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mercredi 31 juillet 2013

L’ATTITUDE JÉSUITE DE L’UNION EUROPÉENNE



Radio Judaïques F.M

L’ATTITUDE JÉSUITE DE L’UNION EUROPÉENNE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

          Cet article a fait l'objet d'une émission à radio Judaïques FM 94.8, mardi 30 juillet 2013, dans le journal d'Eva SOTO à 10h15.                 

         
Militants du Hezbollah avec le salut nazi
          L’Union Européenne vient d’adopter une attitude qui la rend digne des meilleurs jésuites. Il s’agit de ne pas vexer les pays arabes tout en condamnant la violence, une position toutefois très difficile à tenir quand on sait que les islamistes sont à l'origine de la plupart des attentats. L’UE a inscrit la branche armée du Hezbollah sur sa liste des «organisations terroristes» et pour cela, le mouvement prédit aux Européens «des pertes et des déceptions» sans préciser cependant à quoi il faisait allusion. Paradoxalement la Grande-Bretagne, d’ordinaire frileuse quand il s’agit du Moyen-Orient, avait pris la tête de la campagne.


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Cette année on n'ira pas à Eurodisney


            L’attitude ambivalente de l’Europe tient au fait qu’elle veut absolument maintenir le dialogue avec un groupe qui est de plus en plus impliqué dans le conflit syrien aux côtés de Bachar Al-Assad. Une solution européenne pour la Syrie passe par un agrément avec la milice qui soutient le régime de Damas. Le président Michel Sleimane, qui craint que le Hezbollah n’organise des troubles dans son pays, a demandé à l'UE de «revoir sa décision en vue de préserver la stabilité du Liban».

L’Europe a pourtant mis beaucoup de temps avant de se décider puisque les États-Unis avait inscrit, dès 2006, le parti de Dieu sur la liste américaine des organisations terroristes. Les Européens n’ont pas voulu aller aussi loin que les Américains puisqu’ils ont tenu à faire, dans un concentré de jésuitisme, une distinction bien à propos entre branche politique et branche militaire. Ils ne pouvaient certes pas rester neutres dès lors où des preuves tangibles ont été publiées sur l’implication du Hezbollah dans des actes terroristes perpétrés sur le territoire européen. L’attentat du 18 juillet 2012 à l'aéroport de Bourgas en Bulgarie avait fait sept morts, dont cinq Israéliens.

Les conséquences sont difficiles à évaluer. Cette décision devrait entraîner un gel des avoirs du Hezbollah en Europe, aile militaire uniquement, à l’instar des 25 groupes terroristes comprenant déjà le Hamas, le PKK kurde ou les Tigres tamouls. Encore faut-il pouvoir distinguer la répartition des fonds entre branche politique et branche militaire ce qui correspond à une quadrature du cercle. À noter que pour Gaza l’Europe avait fait preuve de moins de rigorisme puisque le Hamas, organisation politique qui dispose d’un bras armé avec les Brigades Azzedine Al-Qassam, avait été considérée comme terroriste.



Tempérer la décision



Angelina Eichhorst avec Ammar Moussawi


            Mais l’Europe, inquiète des répercussions sur ses propres intérêts, a tenu à modérer sa décision pour calmer les inquiétudes du Hezbollah, partie prenante au sein du gouvernement libanais. Immédiatement après sa décision, elle a mandaté l’ambassadeur de l’UE au Liban, Angelina Eichhorst, pour visiter la forteresse du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth. Elle y a rencontré, Ammar Moussawi, responsable des affaires internationales du parti chiite, qui a agréé le fait que «Tout le monde sait que les ailes politique et militaire du Hezbollah sont les mêmes». L’échange fut très acerbe.

Angelina Eichhorst s’est crue obligée de tempérer la décision en précisant que cette décision «ne devrait pas justifier toute mesure de représailles contre le Liban par un pays étranger, y compris Israël». Un responsable du Hezbollah a menacé : «Vous ne pouvez pas désigner notre aile militaire comme  terroriste et vous attendre à avoir de bonnes relations avec nous.» Nasrallah a été plus direct : «Cette décision ne sera pas en mesure d'atteindre aucun de ses objectifs, et nous invitons les Européens à corriger leur erreur, car elle ne mènera pas à un résultat. Trempez votre liste de terreur et buvez son eau.»
Représentante de l'UE avec ministre libanais

Tout le monde sait que le Hezbollah est une même entité avec un commandement unique où les militaires et les politiques participent ensemble aux décisions. Mais l’hypocrisie européenne a trouvé le moyen magique, pour justifier sa décision alambiquée, de scinder le Hezbollah en deux entités distinctes, entre ceux qui sont des politiques fréquentables et ceux qui sont armés jusqu’aux dents et qui manipulent les missiles.



Deux ailes distinctes


Imad Mougnieh


Pourtant le secrétaire du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a gravi les échelons du parti en tant que militaire et d’ailleurs il n'accepte pas la logique de l'UE qui a décidé de séparer ses militants en deux ailes. Depuis la création du parti en 1980, le parti n’a jamais fait mention d’aucune distinction entre ses forces armées, ses forces de sécurité et ses forces politiques. La plupart de ses militants ont été impliqués dans ces trois domaines en fonction de l’intérêt du moment. L’Union Européenne n’a pas compris que les politiciens du parti ont toujours suivi les militaires et non l’inverse.

L’ancien chef du Hezbollah, Imad Moughnieh, assassiné en 2008 n’était pas uniquement un responsable sécuritaire du parti mais celui aussi qui a élaboré sa vision politique. Il s'affichait toujours en tenue militaire ce qui démontre qu'il est difficile de séparer les aspects militaires et politiques du Hezbollah. Le Conseil du Djihad, l’autorité suprême, prend des décisions sur les volets militaires, financiers, politiques, sécuritaires et même religieux. L’ancien secrétaire général, Abbas Moussaoui, dirigeait le parti tout en combattant aux côtés des Moudjahidines au titre de leader politique et militaire. Cela tient à la philosophie même du parti qui estime que remporter des victoires militaires sur le terrain conforte le programme politique et sa vision à long terme.
Abbas Moussawi

Le résultat immédiat montre que l’UE a poussé Nasrallah à affirmer sa solidarité entière à ses camarades politiques du parti et à ceux que la communauté internationale veut vouer aux gémonies parce qu’ils sont censés porter des armes. L’Europe n’a jamais montré de courage politique car les dissensions en son sein sont légendaires mais elle sait faire preuve de diplomatie alambiquée quand il s’agit de protéger ses intérêts économiques parce qu’elle a toujours les yeux fixés sur la ligne de sa balance commerciale. Il ne s’agit donc pas de se brouiller avec les pays arabes même si certaines organisations participent à l’assassinat quotidien de centaines de milliers de civils syriens. 


1 commentaire:

AMMONRUSQ a dit…

Il me semble que beaucoup de dirigeant en Europe sont passés par des établissements jésuites ceci pouvant expliquer cela, mais gare au retour de manivelle.
Le pétrole et le besoin d'argent peut-il expliquer cela ? nos dirigeants en Europe ne voient rien venir, jamais c'est un peu fort quand même.