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mardi 30 avril 2013

UNE MÉDECINE PAUVRE DANS LES PAYS RICHES



UNE MÉDECINE PAUVRE DANS LES PAYS RICHES

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
         
         
Université de médecine de Paris

       Il est paradoxal que des pays qui regorgent de richesses naturelles, en plus du pétrole et du gaz, ne fassent pas un usage judicieux de leurs ressources. Pour garantir une expansion technologique à la hauteur des défis du millénaire, l’éducation devrait être pour ces pays l’objectif fondamental en dehors de toute contingence politique. Investir dans l’éducation est l’assurance que le relais sera passé aux générations futures et que le pays s’oriente vers une véritable indépendance. 
          Or de nombreux pays souffrent de la malédiction du pétrole car au lieu d’investir pour l’avenir, ils gaspillent l’argent, au pire pour l’achat d’armes et au mieux pour la distribution à fonds perdus de subsides à une population assistée.




Pénurie de médecins


Chavez malade à Cuba


            Deux cas viennent de prouver que des pays riches en pétrole manquent de médecins pour soigner leurs propres dirigeants. Ce fut le cas pour le vénézuélien Hugo Chavez qui a dû s’exiler à l’étranger afin de soigner son cancer par des chirurgiens cubains. C’est le cas aujourd’hui avec le président algérien Bouteflika qui a été victime d’un AVC et qui se fait soigner à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris. Il avait déjà été traité en 2009 dans un hôpital suisse pour des problèmes cardiaques . Quand on connait les risques de transporter un malade par avion, on en déduit que seule l’absence de compétence locale a conduit à prendre des risques calculés.
Hôpital Val-de-Grâce

Il est vrai que le Val-de-Grâce est l'hôpital des puissants qui y mène leur dernier combat contre la mort. Il garantit le secret des grands de ce monde car le personnel fait partie de l’armée, donc soumis au secret-défense. Il est probable aussi que les dictateurs ne font pas confiance à leurs propres médecins qui pourraient être tentés d’abréger leur vie par vengeance, par intérêt ou par opportunité. Ceux qui choisissent l’exil pour cause de maladie semblent parfois vouloir rester loin des intrigues, des guerres de successions et des renversements de régime qui suivraient leur éventuelle disparition. Ils pensent que leur décès à l’étranger laisse le champ libre à toutes les ambitions.

Moyens algérien limités

Faculté de médecine La Perrine à Alger


Mais ces pays souffrent en fait d’un manque d’investissements, à la fois dans la construction de bâtiments pour les universités et dans l’encadrement du corps professoral. Les gouvernements n’arrivent plus à répondre à la demande en constante progression en matière de places pédagogiques. Ainsi la nouvelle faculté d’Alger est en surcapacité, limitée à 10.000 places pédagogiques. Les moyens matériels et financiers n’ont pas été débloqués alors que le prix du pétrole à la vente augmente. L'actuelle faculté de médecine, La Perrine, qui se trouve dans la commune de Sidi M'hamed, ne peut plus accueillir de nouveaux étudiants à cause de l'exiguïté de ses locaux comprenant seulement deux amphithéâtres. 
Le président Bouteflika

Au lendemain de l’indépendance algérienne, la priorité a été donnée à l’armée, qui contrôle le régime, au détriment de l’université qui forme les cadres professionnels capables de prendre en main la transformation du pays. L’argent a été gâché dans l'achat d'armements pléthoriques pour équiper une armée qui se bat contre un ennemi invisible alors que les jeunes ont besoin d’être rassurés sur leur avenir.

Venezuela à la traine


Il n’y a pas de meilleur investissement pour un pays en développement que l’éducation de ses citoyens. Or au Venezuela, les gouvernements successifs ont opéré des coupes budgétaires drastiques en laissant les systèmes d’éducation publique à l’abandon. En 2010 il y avait moins d’universitaires que durant les années 1970 alors que la population s’était accrue de 10 millions. Il a fallu attendre 1999 pour que la Constitution prévoie enfin la gratuité de l’éducation nationale. Mais le pays avait un retard énorme à combler, doublé d'une nouvelle idéologie.

En effet, les dirigeants ont fait un choix qui peut se comprendre si l’on veut réformer tout à la base, avec une volonté non avouée d’imposer un nouvel ordre scolaire et de formater les jeunes esprits au moule de la nouvelle révolution. Ainsi les nouveaux moyens ont d’abord servi au développement des instituteurs au détriment des techniciens, des ingénieurs et des médecins ce qui a entrainé des capacités nationales insuffisantes pour la formation dans le domaine de pointe. Le Venezuela a donc fait appel à l’étranger. Ainsi la France a permis dès 2007 à mille étudiants de venir se former dans les universités.

L’Algérie et le Venezuela ont donc des lacunes dans la compétence des services hospitaliers entrainant l’expatriation de leurs présidents malades. Cela prouve qu’il ne suffit pas d’avoir des sous-sols qui regorgent de ressources en tous genres, pour favoriser le bien-être des populations victimes de la gestion non planifiée d’un pays en voie de développement et du gaspillage à des fins politiques et militaires. Bien sûr les nouveaux pays ont besoin de temps pour s'organiser mais ils ont fait un mauvais choix dans les priorités.  

1 commentaire:

Avraham NATAF a dit…

Dans l'article bien des choses vraies mais il y a aussi des diplômés en médecine ou autres disciplines qui préfèrent l'humiliation de l'exil au quotidien étouffant.