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lundi 29 juillet 2013

L’ALIBI DE LA DÉMOCRATIE



L’ALIBI DE LA DÉMOCRATIE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
             
Députés à la Knesset
          
          Le référendum est nécessairement démocratique puisqu’il exprime la volonté du peuple qui est détenteur du pouvoir souverain. Mais très souvent il peut prendre la forme d’un plébiscite au point qu’il peut cohabiter avec une dictature ou une monarchie. Mais pour certains, il ne correspond pas à la vraie conception de la démocratie.




Démocratie représentative




            La démocratie exige un État de droit avec des règles pour limiter et encadrer le pouvoir. Israël est régi par une démocratie représentative qui consiste, de manière régulière, à élire des députés qui reçoivent le mandat de décider pour ceux qui les ont désignés. Elle est fondée sur la confiance du peuple sur ses représentants. Or le référendum est un moyen de contourner le rôle des députés qui ont pourtant mandat de voter les lois.  

     Le gouvernement a approuvé le 28 juillet 2013 une nouvelle loi fondamentale, qui s’ajoute aux quatorze déjà existantes, exigeant un référendum sur les accords de paix qui affectent la terre souveraine comme si les députés n’étaient pas capables de voter en leur âme et conscience. 

      Cela laisse entendre que le peuple pourrait voter en contradiction du choix qu’il a fait en envoyant ses représentants à la Knesset. Des blocages semblables ont déjà eu lieu mais ils ont été réglés par les urnes. Il est vrai qu’aujourd’hui le gouvernement n’est pas monolithique et que cohabitent ensemble des partisans de la création d’un État palestinien avec ceux qui rêvent toujours du Grand Israël. Au sein même du parti Likoud, des divergences sont clairement apparus donnant l’impression que le premier ministre ne contrôle plus son parti.



Divergences au Likoud


Danny Danon


Le vice-ministre israélien de la Défense, Danny Danon, élu à la tête du comité central du Likoud en juin 2013, est l'un des députés les plus hostiles à la création d'un État palestinien et un partisan déclaré de la «colonisation». Il a marqué son opposition aux déclarations de Benjamin Netanyahu en faveur des deux États. Danny Danon a assuré dans une interview que si cette solution était mise au vote, «la majorité des ministres du Likoud s'exprimerait contre. S'il y a un mouvement pour promouvoir une solution à deux États, vous allez voir des forces de blocage au sein du parti et du gouvernement».

            Ariel Sharon avait connu cette même sorte d’opposition au sein de son parti le Likoud mais il avait tranché dans le vif en le quittant pour créer Kadima avec des transfuges travaillistes. Netanyahou a préféré user du principe du référendum pour sortir de l’impasse politique dans laquelle il se trouve.
Ariel Sharon

Le choix du référendum s’établit ainsi sur la notion de souveraineté populaire et non nationale. Il peut être considéré comme un moyen pour le gouvernement de ne pas décider en se défaussant sur le peuple qui est titulaire de la souveraineté. Les gouvernements faibles ou les coalitions hétéroclites pourraient être amenés à en abuser. Ainsi demain on pourrait faire appel au peuple pour toute décision relevant de la Knesset, pour savoir par exemple s’il faut choisir un État binational ou non. D’autres pourraient être amenés à trancher la place de la religion dans l’État par ce biais.



Inutilité de la Knesset


Mais si le référendum apparaît comme naturellement démocratique, il peut rendre à moyen terme la Knesset inutile dès lors où l’on ne fait plus appel à elle pour décider. Si le seul fondement du pouvoir émane du peuple, il serait maladroit que celui-ci l’exerce directement en permanence. Le peuple doit faire appel à ses représentants pour faire entendre sa volonté.

Le gouvernement affiche ainsi sa faiblesse qui est exploitée par les Palestiniens pour user et abuser de nouvelles exigences. Le premier ministre Netanyahou a proposé, sans contrepartie, de libérer 104 prisonniers. Mais cette concession n’est plus suffisante pour les Palestiniens qui à présent imposent leurs propres conditions en exigeant que des prisonniers arabes israéliens figurent parmi les personnes élargies. Ils s’insèrent ainsi dans la politique intérieure d’Israël en se préoccupant du sort de ses citoyens, arabes soient-ils, avec une arrogance incompréhensible, accompagnée de menaces : «nous attendons de voir ce qui se passe et si la libération n’est pas certaine, les plans originaux des palestiniens vont changer».

Les Palestiniens ont donc réussi à retarder la réunion du gouvernement parce qu’il fallait convaincre les ministres indécis comme si la politique israélienne se décidait à Ramallah. On comprend mal la position d’un gouvernement timoré qui hésite et qui accepte que les Palestiniens exigent la libération des Arabes israéliens comme une condition préalable aux négociations. Peut-être faudra-t-il soumettre à référendum la décision de libérer ou non les prisonniers arabes israéliens !


4 commentaires:

AMMONRUSQ a dit…

Bonsoir,
Je ne vis pas en Israël, mais le sort de ce pays me préocupe toujours autant,cependant la politique est toujours un peu compliquer et celle d'Israël n'échappe pas à la règle, j'ai même l'impréssion que c'est encore plus compliquer, merci de nous éclairer un peu.

andre a dit…

La contrepartie de la libération de104 prisonniers palestiniens au fur et à mesure de l'avancée des pourparlers, c'est avant tout la reprise des négociations sans conditions préalables sur les lignes de1967, Jerusalem et le gel des constructions.
Ce n'est pas cher payé de libérer des tueurs qui ont fait plus de 20 ans de prison et ne pas aborder des pourparlers après avoir consenti d'avance à toutes les exigences arabes. Critiquer le Premier Ministre est trop facile. Se souvenir que la politique c'est l'art du possible ( Bismarck) .
André M

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Que diriez-vous d'un gouvernement qui organiserait un référendum persuadé d'obtenir un OUI à la question posée, qui obtiendrait un Non, et n'en tiendrait aucun compte, agissant comme s'il avait obtenu un OUI ?

Ou bien que diriez-vous d'un gouvernement qui poserait une question en référendum, obtiendrait un NON, et reposerait la question autant de fois que nécessaire jusqu'à obtenir un OUI ?
Ce sont des choses qui se sont vues récemment dans nos démocraties dites avancées.

Alors pas d'affolement, vous savez bien que les dirigeants des pays dits démocratiques savent tricher pour imposer leur volonté, quelle qu'elle soit, à leurs peuples.
C'est même une des principales raisons qui fait que leurs peuples leur font si peu confiance.
Mais ceci est une autre histoire.

Très cordialement.

kravi a dit…

Un sondage n'est pas un référendum, mais il semble que plus de 85% des israéliens refusent cette libération de terroristes ayant du sang sur les mains.