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vendredi 3 mai 2013

LE SIONISME DES JUIFS DE FRANCE par Mélanie HOZE



LE SIONISME DES JUIFS DE FRANCE

Par Mélanie HOZÉ
copyright © Temps et Contretemps


Depuis son élaboration comme idéologie de mobilisation nationale, le sionisme des juifs français a connu une succession d’évolutions jusqu’à la consécration avec la création de l’État d’Israël. Si cependant les juifs de France sont divers dans leurs manières d’être à la fois juifs, sionistes et français, la manifestation de cette diversité prouve-t-elle et démontre-t-elle la pluralité des modes juifs d’identification observables aujourd'hui ? Quelle est donc la place de la conscience et de l’aspiration sioniste chez les juifs de France ? 




L’an prochain à Jérusalem


Immigration de juifs religieux


            «L’an prochain à Jérusalem» est ce qui est psalmodié depuis près de deux milles ans par les juifs dans la diaspora, depuis la destruction du Temple de Jérusalem et l’exil des juifs qui s’en suivit. Paradoxalement pourtant, l’alyah des juifs de France qui s’élève à près de 2.000 immigrés par an (selon les derniers chiffres de l’Agence juive), contraste de plus en plus avec la place grandissante que prend Israël dans les préoccupations des juifs de France et dans leurs sentiments identitaires.

S’il existe un véritable espace de circulation et de proximité avec Israël, dans un rapport affectif souvent intense, nous constatons cependant dans les faits, des rapports ambivalents qui révèlent un sionisme davantage «virtuel» que «réalisateur», tel que nous l’entendions il y a quelques années, lorsque les juifs s’affirmant sionistes mettaient à exécution leur retour à la Terre de leurs ancêtres.



Le sionisme comme mode de l’identité juive



La transmission d’une conscience juive et sioniste chez de nombreux juifs a permis une réaffirmation d'une mémoire et d’une identité plus affirmée et plus militante, tant sur le terrain du combat contre les négationnistes, que contre les antisémites de tous bords, comme ceux camouflant leur antisémitisme derrière un prétendu antisionisme.

C’est ce qui permet à la communauté juive de France de se mobiliser pour apporter son soutien à Israël, pays qui demeure central dans la constitution de l’identité juive. Pourtant, les critiques de la politique israélienne sont passionnées en France de la part de certains juifs et cela reste également un sujet réel de débat au sein même de la communauté juive de France. 
Moise et les tables de la loi

La question qui se pose est de savoir comment fonctionne la transmission de leur appartenance au judaïsme par le biais de leur sensibilité sioniste alors que les juifs de France sont si bien intégrés.


Sionisme et diaspora


Aujourd’hui le tourisme de masse s’est partout développé, tandis que les mouvements de voyageurs entre la France et Israël se sont donc aussi considérablement multipliés. Mais bien que ce tourisme «militant» en Israël et cette culture juive soient intégrés dans la majorité des familles juives françaises, il est néanmoins encore de nombreux cas où, pour des motifs contradictoires, la réalisation du projet sioniste ne s’envisage pas.

L’apparente contradiction entre l’idéal sioniste de nombreux juifs de diaspora, et l’identité de nouvel immigrant en Israël se fait de manière souvent aléatoire et contradictoire. Les juifs de France qui décident de venir vivre en Israël se revendiquent, parfois, pour certains, d’abord comme français, avant toute chose. Ce double mouvement est l’expression du paradoxe sur lequel se compose, actuellement ce groupe de juifs français ayant une faible pratique religieuse ainsi qu’une faible conscience sioniste. 
Les juifs en France sont face à des problématiques identitaires, principalement celle de la définition de leur judaïté. Cette attitude d’affirmation d’une sensibilité sioniste chez certains juifs français s’avère, dans les comportements, ne pas être majoritairement liée à un désir concret de s’installer dans l’État juif, mais plutôt à un désir de vivre leur judaïté de façon plus «ethnique».

Le défi pour un certain nombre de juifs ayant émigré de France est donc de parvenir à vivre et à s’intégrer en Israël, tout en préservant leur part d’identité française qui préserve chez eux un sentiment d’appartenance à la France, démontrant ainsi la constance de sa loyauté envers la France et ses sentiments sionistes. C’est ainsi que, si la problématique identitaire dans le processus d’intégration en Israël des juifs venant des diasporas reste complexe, il prend un aspect singulier chez les juifs ayant émigré de France.

Tout juif doit alors réussir à se libérer de tous les stigmates de son exil en réapprenant à penser avec des concepts juifs comme le rappelait un des plus importants porte-paroles du sionisme religieux Léon Ashkénazi, dit Manitou.

1 commentaire:

bliahphilippe a dit…

Manitou voulait plutot que les juifs pensent comme des Hébreux, seule façon pour lui de ses débarasser des stigmates juifs de l'Exil, engoncés dans des concepts occidentaux gréco-chrétiens- sans que ce soit péjoratif pour les tenants de cette civilisation- radicalement différents de la pensée originelle (et originale) de l'Hébreu.