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samedi 1 juin 2013

A PROPOS DE «LA MODÉRATION DE NETANYAHOU VIS-À-VIS DE LA SYRIE»



A PROPOS DE «LA MODÉRATION DE NETANYAHOU VIS-À-VIS DE LA SYRIE»

Par Jean SMIA
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Visiblement la temporisation générale sur ces événements ne reflète que la perplexité des gouvernants sur la réorientation de leurs politiques au vu de la refonte des frontières du Moyen-Orient.


                       Frontières artificielles 


           Ces frontières tracées par le colonialisme qui, dans tout le Moyen-Orient, se redessinent dans la violence selon des regroupements plus communautaires, y compris avec des réflexes ancestraux de tribus. C'est ainsi qu'en Irak la partition est presque confirmée ; en Syrie elle est en train de passer et va naître un pays nommé «Alalouitie» à côté d'un califat de Syrie. Les kurdes, en accord avec la Turquie, vont avoir leur État, récupéré sur la Syrie, la Turquie, l’Irak et l'Iran.



           La Libye n'a toujours pas fini son unification. En Algérie la succession d'un président en fin de règne laisse présager diverses hypothèses ; quant à la Tunisie, elle n'a toujours pas de constitution ; et l’Égypte, devant faire face à des problèmes économiques, doit gérer les grondements des libérateurs mécontents et de minorités inquiètes.



           Les pays étrangers à la région savent que les règles qui gèrent leurs intérêts politiques dans la région sont, toutes, sur le point d’être remises en question. Cependant, aucun n'a de «vista» claire sur l'attitude à prendre. Et ce qui vient encore plus compliquer les choses, c'est que l’intérêt des États-Unis pour le pétrole de la région est en baisse.

              En effet, après leur décision d'exploiter le gaz de schiste, ils sont en passe de devenir autosuffisants quant à l’énergie. Donc leur intérêt économique sur le devenir de la région est bien moins stratégique qu'au temps où Saddam avait envahi le Koweït.



          La seule chose de prévisible est une augmentation du nombre d'États indépendants dans cette partie du monde, ou de régions autonomes et que la cacophonie de l'ONU ne s'en trouvera que décuplée. Israël, avec ses frontières actuelles, risquerait de se retrouver un des plus grands États de la région. Mais il n'y représentera toujours qu'un seul vote, avec un espace de conflit tellement restreint que l'arme atomique ne serait plus opérationnelle.


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