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samedi 21 septembre 2013

ISRAËL JOUE L’APAISEMENT AVEC LES PALESTINIENS



ISRAËL JOUE L’APAISEMENT AVEC LES PALESTINIENS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

Gazaouis bloqués à Rafah

Lors de sa réunion hebdomadaire, le gouvernement israélien a pris des mesures pour faciliter la vie des populations palestiniennes. L’information peut être analysée de trois façons différentes. Soit Israël ouvre un peu plus ses frontières aux travailleurs palestiniens parce que la situation sécuritaire s’est améliorée et que les relations bilatérales avec l’Autorité palestinienne ont atteint un niveau de confiance acceptable. Soit alors, il s’agit d’un moyen pour Israël d’augmenter son emprise économique sur la population palestinienne pour la rendre encore plus dépendante. Soit enfin, Israël veut faire un geste à l’égard de Mahmoud Abbas pour ses efforts de participer aux négociations de paix alors qu’il subit de sérieuses critiques de la part du Hamas à Gaza.



Compenser la fermeture des tunnels


Poste frontière de Rafah

Mais parallèlement, les conditions difficiles de vie des habitants de Gaza préoccupent les israéliens qui ne tiennent pas à ce que la situation empire dans la bande car elle risquerait de pousser les terroristes dans des actions désespérées contre le sud du pays. Ainsi les militaires égyptiens viennent à nouveau de fermer le passage de Rafah, seul lien avec de Gaza pour le passage de personnes vers l’étranger, sous prétexte que «l’Égypte est préoccupée par la sécurité des citoyens palestiniens». Les Gazaouis sont à nouveau interdits de déplacement parce qu’ils paient les troubles et la violence au Sinaï.

Ainsi Israël joue l’apaisement à la fois avec la Cisjordanie et avec le Hamas. Il vient d’autoriser l’entrée à Gaza de ciment, d’acier et de gravier pour permettre la reprise de la construction qui a subi de plein fouet la fermeture des tunnels de contrebande avec l’Égypte. Israël estime que la politique du pire n’est certainement pas payante.
Entrée de travailleurs en Israël


Par ailleurs, sur recommandation du ministère de la Défense, Israël a augmenté de 5.000 le nombre de permis de travail délivrés aux Palestiniens de Cisjordanie dans le but d’aider Mahmoud Abbas à retrouver une certaine crédibilité auprès de sa population et pour limiter le nombre de clandestins. Ainsi 48.000 Palestiniens de Cisjordanie ont à présent le droit de travailler en Israël tandis que 27.000 autres participent temporairement à des travaux dans les implantations  soit pour la cueillette des fruits et olives, soit pour des travaux d’infrastructures. Le nombre de permis avait atteint son niveau le plus bas avec 33.000 autorisations délivrées. Une autre mesure qui dénote une amélioration sécuritaire significative concerne la baisse de l’âge des candidats aux permis qui est à présent de 24 ans et non plus de 40 ans. Cette décision est justifiée par la baisse notable des attentats qui ont touché Israël.

Israël a par ailleurs accepté d’ouvrir le pont Allenby, qui le relie à la Jordanie, pour deux heures supplémentaires chaque jour afin de favoriser les échanges. Mais, pour équilibrer les mesures il a décidé d’installer une conduite d’eau avec Gaza pour doubler la quantité d’eau fournie par Israël au Hamas.



Politique du balancier



Ces mesures visent à la fois à renforcer le Fatah de Mahmoud Abbas mais aussi à créer un contrepoids en aidant le Hamas dans son antagonisme vis-à-vis du président de l’Autorité. Il est un fait indéniable que, dans le cadre de stratégies totalement opposées, le Hamas et Israël n’ont aucun intérêt à enflammer le front de Gaza. Cela explique le calme, certes précaire, qui existe à la frontière sud. Pourtant, la volonté des militants islamistes d’en découdre avec les Israéliens reste toujours vivante dans leur esprit. 


Les Israéliens, de leur côté, évitent de déstabiliser le Hamas devant le risque de voir les groupes du Djihad islamique, proches d’Al-Qaeda et de l’Iran, le remplacer. Une complicité de fait, qui ne veut pas dire son nom, s’est établie entre Israël et le Hamas. La rupture consommée du Hamas avec l’Égypte et la Syrie a accru la montée des périls à Gaza qui est condamné à adopter un profil bas vis-à-vis d’Israël. Les islamistes ont compris qu’ils n’avaient plus rien à tirer des printemps arabes mais il n’est pas dans les intentions des Israéliens de profiter de la faiblesse des dirigeants de Gaza car la situation actuelle de ni guerre et ni paix convient parfaitement aux deux parties.
Abbas, Mechaal et Haniyeh
 

Les rivalités entre le Fatah et le Hamas sont allées crescendo, surtout au lendemain de la décision de Mahmoud Abbas d’aller à Canossa en acceptant des négociations avec Israël, sans préalables. Le paradoxe tient au fait qu’Israël a été sensible aux effets économiques du blocus égyptien et qu’il a autorisé, afin de réduire la pénurie, un accroissement des passages par le terminal Kerem Shalom de produits essentiels qui transitaient jusque-là par les tunnels. Cette complicité de fait avait été bien acceptée par le Hamas qui n’avait pas le choix. Un porte-parole israélien a confirmé cette évolution politique : «Nous insistons sur le fait qu'Israël ne limite pas la quantité de marchandises transférées à Gaza et que le passage de Kerem Shalom n'a pas encore atteint sa capacité maximale. Quant à aujourd'hui, il est possible de transférer 400 camions chaque jour, mais la demande de Gaza est plus faible».

En jouant le balancier entre Ramallah et Gaza, Israël ne veut pas jouer la carte de l’effondrement du Hamas car le désespoir d’une population privée du minimum vital pourrait la pousser à se lancer dans les bras des  terroristes. Il estime en revanche que les islamistes de Gaza pourraient devenir un moyen de pression contre l’OLP en cas de situation bloquée ou de prétentions exagérées des dirigeants de Cisjordanie. Le Hamas a intégré cette stratégie israélienne puisqu’il maintient une paix froide avec Israël, sans chercher à ouvrir le front du sud à l’aventure.

Toutes les mesures décrétées par le gouvernement israélien visent ainsi à prouver qu’il n’y a point de salut dans la violence et que l’amélioration des conditions de vie des populations palestiniennes ne passe pas par une confrontation armée avec Israël.


1 commentaire:

Jean Smia a dit…

Les efforts de paix semblent être frappés d'une sorte de malédiction car dés qu'une vague lueur d’espoir avec des discutions discrètes et sans invectives, il se passe quelque chose de totalement imprévisible qui ruine cette avancée.
Aujourd'hui, Israël se doit de trouver la bonne attitude en regard de ce fou palestinien qui avait prémédité le meurtre d'un jeune soldat Israélien.