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jeudi 13 juin 2013

IRAN : ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE SUR FOND DE NUCLÉAIRE



IRAN : ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE SUR FOND DE NUCLÉAIRE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


Six candidats iraniens

Les israéliens ne se passionnent pas vraiment pour l’élection présidentielle iranienne du 14 juin ou, du moins, ils le montrent peu. Les manchettes des journaux sont discrètes comme si l’on n’attendait rien de nouveau de ce scrutin. Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, en visite à Varsovie, a donné son avis sur cette élection : «Les prétendues élections en Iran n'auront aucune importance et n'apporteront aucun changement. Il y aura toujours un seul homme au pouvoir, cherchant la puissance nucléaire».


Ahmadinejad et son dauphin écarté

Certes, le nouveau président ne peut être pire que le sortant Ahmadinejad qui n’a pas le droit de se représenter et dont le poulain a été écarté de la course par le Conseil des Gardiens de la Constitution. Et pourtant les thèmes abordés par les candidats avaient de quoi intéresser puisqu’ils ont mis la question du nucléaire au centre de cette élection. Les observateurs israéliens justifient ce désintérêt  parce que, les candidats indépendants ou modérés ayant été écartés, le choix est limité aux candidats conservateurs largement extrémistes.



Centrifugeuses ou qualité de vie


Cette discrétion tient au fait qu’Israël ne cherche pas à perturber les discussions censées rester secrètes, engagées entre les États-Unis et l’Iran, qui se poursuivront avec le nouveau président, quel qu’il soit. Le débat télévisé du 7 juin a été révélateur en la matière puisque les candidats se sont affrontés uniquement sur la politique nucléaire : «c’est bien d’avoir des centrifugeuses, à condition que la vie des gens s’améliore».
Saïd Jalili

Saïd Jalili, qui a perdu sa jambe droite au combat contre l’Irak en 1987, est un candidat sérieux.  Docteur en sciences politiques, il avait été nommé vice-ministre des affaires étrangères sous la présidence Khatami en 1997 et chargé des relations avec l’Amérique. En 2007, il est devenu le «représentant direct du Guide Suprême au sein du Conseil suprême de la sécurité nationale» et à ce titre il a conduit les négociations avec le monde occidental sur le programme nucléaire. Très proche d’Ali Khamenei et négociateur intransigeant, il est partisan d’une politique étrangère agressive. Il prône un durcissement de la position iranienne dans les discussions avec les grandes puissances. Lors du débat, il a cependant essuyé un tir nourri de la part des autres candidats qui l’accusent de n’avoir fait aucun progrès dans les négociations avec les puissances mondiales.
Ali Akbar Velayati

L’ancien ministre des affaires étrangères et candidat, Ali Akbar Velayati, autre proche de l’ayatollah Khamenei, a jeté le doute sur les capacités de Jalili à conduire les affaires du pays car il le trouve trop théoricien : «Ce que les gens voient, M. Jalili, c'est que vous n'êtes pas allé de l'avant, même une seule étape, et la pression de sanctions internationales existe toujours. L'art de la diplomatie consiste à préserver nos droits nucléaires et à ne pas voir augmenter les sanctions». 


Pragmatisme


Hassan Rohani


Hassan Rohani est membre, depuis 1999, de l'Assemblée des Experts, qui élit le Guide de la révolution et qui a le pouvoir le cas échéant de le démettre de ses fonctions. Rohani a continué ses études au Royaume Uni à Glasgow Caledonian University où il a obtenu son Doctorat en Droit. Il est membre du Conseil Suprême de Sécurité Nationale et dirigeant du Centre pour la Recherche Stratégique. Qualifié de candidat modéré, il a été le négociateur nucléaire sous la présidence de l’ex-président réformateur Mohammed Khatami.  Proche de l’ancien président pragmatique Rafsandjani, en fonction entre 1989 et 1997, il a suscité l'intérêt du public avec ses appels à la diplomatie et à la conciliation. L'ancien président Rafsandjani affirme que son allié modéré Hassan Rohani est «plus approprié» que d'autres pour diriger le pays.
Rafsandjani

Rohani, considéré comme le «candidat du camp réformiste», a critiqué les positions extrémistes adoptées dans la politique nucléaire : «Tous nos problèmes proviennent de ce que nous n'avons pas fait un grand effort pour empêcher le dossier nucléaire d'aller au Conseil de Sécurité de l’ONU.» Il veut négocier avec les puissances mondiales une suspension de l'enrichissement d'uranium, repris en 2005 par Ahmadinejad, afin d’alléger la pression occidentale sur Téhéran : «Il est bon d'avoir des centrifugeuses en fonctionnement à condition que la vie et les moyens de subsistance des populations suivent ». Il estime que l’aggravation de la situation économique impose une pause dans le développement d’une technologie nucléaire avancée. Principal négociateur sur les questions nucléaires entre 2003 et 2005, il est accusé par ses adversaires d'avoir dévoilé des informations considérées comme confidentielles sur le programme nucléaire de Téhéran.


Pouvoirs limités


Les israéliens jugent l’élection sans d’intérêt car ils estiment que les pouvoirs du président sont limités. Il gère effectivement les affaires intérieures et en particulier l’économie mais il n’a aucune influence sur les questions de politique étrangère, nucléaire et militaire, du seul ressort de Khamenei. Ce dernier veut éviter l’expérience négative qu’il a vécue avec Ahmadinejad, en particulier la crise de 2009, et il souhaite imposer un candidat loyaliste fiable à la présidence. Son influence pourrait être décisive.
Mohammad Bagher Ghalibaf

Les analystes ne considèrent pas l’élection comme pliée d'avance bien que Jalili ait des liens étroits avec le Guide suprême. Un candidat surprise peut cependant émerger de ce combat féroce en la personne du populaire maire de Téhéran, le conservateur pragmatique Mohammad Bagher Ghalibaf. Un sondage l’a placé en tête du débat télévisé parce qu’il est jugé le plus capable pour résoudre les problèmes économiques. Mohammad Qalibaf est considéré comme un jeune technocrate moderne. Pilote qualifié et chef de l'aile armée de l'air des Gardiens de la Révolution durant la guerre avec l’Irak, il a commandé les forces de police du pays. Il figure parmi les opposants les plus critiques d’Ahmadinejad  sur l'économie et sa gestion du pays. Il s’est acquis les faveurs des iraniennes en les autorisant pour la première fois à servir dans la police. 
Selon un sondage du 12 juin, Mohammad Bagher Ghalibaf mène la course à la présidentielle avec 17,8% des intentions de vote, devant Hassan Rohani (14,6%), suivi de Saïd Jalili (9,8%).


2 commentaires:

Gérard AMSELLEM a dit…

« Turban blanc...blanc turban.....j'espère que les centrifugeuses vont bien les essorrer. »

Lucien GOZLAN a dit…

C est quand, le dépassement de la "ligne rouge"????????......