ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mercredi 22 mai 2013

HEUREUX COMME UN TERRORISTE EN FRANCE Par Marianne ARNAUD



HEUREUX COMME UN TERRORISTE EN FRANCE

Par Marianne ARNAUD
copyright © Temps et Contretemps


Mohamedou Ould Slahi

Slate vient de publier une série d'articles intitulée «Les Mémoires de Guantanamo» de Mohamedou Ould Slahi, détenu à Guantanamo depuis le 4 août 2002. Ce récit n'est qu'une longue litanie de souffrances : interrogatoires entrecoupés de tortures morales et physiques, tabassages en tout genre qui se terminent parfois à l'hôpital. Le tout extrêmement pénible à lire.



Haine des Etats-Unis



La théorie développée étant de dire : «Si les gens du monde arabe savaient ce qui se passe ici, la haine contre les États-Unis serait copieusement nourrie et les accusations selon lesquelles les États-Unis aident et collaborent avec les dictateurs de nos pays seraient renforcées.» Rien de tel en France. Et ce n'est pas la quarantaine d'islamistes radicaux qui sortent chaque année de nos prisons qui pourraient écrire de pareilles horreurs.

Jugez-en : nos terroristes-maison, quand on les arrête, sont présentés devant le tribunal correctionnel où ils sont jugés pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Cette inculpation devrait, en théorie, leur valoir d'être condamnés à dix ans de prison. Or en moyenne ils ne sont condamnés qu'à cinq ans dont ils n'effectuent, toujours en moyenne, que deux ans et demi.



Cas du djihadiste algérien


Saïd Arif

Prenez le cas de Saïd Arif qui défraie la chronique ces jours-ci. Ce djihadiste algérien avait été condamné à dix ans de prison mais était sorti ayant purgé sa peine au bout de cinq ans. Le juge Bruguière considérant que c'est «un homme dangereux, alliant le charisme d'un chef de réseau au savoir-faire d'un artificier», n'avait-il pas déclaré le 21 mars à un journal local : «Les attentats suicides sont le meilleur moyen de lutte pour les islamistes. Avec une voiture piégée vous tuez 150 à 200 personnes » ? Le juge Bruguière donc, décide son extradition vers l'Algérie. Mais c'est ne pas prendre en compte la magnanimité de la France. Car, explique un juge : « ...puisque ces individus sont indésirables dans leur pays ou que leur sécurité pourrait être mise en cause s'ils devaient y retourner, la place Beauvau les envoie à la campagne, dans le Massif central ou ailleurs, en priant pour qu'ils se tiennent à carreau.»

Et c'est ainsi que notre brave Arif s'est retrouvé en résidence surveillée – mais finalement pas tant que ça – dans une auberge à Brioude, charmante petite ville de Haute-Loire. Au bout de six mois de ce régime, il ne lui a pas été très difficile de prendre la fuite à bord de la voiture volée à la femme de son hôtelier. Il paraît que son arrestation est devenue une priorité pour Manuel Valls qui a déjà fort à faire pour retrouver Redoine Faïd, ce caïd-braqueur qui s'est enfui de la prison de Séquedin en faisant sauter les portes à l'explosif.

On verra bien comment tout cela se terminera. Mais gageons que si Saïd Arif écrivait un jour ses Mémoires, elles seraient très différentes de celles de Mohamedou Ould Slahi. Et connaissant mes compatriotes comme je les connais, il y a de fortes chances qu'ils en fassent un best-seller.

4 commentaires:

Jean Smia a dit…

Il y a un double langage de l’État au sujet de ces gens :
Le ministre de l'intérieur doit nous donner le change, devant la télé, en affirmant que «  tout est mis en œuvre pour... etc.. etc.. », pendant que le Quai d'Orsay les considère comme des interlocuteurs plausibles puisqu'ils agissent selon la ligne du quai d'Orsay : «  anti-Amérique et anti-Israel »
En cette période de disette, des militants payés par Al-kaîda ou le Qatar, pour promouvoir les objectifs du Quai d'Orsay, c'est toujours ça d'économisé.

kravi a dit…

Bon article et excellent commentaire de Jean Smia.
Il faudra bien choisir nos priorités un jour ou l'autre : lutter contre le terrorisme n'est pas une affaire de midinette ou de bienséance. La démocratie ne doit pas se rendre infirme. Avec le terrorisme, laissons tomber les cas de consciences.

Marianne ARNAUD a dit…


@ Jean Smia

Je vous remercie pour votre commentaire.
Je me demande même si les choses ne sont pas plus graves que vous ne les voyez ?
L'Etat français se trouve, selon moi, gravement empêtré dans ses contradictions qui font que, s'il est capable de combattre sans merci les terroristes au Mali, il n'en est absolument pas de même sur le sol français.
Je n'en veux pour preuve que ce projet de loi de 2011 qui prévoyait une rétention administrative jusqu'à dix-huit mois, ainsi qu'une interdiction du territoire français ou un arrêté d'expulsion, pour les étrangers ayant purgé leur peine, et auxquels il était reproché "un comportement lié à des activités à caractère terroriste pénalement constatées", projet de loi immédiatement combattu par les associations des droits de l'homme, et qualifié de "Guantanamo français".

Cordialement.

Marianne ARNAUD a dit…


@ kravi

Je crois que ma réponse à Jean Smia répond à votre commentaire dont je vous remercie.

Bien cordialement.