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vendredi 13 septembre 2013

LES RUSSES SONT D’EXCELLENTS JOUEURS D’ÉCHECS Par Gérard AKOUN



LES RUSSES SONT D’EXCELLENTS JOUEURS D’ÉCHECS

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM

Lavrov et Kerry

Le lundi 9 septembre, dans la matinée, le secrétaire d’État, John Kerry, déclare au cours d’une conférence de presse à Londres que si Bachar El-Assad voulait éviter une frappe aérienne : «il pourrait remettre toutes ses armes chimiques à la communauté internationale, les remettre dans leur totalité, sans délai, et permettre leur décompte plein et entier. Mais,  il ajoutait,  il n’est pas prêt  de le faire et il ne le peut pas». 

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Initiative russe



Quelques heures plus tard, ce qui pouvait apparaître comme une hypothèse sans fondement, se transforme en initiative officielle de la diplomatie russe. Son chef Sergueï Lavrov déclare : «Nous appelons la direction syrienne non seulement à placer ses stocks d’armes chimiques sous le contrôle de la communauté internationale mais aussi à les détruire et à se joindre à la Convention pour l’Interdiction des Armes Chimiques» Et comme le hasard fait bien les choses, le ministre syrien  des affaires étrangères, qui se trouvait à Moscou, a tout de suite accueilli favorablement cette proposition et le Président des États-Unis a saisi la perche qui lui était ainsi  tendue. 
Je veux juste vérifier que tu n'utilises pas d'armes chimiques

Barack Obama était réticent à intervenir en Syrie,  il savait son opinion publique et  une majorité des élus du Congrès, opposés à une nouvelle intervention directe des États-Unis  dans un conflit au Moyen-Orient. Mais il avait fixé lui même une ligne rouge à ne pas dépasser, l’utilisation d’armes de destruction massive, et sauf à perdre définitivement toute  crédibilité auprès de leurs alliés dans la région, les États-Unis ne pouvaient pas laisser Bachar El-Assad gazer  plus d’un millier de civils, dont des femmes et des enfants, sans réagir. Les Russes n’ignoraient rien de ses atermoiements, de son manque d’ardeur à s’engager dans le conflit syrien, du piège dans lequel lui-même s’était enfermé en sollicitant un vote favorable  du Congrès, alors qu’il n’en avait nullement besoin pour frapper la Syrie.

Mais les Russes savaient aussi qu’il ne pouvait pas ne pas intervenir. La Russie a donc manœuvré  très intelligemment, elle a pris la main, sur le plan  diplomatique en substituant une négociation à une opération militaire. C’était  aussi une porte de sortie qui lui permettait d’éviter de perdre  la face : en cas de frappe aérienne, elle n’aurait pu intervenir pour protéger son allié ; elle aurait étalé au grand jour son infériorité militaire, le rapport des forces entre Américains et Russes étant nettement en faveur des premiers.



Menace de frappes



Il faut être clair, s’il n’y avait pas eu la  menace des frappes  militaires sur la Syrie,  le retournement russe n’aurait pas eu lieu. La Russie n’aurait pas poussé Bachar El-Assad à faire des concessions en proposant la destruction de son stock d’armes chimiques, elle aurait continué à s’opposer à toutes les  résolutions présentées au Conseil de Sécurité comme elle le fait depuis plus de deux ans. Il fallait qu’il y ait  la coalition la plus large possible contre Bachar El- Assad et François Hollande a eu raison de s’engager  militairement, aux côtés des Américains. 
Conseil de Sécurité de l'ONU

Les  moyens militaires de la France sont limités mais en  l’occurrence, ce n’était pas la puissance de feu qui importait, mais ce que la France peut encore symboliser pour la démocratie. Le président français a été en pointe depuis 2011 dans l’affaire syrienne en reconnaissant officiellement l’opposition syrienne, en recevant ses représentants, en leurs promettant des armes. Il était logique qu’il réagisse à l’emploi des gaz, même si l’opinion publique n’était pas majoritairement interventionniste. La diplomatie française a compris qu’au-delà de la Syrie, il y avait l’Iran, que si on laissait la Syrie employer des armes de destruction massive en se contentant de condamnations non suivies d’effet, ce serait un encouragement pour l’Iran à poursuivre son programme nucléaire et fabriquer sa bombe.

La Russie a réussi à empêcher les frappes sur la Syrie, en demandant à Bachar El-Assad de s’engager à ne plus utiliser d’armes chimiques et même de les détruire, mais il faudra suivre la mise en œuvre de ce processus dont la faisabilité laisse sceptiques de très nombreux experts et surtout ne pas faire confiance au dirigeant syrien. Jacques Chirac disait de lui «c’est un menteur». Il voyait juste, alors qu’il était reçu avec tous les honneurs en France, Bachar El-Assad faisait massacrer des détenus politiques dans ses prisons, tout en tenant les propos lénifiants que souhaitait entendre Nicolas Sarkozy.          

La France a présenté une résolution devant le Conseil de Sécurité, qui fixe des délais à la mise en œuvre du décompte, du contrôle des sites chimiques par les inspecteurs de l’ONU, tout en maintenant la menace militaire, en vertu du Chapitre VII de la charte des Nations Unies. Les Russes ont rejeté ce projet de résolution confirmant, ce faisant, leur soutien indéfectible au bourreau syrien. Bachar El-Assad va pouvoir continuer à massacrer son peuple, pendant que les Européens dans leur grande majorité, continueront à détourner les yeux dans la mesure où il n’utilise plus d’armes chimiques.  

Je souhaite à toute la communauté un bon Kippour

      

1 commentaire:

Jean Smia a dit…

Effectivement les Russes sont d'éxcellents joueurs d'échecs, cependant il faut se souvenir que ce jeu a été créé en Perse....l'Iran aujourd'hui.