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jeudi 1 août 2013

DAHLAN VEUT JOUER SA CARTE POLITIQUE ET POURSUIT ABBAS À LA HAYE




LE REGARD DE JACQUES BENILLOUCHE POUR  TRIBUNEJUIVE.INFO

DAHLAN VEUT JOUER SA CARTE POLITIQUE ET POURSUIT ABBAS À LA HAYE


Mohammed Dahlan

Avec la chute des Frères musulmans au Caire et l’affaiblissement du Hamas à Gaza, Mohamed Dahlan estime qu’il est temps pour lui de refaire surface sur la scène politique après avoir été, durant plusieurs années, haut responsable de la sécurité de l’Autorité palestinienne.





Conflit avec Mahmoud Abbas


Haniyeh, Abbas et Dahlan


En tant que combattant du Fatah, il avait été plusieurs fois incarcéré dans les prisons israéliennes où il a appris couramment l'hébreu ce qui lui facilite les contacts avec le gouvernement israélien. Longtemps homme fort à Gaza, il est considéré comme un habile politicien et un rempart contre les islamistes qui ont mis sa tête à prix. Il avait été sacrifié par Mahmoud Abbas sur l’autel de la réconciliation avec le Hamas et avait été contraint à l’exil en Jordanie en 2011. Depuis, il vit un exil doré entre Amman et Dubaï et on le dit très proche des Princes locaux qui le financent bien qu’il dispose d’une fortune personnelle acquise du temps où il était le maitre de Gaza.
Sa disgrâce avait été imputée à ses violentes attaques personnelles contre Mahmoud Abbas qui «ne reconnait ni le droit et ni la morale et qui se sent au-dessus de la loi. Il tente de dissimuler ses échecs politiques. Le Fatah a perdu Gaza, le parlement et même les élections municipales. Nous sommes devenus sans horizon politique et il n'y a aucun espoir pour les palestiniens. Nous sommes dans une situation pathétique». Il n’hésitait pas à contester son leadership et il avait même exigé des explications sur les 1 à 2 milliards de dollars du Fonds d’investissement palestinien, envolés à la mort de Yasser Arafat, et qui auraient été transférés en 2005 à Mahmoud Abbas. 

Mohamed Dahlan, symbole de la collaboration arabo-américano-israélienne, rêvait d’occuper le poste de vice-président qu’il n’a jamais obtenu. Il sort à présent de l’ombre car il sent que la situation pourrait tourner en sa faveur face à la montée des mécontentements en Cisjordanie et à Gaza et à après le retour de l’armée en Égypte. 
Il avait été qualifié comme l’homme à la fois de la CIA et du Mossad tant il était proche des occidentaux. Les rumeurs semblent avoir été plusieurs fois fondées. Vanity Fair avait révélé en 2008 qu’il avait rencontré George W. Bush pour obtenir que la CIA finance un coup d’État avorté contre le Hamas. Il avait obtenu des fonds américains pour créer en Cisjordanie une structure paramilitaire qui est encore en place et dans l'attente d'une mobilisation. Dahlan est tellement impliqué avec les israéliens que le Shin-Bet israélien, service de sécurité intérieure, assure sa protection lors de ses déplacements.



Ancien homme fort de Gaza



L’ancien homme fort de Gaza, sous le règne d’Arafat, ne perd pas espoir de reprendre le contrôle de sa région qu’il dirigeait d’une main de fer. Il sait que les nouveaux dirigeants égyptiens ont rompu avec le Hamas accusé de fomenter, avec l’aide du Djihad islamique, des troubles au Sinaï pour les étendre à toute l’Égypte et pour remettre les Frères musulmans au pouvoir. 

Mahmoud Ezzat

D’ailleurs quelques hauts dirigeants des Frères égyptiens, conduit par le Numéro 4 de la Confrérie, Mahmoud Ezzat, ont mis en place un poste de commandement au Beach Hôtel à Gaza pour s’organiser et préparer la reconquête militaire. Dahlan, ayant toujours gardé de bonnes relations avec l’armée égyptienne, s’est proposé de les aider pour éradiquer l’abcès djihadiste à Gaza. Il n’attend que l’ordre de traverser la frontière égyptienne avec ses troupes pour en découdre avec le Hamas en entrant en force à Gaza par la frontière de Rafah.


Olmert, Dahlan et Mofaz

Les membres du bureau politique du Hamas, l’accusent officiellement de travailler pour les services de renseignements israéliens en expliquant que Dahlan a chargé certains de ses agents du Fatah de recueillir des informations détaillées sur les membres du Hamas à Gaza et, en particulier, de déterminer le lieu de leur résidence. Les israéliens auraient réussi certaines éliminations ciblées grâce à lui. Cette collaboration explique pourquoi les tentatives égyptiennes de réconcilier le Fatah et le Hamas étaient vouées à l’échec.



Motivations nationalistes



Dahlan avec les portraits du roi de Jordanie

Les motivations de Dahlan sont nationalistes. Il agit parce qu’il est convaincu que le régime de Gaza nuit aux intérêts des palestiniens. Il sait que la partition entre la Cisjordanie et Gaza satisfait les israéliens et les américains qui, grâce à cette scission, arrivent à mieux peser sur les deux clans palestiniens. Il justifie donc son activisme pro-occidental par la nécessité de donner à l’Autorité les moyens financiers et militaires pour étendre son pouvoir à Gaza.

Par certains côtés, Dahlan reste un illuminé. Des sources du renseignement israélien affirment qu’en tant que ministre, il avait présenté à son comité central un plan d’invasion de Gaza pour restaurer le pouvoir de l’Autorité palestinienne. Il avait prétendu que plusieurs pays européens et arabes approuvaient son initiative puisqu’ils acceptaient de former ses troupes pour la réussite de la mission. Il a donc collaboré avec les experts sécuritaires jordaniens, israéliens et même égyptiens. Son plan reste toujours d’actualité mais impliquerait aussi Israël et l’Égypte. Les occidentaux avaient été sceptiques sur la viabilité d’un tel projet car le coup d’État de 2007 à Gaza fut un échec cuisant et la fuite des généraux du Fatah vers l’Égypte n’avait pas été perçue comme une preuve de courage ni comme une volonté de réussite. 
 
Al-Qaeda au Sinaï

Mais l’influence néfaste d’Al-Qaeda au Sinaï redonne à Dahlan une certaine crédibilité. Aujourd’hui il veut reprendre du service face à un président d’Autorité faible et discrédité par son peuple qui manifeste moins pour la liberté que pour une amélioration de ses conditions de vie. Dahlan se présente donc en sauveur, en surfant sur les différents mécontentements et en particulier sur la déception des partisans de Salem Fayyed renvoyé de son poste de premier ministre sur injonction du Hamas.



Plainte à La Haye


Tribunal de la Haye


Parallèlement à son offre de services à l’Égypte, Mohamed Dahlan a lancé une opération de destitution du président de l’Autorité. Il a ainsi déposé le 24 juillet une plainte contre Mahmoud Abbas auprès de la Cour Internationale de justice de La Haye où il n’hésite pas à laver le linge sale en public. Ce tribunal n’est normalement pas compétent pour traiter d’une affaire pareille mais Mohammed Dahlan avait reçu une autorisation spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU pour déposer sa plainte ce qui donne un éclairage sur les nombreux soutiens dont il dispose auprès des occidentaux. Le document rédigé est une attaque virulente contre Mahmoud Abbas et semble volontairement avoir été rédigé au moment où les discussions pour une négociation de paix avec les israéliens est en cours.

Dahlan, qui a obtenu ses lettres de noblesse dans les prisons israéliennes, fait partie de la nouvelle vague de palestiniens qui sont prêt à oublier le passé pour obtenir un État pour son peuple à l’occasion d’un arrangement pacifique avec Israël. Il est persuadé qu’il aurait pu réussir si la place de président de l’AP, promise par Yasser Arafat, lui avait été octroyée. Il en avait l’étoffe mais il avait été bloqué par le Hamas qui voyait en lui un concurrent sérieux. 

Dahlan s’est attaché les services de deux grands avocats arabes israéliens pour poursuivre Mahmoud Abbas au tribunal. Il l’accuse de monopoliser le pouvoir avec l’argument qu’il a été élu depuis huit ans et que son mandat est expiré depuis longtemps. Il se plaint que la Cisjordanie et Gaza vivent sous un vide juridique qui interdit toute bonne gouvernance et toute décision légale sur l’avenir de la région.

Dans son accusation écrite, Mahmoud Abbas est qualifié de «despote corrompu» et de «dictateur énergique» qui ne recule devant rien pour écarter ses rivaux politiques. Dahlan accuse en effet : «Ce n'est pas un secret pour personne que l'Autorité palestinienne et ses dirigeants sont entachés par la corruption à grande échelle. Ses différentes agences violent les droits de l'homme dans les zones sous leur contrôle. L'abus des droits de l'homme, la corruption, la mauvaise gestion, l'absence de séparation entre les différentes branches et le manque d'indépendance des tribunaux dans les territoires ont tous été critiqués par de nombreux organismes locaux et internationaux».

Il s’estime personnellement lésé dans ses biens et accusé sans fondement après avoir indument été privé de son immunité parlementaire. Il n’y va pas de main morte dans sa plainte : «C'est une preuve inattaquable, non seulement de l'ampleur alarmante de la corruption et de la tyrannie qui est omniprésente dans l'Autorité palestinienne et ses dirigeants, mais aussi du fait que le droit, la justice et les institutions constitutionnelles et législatives de l'Autorité palestinienne sont bafoués. L'Autorité est un régime tyrannique d'une seule personne, à savoir Abou Mazen et les institutions de l'Autorité ; ses budgets et les liens internationaux ne sont que des outils au service de Mahmoud Abbas et de sa famille, au profit  de leurs intérêts économiques, politiques et personnels».

Cela fait certes désordre de la part d’un ancien dirigeant qui a profité du système palestinien, qui a équipé aux frais de l’Autorité des milliers d'hommes armés du Fatah dans la bande de Gaza qui étaient à ses ordres et qui lui vouent une admiration sans borne. L’objectif de Dahlan, par une plainte internationale qui risque d’être instruite pendant longtemps, a pour but d’étendre un voile de suspicion sur les dirigeants palestiniens avec une volonté affichée de les discréditer vis-à-vis des Occidentaux. Il veut précipiter la relève par la nouvelle vague palestinienne qui estime que son printemps est arrivé. Mohamed Dahlan joue gros en s’attaquant à ses anciens amis. Mais pour parvenir au sommet, il a posé deux fers au feu : l’action militaire contre Gaza et l’action judiciaire contre Abbas. 

 http://www.tribunejuive.info/moyen-orient/dahlan-veut-jouer-sa-carte-politique-et-poursuit-abbas-a-la-haye


1 commentaire:

Pat Quartier a dit…

Merci pour ce coup de projecteur chez les Borgia palestiniens!
Article intéressant, comportant des raisons de s'inquiéter et de se réjouir si un tel personnage vient à la tête des palestiniens.