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jeudi 1 août 2013

JUSTIFICATION DÉMOCRATIQUE DE LA DICTATURE par Jean SMIA



JUSTIFICATION DÉMOCRATIQUE DE LA DICTATURE

Par Jean SMIA
copyright © Temps et Contretemps

Première élection démocratique en Egypte
Il est curieux d'observer combien le concept de démocratie est aujourd'hui galvaudé. Dès qu'un homme politique est considéré comme «démocratiquement élu», il a droit à toutes les considérations. Alors qu'en réalité, une démocratie n'est pas réalisée par l’élection d'un personnage à la tête d'un État, mais par un ensemble de rouages et d’institutions constituées de chambres, de parlements, de ministères, de sénateurs, etc… tous indépendants les uns des autres, avec ce qui constitue l'essentiel de la démocratie : chaque pouvoir est encadré par un contrepouvoir.



Contrepouvoirs


Morsi-Erdogan


Mais lorsqu'un chef de gouvernement «démocratiquement élu», s'attache à annihiler tous les contrepouvoirs que la démocratie impose, comment peut-on continuer à le considérer comme démocratique ?

Mohamed Morsi a tenté de faire en six mois ce que Tayyip Erdogan a réalisé en 10 ans :

  • Supprimer les contrepouvoirs à la non-laïcité de l’État,
  • Mettre l’État au service d'une seule idéologie,
  • Éliminer les partis opposants,
  • Supprimer les journalistes critiques,
  • Permettre au prosélytisme musulman, et à lui seul, d'exister dans les écoles et universités.

Et pourtant, non seulement il ne s’élève aucune voix pour dénoncer ces dérives, mais la presse continue à qualifier ce personnage de «démocratiquement élu». Tout comme elle considère l'élection en Iran comme démocratique, elle qualifie l'élection de Morsi comme démocratique, celle de Ghanouchi aussi, tout comme il ne viendrait à l'esprit de personne de critiquer le formidable exemple démocratique que constitue la Libye libre d'aujourd'hui.


Dictature


En revanche, tout militaire qui prendrait la décision de s'emparer du pouvoir exécutif afin de construire de solides institutions démocratiques, puis de rendre ce pouvoir au pays, lui, est systématiquement soupçonné de dictature. Par-delà le simplisme primaire des qualificatifs de la presse, ce qui est le plus étonnant dans ce paradoxe, c'est l'attitude et la perplexité des responsables politiques des autres pays démocratiques. Car ils sont devant une situation qui remet en cause leur propre raison d’être à leur poste. Si l'on pouvait se permettre de contester un élu avant l'échéance prévue, ce serait leur propre fonction qui serait remise en question. 

    Alors la solidarité «légaliste» envoie Catherine Ashton prendre le thé avec Mohamed Morsi. Une question par souci de détails : se sont-ils serré la main ou alors a-t-elle accepté qu'elle soit saluée sans contact physique ? Car toucher une femme qui n'est pas la sienne, non musulmane, et de surcroit pendant le Ramadan, est une fenêtre ouverte vers l'apostat.

            D'aucuns, utopistes, rêvent de transitions démocratiques paisibles et pacifiques. Ils oublient qu'il s'agit de terres Bibliques où il a été promis : «tu enfanteras dans la douleur et le sang ». Pour l'instant, aucune démocratie au monde n'a pas été enfantée sans douleur et sans sang.

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…


Ne dirait-on pas que tout se passe pour les Occidentaux, et particulièrement pour les Européens, comme s'ils avaient divisé le Monde entre les "gentils" et les "méchants".
Ainsi les rebelles sont toujours considérés comme "gentils" et peu importe qu'ils trucident à tort et à travers ou prennent des otages.
Quant aux dictateurs, classés "méchants", malheur à eux : on ne leur pardonnera rien, même pas d'avoir protégé leurs minorités de la vindicte populaire pendant des années.

Très cordialement.

odile Haettich a dit…

que ce soit les occidentaux ou le reste du monde, il n'y a pas de réelle démocratie.Il y a juste un progrès depuis que le peuple peut élir son leader au lieu de subir le principe des successions.Comme l'écrit jean Smia,les résultats d'élections sont complexes et échappent à la plupart des citoyens. De plus, comme ces élus ne tiennent pas leurs promesses et font parfois tout le contraire de ce qu'ils disaient pendant leur campagne, le peuple est bien berné! De la à prétendre qu'il "gouverne" selon la définition du mot démocratie, Alors? La démocratie est une utopie et ouvre la porte à tous les amalgames du style "élu démocratiquement". Comme le disait Dérida, la démocratie est à venir. Mais quand?