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jeudi 30 mai 2013

LA LIGNE ROUGE A ÉTÉ FRANCHIE par Gérard AKOUN



LA LIGNE ROUGE A ÉTÉ FRANCHIE

Par Gérard AKOUN
Directeur Judaïques FM

Le président Obama, la France, la Grande Bretagne avaient fixé à Bachar El Assad une limite à ne pas franchir, celle d’utiliser des armes chimiques dans la guerre qu’il mène contre les forces qui luttent pour le chasser du pouvoir. Cette interdiction n’était pas dénuée d’un certain cynisme : ne voulant pas, ne pouvant pas, pour diverses raisons d’ordre politique ou stratégique, s’engager directement dans le conflit en armant la rébellion, en rééquilibrant autant que se peut les forces en présence, les occidentaux fixaient une limite  à la sauvagerie, à la cruauté dont faisait preuve le dictateur syrien à l’égard de son peuple. 

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Mains libres pour des massacres




Bachar El Assad considérait qu’il avait les mains libres, tant qu’il restait  dans les limites qui lui  avaient été imparties. La violence, à l’égard des populations civiles, n’a cessé, mois après mois, d’augmenter, des quartiers entiers dans les villes de Syrie ont été dévastés, détruits par l’aviation, par les blindés. Le nombre de morts, de blessés, de réfugiés dans les pays voisins du conflit n’a cessé de croitre. 

La lutte pour plus de démocratie, pour le départ du tyran s’est transformée en guerre de religion entre les sunnites, certes majoritaires mais moins bien armés et la minorité alaouite ; des chiites  qui ne représentent que 12% de la population, mais qui dirigent  le pays d’une main de fer depuis 40 ans, avec la famille Assad.  Au sein de la résistance syrienne, les islamistes, soutenus par l’Arabie saoudite et le Qatar, et rejoints par des djihadistes en provenance du monde entier, ont pris le pas sur les démocrates au sein de la rébellion.

Les américains comme les occidentaux craignaient cette dérive islamiste. Vaccinés par l’expérience du printemps arabe, en Libye en particulier, ils n’ont pas voulu  fournir, à la résistance syrienne, les armes létales qui lui auraient permis de se trouver en meilleure position face à l’armée syrienne. Ils craignaient que ces armes ne puissent tomber entre les mains des djihadistes et  ne soient utilisées sur d’autres terrains d’affrontement.



Soutien iranien

Conseil de Sécurité

Bachar El Assad, quant à lui, bénéficie du soutien indéfectible de l’Iran mais aussi  de la Russie qui  bloque au Conseil de Sécurité,  toute résolution qui irait à son encontre et qui lui fournit tout l’armement qui lui est nécessaire y compris des fusées S300 pour empêcher  l’incursion, dans son espace aérien, de l’aviation israélienne. Rappelons  qu’Israël a déjà bombardé en Syrie des transports de missiles à l’intention du Hezbollah libanais qui combat la rébellion aux côtés des syriens et qu’il ne peut se permettre de laisser cette organisation terroriste, déjà surarmée,  disposer d’un armement encore plus sophistiqué.

Bachar El Assad était soupçonné depuis quelques semaines d’utiliser  discrètement, à petites doses,  des armes chimiques, comme s’il voulait tester  les capacités de réaction des occidentaux, en particulier celles des américains, tester la fameuse ligne rouge de Barak Obama. Allait-il subir les foudres du président américain ou celui-ci, qui ne veut surtout pas s’engager dans une nouvelle expédition au Moyen-Orient, se contenterait il de discourir ?

De fait, les réactions des occidentaux n’ont pas été très vives ; on a entendu différents responsables déclarer que cette transgression n’était pas avérée, que les témoignages fournis par l’armée syrienne libre devaient être maniés avec précaution, qu’on aviserait quand on aurait des certitudes. Et ce d’autant  que la conférence prévue à Paris sous l’égide des  russes et des  américains  dite Genève 2, pour trouver un compromis qui mettrait fin à la guerre civile syrienne, mobilisait toutes leurs énergies.

Témoins oculaires


         
Armée syrienne à Damas
Malheureusement pour eux, heureusement, peut être, pour les syriens, deux reporters du journal «le Monde» dont il faut saluer le courage, étaient clandestinement en Syrie, dans la région de Damas, au moment d’attaques au gaz par l’armée de Bachar El Assad. Ils ont été exposés à ces gaz, ils en ont subi  les effets, ils ont ramené des échantillons qui ont été confiés aux autorités françaises  pour analyse. Nous connaitrons les résultats dans quelques semaines, probablement après la tenue de la conférence de Paris dont il ne faut attendre aucun résultat si ce n’est le constat par les démocrates syriens  qu’il vaut mieux être soutenu par les russes et les iraniens que par les occidentaux.   
          Ces derniers savaient pertinemment, leurs agents secrets sont sur place, que Bachar El Assad utilisait des armes toxiques; ils n’ont rien dit mais ils ne pourront plus, maintenant, user de faux-fuyants  pour ne pas réagir. La ligne rouge a été franchie.

2 commentaires:

Jean Smia a dit…

Lorsque ceux qui fixent le niveau d'une la ligne rouge sont daltoniens, il ne faut pas esperer qu'ils la distinguent.
Ah bon ? Elle était rouge, la ligne ??

Marianne ARNAUD a dit…


Que la ligne rouge ait été franchie ou pas, ici, on entend surtout parler de ce "mariage historique" de Montpellier et de l'affaire du Crédit lyonnais, pardon ! de l'affaire Tapie.

Cordialement.