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vendredi 14 juin 2013

ELECTION EN IRAN Par Gérard AKOUN



ELECTION EN IRAN

Par Gérard AKOUN, directeur Judaïques F.M



Ali Khamenei
Vendredi, les iraniens iront voter pour élire un nouveau président qui succédera à Mahmoud Ahmadinejad  qui a déjà rempli deux mandats et ne peut donc se représenter. En principe, il ne faut pas s’attendre, à quelque divine surprise ; le Guide suprême, Ali Khamenei, a verrouillé cette élection  en rejetant les candidatures de ceux qui auraient pu faire preuve d’indépendance à son égard. 

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Ultraconservateurs



Le candidat  du président sortant, comme celui des réformateurs n’a pas été retenu. Six candidats, dont  cinq ultraconservateurs, restent en lice.  Le futur vainqueur devrait être un des fidèles du Guide à moins qu’Hassan Rohani, un religieux que l’on pourrait qualifier  de conservateur modéré, à l’image de l’ancien président Mohammed Khatami, ne cause la surprise. Il bénéficie d’un  soutien de poids, celui de Hachemi Rafsandjani, un des fondateurs de la République islamique, qui a la réputation d’être plus libéral et qui a été écarté du scrutin.
Hassan Rohani

Dans la mesure où  les réformateurs sont  privés de représentant  dans cette élection, ils devraient, s’ils ne s’abstiennent pas, lui apporter leurs suffrages. Encore faudrait-il qu’il n’y ait pas, comme lors du scrutin de 2009, des manœuvres frauduleuses identiques à celles  qui ont permis à Ahmadinejad de voler la victoire à Mir Hossein Moussavi et  Mehdi Karoubi. Mais, si jamais Hassan Rohani devait  remporter l’élection,  il me semble qu’il serait difficile pour le Guide suprême de falsifier à nouveau les résultats et de faire face à une nouvelle révolte des électeurs bafoués.



Économie en berne



Depuis juin 2009 la situation économique ne s’est guère améliorée, la monnaie se déprécie, l’inflation est galopante et le chômage en augmentation. La production de pétrole est en baisse en raison de l’embargo  sur les exportations.  L’Union Européenne en absorbait 18%.  L’Iran a perdu sa place de deuxième pays producteur au profit de l’Irak. L’Iran ne pourra, bientôt plus, importer l’acier européen dont il a besoin. La population  est de plus en plus affectée par les sanctions internationales qui sont imposées à l’Iran, en raison de sa politique nucléaire : il refuse de soumettre ses  installations nucléaires aux inspections de l’AIEA et continue à enrichir son uranium.  Le pays souffre d’une pénurie de devises, de dollars en particulier,  qui l’empêche d’acheter de très nombreux  produits sur le marché mondial. Mais il n’est pas certain que  les iraniens fassent  le lien entre la course au nucléaire militaire et  l’aggravation de la situation économique.

Hassan Rohani, contrairement à ses adversaires  ultra conservateurs,  promet un changement radical de la diplomatie iranienne. Il a déclaré «Je n'approuve pas la politique étrangère actuelle du pays. Nous cherchons à avoir une bonne entente avec les pays étrangers pour réduire pas à pas les sanctions et les supprimer totalement». Hassan Rohani prône plus de souplesse avec la communauté internationale pour régler le problème du nucléaire. Il avait été le négociateur sur le nucléaire entre l'Iran, la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne entre 2003 et 2005 sous la présidence de  Mohammed  Khatami. Il avait en 2003 réussi à  obtenir du Guide suprême une suspension temporaire de l’enrichissement de l’uranium.

Il n’est pas certain  que dix ans après il puisse obtenir le même geste de bonne volonté, alors que l’Iran est très proche du but qu’il s’était fixé et que le contexte international lui est favorable. Mais sait-on jamais, s’il était élu…….


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