législatives sont gagnées dans la foulée.

Deuxième difficulté : le Parti Communiste, qui représente 1.115.719 voix, obtient 15 sièges à l'Assemblée nationale, le Front National, avec 1.116.005 voix, n'en a aucun. Mais à l'U.M.P. on n'en a cure - même si certains disent qu'il serait bon d'instaurer «une dose» de proportionnelle - les institutions de la Vème République sont ce qu'elles sont, et tant pis pour ceux qui y voient un défaut de démocratie.

Troisième difficulté : les élections municipales de 2008 sont perdues. Il y a beaucoup plus de villes qui passent de la Droite à la Gauche, que le contraire. On parle même de «vague rose» ! Des personnalités de premier plan, comme Xavier Darcos ou Christine Lagarde sont battues.
Bruno Gollnisch et Le Pen

Quatrième difficulté : avec l'arrivée de Marine Le Pen à la tête du F.N., les voix du F.N. progressent à nouveau. Aux élections cantonales de mars 2011, le FN est en mesure de provoquer 200 triangulaires où l'U.M.P. est éliminé au premier tour. Nicolas Sarkozy impose aux cadres de l'U.M.P. sa stratégie dite du «ni-ni» : au second tour, ni P.S., ni F.N., ce qui ne va pas manquer de créer débat au sein de l'U.M.P. À noter, d'après une enquête de la Sofres, que si 49% des sympathisants de droite des cantons concernés, ont trouvé la consigne claire, seuls 20% l'ont appliquée ! Il est vrai qu'en juillet 2010 Sarkozy avait prononcé ce qu'on appelle le «Discours de Grenoble» où la Gauche, les media et même certains à droite, avaient dénoncé une «droitisation» de futur candidat à la présidentielle de 2012.



La guerre des chefs




La campagne des présidentielles débute le 20 mars 2012. L'U.M.P. est unie derrière son candidat, particulièrement malmené par la presse. On lui promet une défaite cinglante, ce fut une défaite honorable. Mais cette défaite, signe pour l'U.M.P. le début sa longue descente aux enfers : Sarkozy ayant déclaré prendre du recul avec la politique, «la guerre des chefs» est immédiatement lancée.

Jean-Louis Borloo quitte l'U.M.P. pour créer son propre mouvement, l’U.D.I. Jean-François Copé et François Fillon se lancent dans une guerre sans merci pour la direction du parti. Finalement Copé est déclaré président mais Fillon veut créer son propre groupe à l'Assemblée.

Il est décidé que le représentant de l'U.M.P. à la prochaine présidentielle sera désigné par des primaires ouvertes, sur le modèle des primaires socialistes de 2006. Et voilà que Fillon refuse le ni-ni et pour faire bonne mesure donne du «Mon cher Vladimir» à Poutine sur une estrade en Russie. Le rapprochement avec le F.N. est une question que la plupart des électeurs de droite se posent ; c'en est trop pour Jean-Pierre Raffarin qui déclenche une «alerte rouge».

          Et pendant tout ce temps, l'U.M.P. néglige son rôle principal, celui qui justifierait son existence, c'est-à-dire son rôle d'opposant à la politique de Hollande et du gouvernement Ayrault.

Qu'il s'agisse du «mariage pour tous», de la loi pénale, de la guerre au Mali ou de la crise syrienne, sur tous ces sujets qui ont défrayé la chronique en France et au-delà, il ne nous a pas été donné d'entendre clairement la position de l'U.M.P. en tant que parti d'opposition. Si dans la période si difficile que vivent les Français aujourd'hui, les cadres de l'U.M.P. ne sont pas capables de définir les règles qui pourraient faire de leur parti ce grand rassemblement alliant toutes les bonnes volontés, des conservateurs jusqu'aux libéraux sociaux, il ne vaudrait pas la peine que l'on verse ne serait-ce qu'une larme, sur lui.


4 commentaires:

Huguette BOKOBZA a dit…

La droite la plus bête du monde qui se déchire,qui veut être calife à la place du calife ,qui refuse d appeler un chat un chat quand il s'agit d'immigration incontrôlée ,d'insécurité,d'école,de laïcité....et qui aurait pourtant tellement d'occasions de faire entendre la voix des Français dont elle devrait être le porte -parole ...

Francine BETTANCOURT a dit…

Bon,mais un parti qui réussit une collecte de 11 millions d'euros en 2 mois n'est pas moribond, non?

Huguette BOKOBZA a dit…

Non heureusement .... ça prouve que les militants y croient encore et que ce serait suicidaire de les décevoir ..

Marianne ARNAUD a dit…


@ Huguette et Francine

S'il est en effet réconfortant de voir que les adhérents et sympathisants de l'UMP et même au-delà, se sont mobilisés pour le remboursement de la dette électorale de Sarkozy, il est d'autant plus alarmant de constater que ce parti est divisé sur tous les grands sujets qui agitent la société française, ce qui explique, en partie, l'atmosphère délétère qui règne dans le pays.
Les questions qui se posent tout naturellement sont celles-ci :
A quoi sert un parti politique d'opposition incapable de se donner un chef incontestable, reconnu par tous, comme le représentant ?
A quoi sert un parti d'opposition incapable d'assumer le rôle d'opposant qui lui est dévolu par les institutions de notre République ?

Très cordialement.