ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

vendredi 24 mai 2013

PETITE ET GRANDE POLITIQUES Par Johann Habib



 PETITE ET GRANDE POLITIQUES

Par Johann Habib
Avocat franco-israélien
 copyright © Temps et Contretemps



Les français vivant en Israël subissent ces dernières semaines  un climat politique particulièrement agité tant par des élections législatives partielles françaises, que par une situation politico-économique israélienne instable. Curieusement, la blogosphère francophone s'attache bien plus au premier micro-événement, alors qu'une crise lame-de-fond est susceptible de bouleverser notre équilibre actuel.





Candidats, soyez dignes !




Une élection législative partielle a lieu le 26 mai prochain dans la huitième circonscription des français de l’Étranger. Elle regroupe: Chypre, la Grèce, Israël, l'Italie, Malte, Saint-Marin, la Turquie et le Vatican.

En valeur absolue, le nombre de français, ainsi que le nombre de candidats y résidant ou y revendiquant la plus grande attache, est prépondérant en Israël. Hélas, investis par un parti ou indépendants, ils ne montrent pas le meilleur du débat démocratique. Chaque jour apporte son lot de scandales, de plaintes et de calomnies dignes de la politique de caniveau. C'est sans doute pour cela que le taux de participation à la précédente élection de juin 2012 y était très faible.



Enjeu français avant tout



Pour calmer leurs ardeurs, il est utile de rappeler aux candidats, et à leur entourage zélé, que l'enjeu d'une élection législative française est avant tout nationale française et non locale italienne, israélienne, grecque, ou turque. Le député élu sera représentant, non pas d'une circonscription comme il est si souvent écrit, mais de toute la nation française.

Certes, il s'agit ici d'une élection partielle donc isolée, et de surcroît hors du territoire national. Ce qui donne l'impression d'un enjeu local. D'autre part, ces  candidats chantent tous le même refrain : «votez pour moi, vous aurez un député qui défendra Israël à l'Assemblée Nationale ».  Dangereux amalgame ! Un député est inféodé au pays dans lequel il conçoit les lois. Il peut, il doit, avoir une sensibilité, adhérer à des groupes de contact ou d'amitié, mais ce slogan apporte un argument à la thèse farfelue de la «double allégeance» chère aux antisémites.

Israël dispose d'ambassades, de relais officiels ou non, d'écrivains, journalistes, avocats, et autres décideurs, pour expliquer sa position, défendre ses individus, promouvoir sa création artistique, ses entreprises son innovation, son tourisme etc...



Retour sur Terre


Pauvre en Israël


Ces petites polémiques peuvent momentanément parasiter la perception de nos réalités. Le dernier rapport de l'OCDE, publié le 14 mai, montre que les inégalités se creusent  entre riches et  pauvres, et place Israël au 5e rang des États où l'écart entre les deux bords est le plus important. Dans le même temps, les revenus du travail ont baissé alors que ceux du capital ont augmenté,  phénomène quasiment unique dans les pays développés. Autre triste record : avec plus de 20% de pauvres, nous nous retrouvons au premier rang de l’OCDE en la matière. L'Italie et la Grèce dépassent la moyenne de 11% et la Turquie talonne Israël avec 19%.

Les manifestations devant le domicile du ministre des finances se poursuivent pour protester contre les mesures d'austérité infligées aux classes moyennes, malgré les nombreuses discussions directes avec le public sur internet. Il explique inlassablement que les quelques centaines d'euro de sacrifices consentis par chaque famille sont une «prime d'assurance» pour se prémunir de se retrouver dans la situation économique de la Grèce ou de l'Espagne.



Situation géostratégique



Le 17 Mai, à l'occasion de la visite de Guido Westerwell, ministre allemand des affaires étrangères, le premier ministre israélien a insisté  sur l'actuelle situation au Proche-Orient ayant atteint un degré d'instabilité inédit à ce jour. La Russie qui soutiendra jusqu'au bout le régime syrien, n'a pas été convaincue par la demande de Netanyahou de ne pas lui livrer des missiles S300. La crainte que ces armes tombent entre les mains du Hezbollah est bien réelle ; c'est ce qui a provoqué d'ailleurs, les récents raids pour empêcher le transfert d'armes chimiques à cette organisation terroriste. 
S300 russes

Par ailleurs,  deux déclarations  confortent le sentiment du chef de gouvernement. D'une part, le ministre iranien des affaires étrangères affirme que son pays va activer des groupes paramilitaires pour déstabiliser le Golan au Nord d'Israël. D'autre part, la Turquie, dont le gouvernement avait amorcé un réchauffement des relations  avec Israël sous l'impulsion de Barack Obama, a, par la voix de son hostile premier ministre Erdogan, insisté sur le fait qu'il n'y aurait pas de paix entre Israël et les palestiniens, sans inclure dans les négociations l'organisation terroriste du Hamas. Condition qu'Israël ne pourra bien entendu jamais accepter en l'état actuelle des choses, chacun le sait.



Nos différences



C'est bien la volonté d'apparaitre, aux yeux de leur propre peuple, comme puissance dominante au Moyen-Orient, qui pousse les dirigeants turcs, iraniens et dans une moindre mesure russes, à exprimer des déclarations ou à agir de manière irresponsable. Elles permettent de faire oublier momentanément leurs difficultés internes. 
L'économiste Boaz Tamir

Les leaders israéliens de leur côté, savent qu'aucun subterfuge ne permettra d'occulter un débat sociétal, au contraire. Il est probable qu'une des raisons de la survie d'Israël soit sa capacité à se regarder en face et se poser les bonnes questions. Il reste à y apporter les moins mauvaises réponses. L'homme d'affaires Boaz Tamir, dans un long plaidoyer publié par le journal Calcalist du 17 mai, insiste sur le fait que les entreprises internationales ne s'implantent pas en Israël pour les avantages fiscaux, sources d'inégalités, mais pour son environnement et ses ressources humaines. Replacer l'Homme et la connaissance au centre du système pour lutter contre les inégalités, en voilà une innovation!





Aucun commentaire: