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lundi 6 mai 2013

NETANYAHOU RENCONTRE LES NOUVEAUX DIRIGEANTS CHINOIS



NETANYAHOU RENCONTRE LES NOUVEAUX DIRIGEANTS CHINOIS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps



Xi-Jinping
Avec quelques heures de retard, dues à la situation sécuritaire au nord d’Israël, Benjamin Netanyahou s’est envolé pour une visite de cinq jours en Chine. Le premier ministre rencontrera les nouveaux dirigeants chinois désignés par les 3.000 délégués de l’Assemblée Populaire Nationale du 14 mars 2013. 





Nouveau chef d’État chinois



Le nouveau chef de l’État, Xi Jinping, avait déjà été nommé à la tête du parti communiste et des forces armées en novembre 2012. Il a pris ses nouvelles fonctions de chef d’État au moment où le monde est en pleine crise économique et politique, après de profonds changements intervenus dans la gouvernance de plusieurs pays. Il est encore trop tôt pour savoir la politique qui sera suivie par la Chine mais nous disposons cependant de quelques éléments probants. 
Xi-Jinping et Vladimir Poutine

XI Jinping avait choisi de faire sa première visite le 23 mars à la Russie ce qui représente un premier indice sur la nouvelle stratégie chinoise. Les américains, ayant annoncé la réorganisation de leurs priorités de sécurité vers l’Asie, ce premier voyage en Russie avait pour but de leur faire comprendre que les chinois y voyaient une politique menaçante à leur égard. Le réchauffement des relations entre la Chine et la Russie s’explique par leur volonté commune de contrer la domination mondiale des États-Unis et surtout l’ingérence occidentale en Syrie.

Mais la concurrence entre les deux pays, anciens pôles communistes, s’accorde mal avec leur amitié stratégique. Ils recherchent les mêmes marchés et les mêmes clients pour leur fournir leurs armes, l’Inde et le Vietnam en particulier. Auparavant, la Chine achetait des armes russes mais est devenue, depuis, un concurrent sérieux qui exploite la vente d’armes à des fins politiques et stratégiques.



Relations économiques bilatérales



Israël qui suivait de peu la France dans le classement des exportateurs d’armes dans le monde, mais qui avait perdu sa cinquième place depuis l’arrêt des fournitures d’armes à la Turquie, cherche à orienter ses industries militaires de haute technologie vers d’autres horizons et vers le marché chinois en particulier. Ce serait ainsi un juste retour des choses puisque les israéliens n’avaient rien trouvé à redire lorsque les chinois ont acquis le fleuron de l’industrie chimique israélienne, Agan, l'un des plus grands producteurs de produits chimiques agricoles pour la protection des cultures. 
Usine Agan Ashdod

Mais Israël pourrait intéresser les chinois dans un autre domaine. La Chine a des relations tendues pour l’accès au pétrole et au gaz russes. Le chantage sur les prix a entrainé pendant des années un blocage des livraisons. Cette dépendance est mal supportée par les chinois qui tentent par tous les moyens de diversifier leurs sources d’approvisionnement. Or Israël devrait avoir, dans les prochaines années, un surplus de gaz dans les exploitations de Tamar, Léviathan et Dalit. Benjamin Netanyahou verrait d’un bon œil son pays se substituer aux russes.

Israël a importé, en 2012, pour 5,32 milliards de dollars de produits chinois et exporté pour 2,74 milliards, selon les statistiques officielles. Les israéliens souhaitent équilibrer les échanges et atteindre le volume de 10 milliards d'ici trois ans. La Chine représente en effet un grand potentiel pour attirer des investissements en Israël. L'Etat juif dispose en revanche de plusieurs atouts ayant fait leurs preuves dans le domaine de la haute technologie : énergie renouvelable, dessalement de l’eau, communications, équipements médicaux et agriculture. 
Usine de dessalement d'eau de mer

Mais il est improbable que Xi Jinping tourne le dos aux États-Unis qui, en envoyant le secrétaire au trésor Jack Lew à Pékin, ont démontré leur intention de reprendre les contacts à haut niveau. Les israéliens y trouveraient aussi leur intérêt pour tenter de résoudre le conflit syrien et iranien sur une base politique pacifique. Le premier ministre israélien aura aussi l’occasion de rencontrer le nouveau ministre des affaires étrangères Wang Yi, qui ancien ambassadeur au Japon, aura la compétence pour rétablir des relations sereines entre la Chine et le Japon.



Conflit palestinien




Mais fait exceptionnel peu relevé par les médias arabes, Mahmoud Abbas était lui aussi en visite d’État de trois jours, du 5 au 7 mai, alors que Netanyahou s’y trouve à compter du 7 mai. À Pékin, le président palestinien a eu droit à une cérémonie d'accueil sur la place Tiananmen avec passage en revue de la garde d'honneur. Xi Jinping a salué son action politique en le félicitant d'avoir maintenu le choix stratégique de la paix.

La présence simultanée de Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu en Chine attire l’attention des observateurs qui spéculent sur cette coïncidence bien que les officiels chinois assurent que les deux leaders ne devraient pas se rencontrer. Cela paraitrait improbable que ces dates de visite aient été choisies de manière aléatoire et cela justifierait la décision du premier ministre israélien de ne pas surseoir à sa visite en pleines opérations militaires en Syrie.

Le leader palestinien vient rechercher en Chine une aide économique mais souhaiterait que les chinois arbitrent leur dialogue avec Israël et avec la Syrie sachant aussi que la Chine refuse d'endosser les appels internationaux à exercer davantage de pressions sur le régime de Bachar Al-Assad, en usant de son veto au Conseil de sécurité des Nations unies. La Chine, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, a par ailleurs soutenu la demande d'adhésion d'un État de Palestine à l'ONU, estimant qu'il s'agissait d'un «droit légitime inaliénable des palestiniens».

Benjamin Netanyahou souhaite par ailleurs obtenir un soutien des chinois face  au programme nucléaire controversé de l'Iran alors qu’aucun premier ministre n’a fait de visite en Chine depuis Ehud Olmert en 2007. Il cherche à convaincre Pékin de la nécessité d'imposer des sanctions plus sévères à l'Iran qui développe un programme nucléaire militaire. Mais la Chine songe avant tout à son approvisionnement énergétique et reste, malgré l’embargo, l'un des premiers clients du pétrole iranien ce qui explique qu’elle refuse de se joindre aux sanctions occidentales. Cependant Netanyahou pense qu’il a des cartes maitresses à jouer.

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