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samedi 22 juin 2013

L’IRAK S’INVITE DANS LE CONFLIT SYRIEN



L’IRAK S’INVITE DANS LE CONFLIT SYRIEN

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
               
Irak frontière Syrie
           L’Iran a organisé la prise de contrôle de l’Irak par Hezbollah interposé, en s’appuyant sur une nouvelle élite irakienne particulièrement pro-Hezbollah. Au lendemain même du départ des américains d'Irak, le Hezbollah et les Iraniens se pavanaient à Bagdad, dans un premier festival, pour narguer les Américains. En utilisant son sous-traitant islamiste bien armé par ses soins, l’Iran a réussi à imposer un gouvernement irakien, à sa solde, dirigé par des chiites, afin de mieux manipuler Bagdad, tout en imposant sa mainmise sur le pays, quitte à en accepter la partition. Il a surtout une visée affirmée sur les champs pétrolifères du sud afin de gérer l’approvisionnement mondial en pétrole et de se doter d’une nouvelle capacité de raffinage qui fait défaut en Iran.



Mouvements à la frontière


Al-Maliki et Ahmadinejad


            Les Iraniens soutiennent avec force le régime de Bachar Al-Assad et, devant le projet des Occidentaux d’armer la rébellion, ils ont décidé de contrebalancer cette aide en faisant intervenir leur satellite irakien en Syrie. Pour l’instant les troupes irakiennes n’ont pas franchi la frontière mais elles se tiennent prêtes, obéissant aux ordres des ayatollahs. Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki, commandant en chef des forces armées irakiennes, a décidé dans la nuit du 16 Juin de déplacer près de 8.000 soldats irakiens vers les frontières de Syrie et de Jordanie dans une sorte de mise en garde aux Occidentaux.

Il peut s’agir d’une mesure symbolique à l’intention de la rébellion syrienne tout comme d’une mesure à destination interne. Selon un haut responsable du bureau militaire du premier ministre : «quatre régiments de l'armée de terre, chacun constitué de près de 2.000 soldats et protégé par des hélicoptères armés, étaient arrivés à la frontière avec la Jordanie et la Syrie. L'objectif est de sécuriser les zones irakiennes proches de la frontière et d’empêcher les combattants de se faufiler en Irak. Les forces, qui sont finalement arrivées à la frontière, sont équipées d'armes lourdes sophistiquées».

La menace est claire. Si les Occidentaux interviennent en Syrie, ils prennent le risque d’embraser la région car l’Irak serait partie prenante dans le conflit. L’Irak est pourtant déjà très occupé à l’intérieur de ses frontières car des attentats ciblés font des dizaines de morts dans les régions à majorité chiite. Le 16 juin, un attentat à la voiture a fait 30 morts dont des membres des forces de police. D’autres ont touché la zone industrielle de Bagdad en visant des travailleurs dans la construction. Ces actions sont organisées par les sunnites d’Al-Qaeda qui s’opposent au gouvernement pour créer leur propre État islamique. 
Prisonniers d'Al-Qaeda en Irak


Désordre intérieur généralisé


Attentats en Irak


Toutes les villes chiites sont touchées, la ville de Bassorah et la ville de Najaf en particulier. Rien qu’au mois de mai 2013, 1.045 civils sont trouvé la mort et 700 en avril. Et pourtant on en parle peu dans les médias comme si les morts ne comptaient pas. Les Irakiens sont déjà suffisamment occupés par leur désordre intérieur pour songer à porter secours à leurs voisins syriens. En fait le premier ministre veut combattre les forces d’Al-Qaeda qui s’opposent au régime de Bachar Al-Assad mais qui ont aussi un plan pour concentrer leurs troupes au centre des villes d’Irak. 
Jabhat Al-Nusra
Leur objectif est de détourner l’armée irakienne de la frontière syrienne pour réduire l’aide apportée à Bachar Al-Assad. Les combattants d'Al-Qaeda opèrent en Syrie à travers l’organisation Jabhat al-Nusra (le front du peuple), comprenant en son sein des officiers de l’ancienne armée de Saddam Hussein qui coordonnent les combattants, à la fois en Syrie et en Irak. C’est pourquoi l’installation des troupes de l’armée régulière irakienne a pour but de couper les communications entre ces deux groupes d’Al-Qaeda.

Les affrontements armés entre forces des deux côtés de la frontière irako-syrienne se multiplient. Al-Qaeda vise à instituer un État islamique sunnite en Irak et c’est pourquoi d’ailleurs il a choisi un irakien, Abou Bakr Al-Baghdadi, pour diriger l’organisation afin de peser sur son objectif. Quelle que soit l’évolution de la situation, l’Irak pourrait souffrir des conséquences du conflit. Il a déjà exprimé ses craintes dans une victoire potentielle de l'opposition syrienne qui aurait des répercussions sur les tenants des rênes du pouvoir en Irak. 
Abou Bakr Al-Baghdadi
Cela explique la volonté de Maliki de monter au créneau pour apporter son aide aux syriens. Il est persuadé qu’une chute d’Assad ferait émerger un pouvoir d’extrémistes, inspirés d’Al-Qaeda, totalement opposés aux irakiens qui n’auraient d’autre objectif que de bouter les Iraniens hors du pays. Inversement une victoire du régime actuel syrien risque de repousser les combattants rebelles d’Al-Qaeda vers le sanctuaire d'Irak avec le risque de déstabilisation du pays. C’est tout le dilemme auquel doit faire face l’Irak dont on parlait peu jusqu’à présent.


1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…



Cher monsieur Benillouche,

Je ne sais si c'est à ma nature d'"hédoniste euphorique" - révélée par l'étude de mon thème astral - à laquelle je dois ce résultat, mais j'ai vu beaucoup de positif dans votre article que, pour ma part, j'aurais intitulé : " Les loups menacent de se dévorer entre eux".

Très cordialement.