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mercredi 14 août 2013

LES CHRÉTIENS D’ÉGYPTE DEVIENNENT LA CIBLE DES ISLAMISTES



LES CHRÉTIENS D’ÉGYPTE DEVIENNENT LA CIBLE DES ISLAMISTES

Par Jacques BENILLOUCHE

copyright ©  Temps et Contretemps

         

          

Femmes coptes manifestant contre Morsi

           
          À défaut de juifs qui ont tous quitté le pays, les Frères musulmans se rabattent sur les coptes qu’ils accusent de tous leurs malheurs. Comme en Turquie, les chrétiens d’Égypte deviennent les boucs émissaires responsables de la chute de Mohamed Morsi. Il est vrai que les chrétiens d'Égypte avaient accueilli avec joie l'éviction du président égyptien qu'ils accusaient d'avoir contribué à leur marginalisation. Ils estimaient qu’il n’abordait que la question de la charia dans ses discours avec l’impression volontaire d’ignorer les communautés non musulmanes. 

 

 


Autochtones avant les arabes

Le pape des coptes Tawadros II




         

          Et pourtant les coptes, traduction en grec de égyptien, sont des autochtones présents dans le pays depuis l’époque des pharaons, bien avant l’invasion arabe du VIIème siècle. Ils représentent près de dix millions d’habitants bien que ce chiffre soit en décroissance constante avec les émigrations nombreuses vers le Canada, l’Australie et même les États-Unis.  
     L’arrivée au pouvoir des Frères musulmans s’était accompagnée d’une augmentation des violences contre les coptes favorisées par les prêches anti chrétiennes délivrées par des islamistes radicaux dont la dialectique s’est trouvée soudainement libérée après la dictature. Ils avaient réussi à obtenir le départ pour l’étranger de nombreux coptes qui ne se sentaient plus en sécurité.            
           Récemment avec le ramadan, les chrétiens sont devenus la cible d’intégristes islamistes qui leur imposaient de respecter la fête musulmane et de jeûner. Ils ont ainsi été contraints de se cacher dans les églises de l’ancien quartier copte du Caire, vieux de mille ans, qui abrite trois des plus anciennes églises d'Égypte : Saint-Georges, Saint-Serge et l'Église suspendue.
           Les services sécuritaires islamistes avaient fait preuve de négligence lors des affrontements entre policiers et coptes qui avaient fait 2 morts et 89 blessés devant la cathédrale Saint-Marc du Caire. Mais fait plus insidieux, sous le régime de Morsi, les violences étaient accompagnées de mesures discriminatoires à l’égard des chrétiens qui étaient écartés volontairement des emplois en rapport avec leurs diplômes. D’ailleurs peu de coptes occupaient des hauts postes, au gouvernement, au Parlement ou à l’université parce que Morsi avait placé tous les rouages de l’État sous le symbole de l’islam. 

Engagement du patriarche

Tawadros aux côtés de Al-Sissi


Le retour au pouvoir de l’armée a accentué l’animosité envers les chrétiens en raison de la position adoptée par le patriarche copte, élu en novembre 2012. En effet, Tawadros II pouvait difficilement cautionner l’islamisation à outrance déclenchée par Mohamed Morsi sans tenir compte de l’histoire ancienne chrétienne en Égypte. Le patriarche n’a pas hésité à choisir son camp en s’affichant ouvertement aux côtés du général Al-Sissi, le 1er juillet, lors de la destitution de Morsi, ce qui a déclenché le ressentiment des islamistes à l’égard des chrétiens.

 



         

         

          Tawadros II, le pape des coptes, est venu chercher en mai le soutien du Vatican. Le pape copte a besoin du soutien de son homologue catholique, quitte à mettre en sourdine les divergences doctrinales qui subsistent entre les deux Églises.
        Les Frères accusent les coptes d’avoir participé et animé les manifestations contre le régime islamiste sous prétexte que les chrétiens estimaient que les idéaux de la révolution n’ont pas été respectés, que la justice sociale a été bafouée, que la liberté d’expression a été interdite et enfin que tous les rouages de l’administration étaient noyautés par des militants islamistes radicaux.

Actes de vengeance

Tag sur l'église Sainte Fatima




     

          Les coptes sont ainsi devenus la cible d’actes de vengeance qui ont entrainé la mort de six coptes à Louxor et dans le Sinaï. La pression sur les chrétiens est de plus en plus présente car la rancune est tenace chez les islamistes. Ainsi le cortège pro-Morsi qui traversait la place Rabaa Al-Adawiya s’est déplacé vers l’Église Sainte Fatima pour taguer en arabe sur le portail : «islamique» ou «votre heure viendra»

          Pour donner du poids aux accusations, les chrétiens sont qualifiés de mécréants ou d’adorateurs d’idoles. Des drapeaux d’Al-Qaeda sont installés sur quelques clochers d’églises après une attaque en règle au cocktail Molotov du lieu de prière. À Minieh, au sud du Caire, des boutiques de chrétiens ont été incendiées. Des coptes de Marsa Matrouh ont reçu des menaces de mort s’ils persistaient à rester dans leur village. 
      Un chrétien copte a été retrouvé mort décapité, pieds et poings liés, dans le nord de la péninsule du Sinaï, le 11 juillet. Il avait été enlevé par des hommes armés. En fait les extrémistes semblent profiter de l'extrême tension régnant en Égypte, depuis que le président islamiste Mohamed Morsi a été destitué par l'armée le 3 juillet, pour mener des attaques à destination d’une minorité désarmée.


 



           


          Enfin trois assassinats ont vidé le nord du Sinaï des quelques chrétiens qui y vivaient. Le Père Mina Haroan Abboud, 39 ans, prêtre copte orthodoxe d’El-Arish a été assassiné en début d’après-midi alors qu’il marchait dans la rue. Des islamistes circulant en voiture lui ont tiré dessus à bout portant avant de prendre la fuite. Les organisateurs des manifestations islamiques sont les premiers à favoriser cette haine qui a atteint son paroxysme. Ils haranguent la foule en accusant les chrétiens d’avoir fomenté des complots pour renverser le président Morsi tandis que l’Occident ne semble pas préoccupé par le sort de ces dix millions de chrétiens abandonnés aux mains terroristes.

          Des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi ont incendié le 14 août trois églises coptes dans le centre de l'Égypte. À Sohag, une ville plus au sud où vivent également de nombreux chrétiens, des islamistes ont jeté des cocktails Molotov sur l'église Mar Gergiss, située dans l'enceinte du diocèse de la ville.
          Les chrétiens se défendent comme ils peuvent, surtout avec les mots, car ils n’ont pas de tradition belliqueuse. Ils se bornent à pousser dans les cafés chrétiens des chants nationalistes à la gloire de l’armée : «Bénies soient tes mains, armée de mon pays». Les islamistes prennent pour prétexte les odes à l’intervention de l’armée contre Morsi pour exacerber les querelles avec les musulmans. Ainsi à proximité de la Cathédrale Saint-Marc une fillette avait été abattue le 6 aout d’une balle dans le cœur.
Magasin brûlé

     

          Plus les Frères musulmans défient les nouvelles autorités et plus ils s’en prennent à la minorité chrétienne, la plus fragile, en faisant courir des rumeurs pour susciter des désordres et des représailles. Ainsi une rumeur s’est développée dans les mosquées de Bani Ahmad prétendant qu’une mosquée avait été incendiée faisant 70 morts. Une foule de musulmans s’est alors dirigée vers les habitations et commerces chrétiens. Ils ont incendié des camions à l’entrée du village, sept boutiques, une boucherie et une pharmacie.

 La préméditation était avérée puisque les cibles avaient été auparavant marquées d’une croix sur les rideaux de fer. Les meneurs musulmans avaient anticipé leurs actions puisqu’ils avaient fait évacuer les femmes et les enfants musulmans pour les mettre à l’abri. La police est certes intervenue à temps avant que des meurtres soient perpétrés mais les dégâts matériels considérables ont ruiné certains petits commerces, avec l’intention avouée de vider l’Égypte de ses chrétiens. 
 L’avenir des coptes est compromis dans le pays où ils sont installés depuis l'époque des pharaons.

2 commentaires:

Emmanuel DOUBCHAK a dit…

Un jour à Paris, une amie chrétienne libanaise m'avait dit texto: nous devons disparaître du Proche-Orient, parce que nous sommes la minorité. J'étais estomaqué qu'une personne victime de cette haine en soit réduite à ce constat. Nous, ayant vu l'Europe de plus en plus Judenrein, sans parler du Monde arabe quasiment Judenrein, ne pouvons pas nous payer le luxe de disparaïtre du Proche-Orient. Que tous les gens qui pensent en terme de coexistence avec les pouvoirs musulmans comprennent que déjà ils vivent dans l'incompatibilité entre Shiites et Sunnites, alors si vous appartenez à une communauté minoritaire, votre sort à long terme risque d'être scellé.

Issac a dit…

heurreusement que le general Sisi ne lache rien. tous les morts des derniers jours ne font plaisir à personne. par contre on voit, et l'on revoit, si l'on n'en est pas persuadé, que les freres musulmans seront sans pitié face aux minorités. les Juifs sont dejà parti d'egypte, les chretiens sont en haut de la liste des freres musulmans.
l'egypte doit tenir, sinon ils vont vivre comme les iraniens, sans democratie et avec une bonne couche de theologie.
felicitations à ces policiers qui ont eu le courage d'affronter les "frères"