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jeudi 4 avril 2013

KOL-ISRAEL : QUE VIENT FAIRE JOHN KERRY DANS CETTE GALÈRE



KOL-ISRAEL : QUE VIENT FAIRE JOHN KERRY DANS CETTE GALÈRE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

Kerry et Netanyahou le 23 mars 2013

John Kerry, choisi par Barack Obama pour prendre en charge la diplomatie américaine en remplacement d’Hillary Clinton qui n’avait pas souhaité être reconduite dans ses fonctions, arrive ce week-end, le 6 avril au soir, pour une visite à Jérusalem et à Ramallah.

Ecouter l'interview sur Radio Kol-Israël

  
Journal de Radio Kol-Israël du 3 avril 2013 
Interview par Maurice Ifergan

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 Cliquer sur le triangle noir pour écouter l'émission

Américain de gauche


Il ne faut pas s’attendre à ce que John Kerry fasse des vagues en politique étrangère car les secrétaires d’État américains ont une marge d’action limitée parce qu’ils restent sous le contrôle de la droite américaine et du lobby pro-israélien. Mais c’est l’un des dirigeants américains qui a le plus exposé ses idées et même son programme pour le Proche-Orient que certains pourraient qualifier de gauche, selon la terminologie européenne. Il n’est certes pas étonnant de la part d’un démocrate affirmé.

Il connait bien les dirigeants israéliens qu’il va rencontrer, le président de l’État Shimon Pérès et le premier ministre Benjamin Netanyahou, pour les avoir rencontrés en 2010. Son voyage avait pour but à l’époque de clarifier ses prises de position fermes de 2009, lorsqu’il s’était violemment élevé contre les constructions israéliennes dans les implantations. Il s’était montré encore plus pugnace quand il avait exigé des «actions et non des mots pour modifier une politique américaine bafouée par Israël.» Cette déclaration avait laissé des traces en Israël et elle n’était pas étrangère au soutien appuyé du gouvernement israélien au concurrent de Barack Obama à l’élection présidentielle.

Ses idées concernant les palestiniens sont proches de la gauche. Il n’est pas dupe sur la volonté du Hamas de ne pas reconnaitre Israël mais il est partisan d’un dialogue avec cette organisation terroriste. Il estime qu’une réunification du Hamas et du Fatah est, selon John Kerry qui juge ce dernier plus modéré, la seule solution pour parvenir à une paix possible. Dans son projet pour la région, il avait aussi prôné la restitution du Golan à la Syrie dans le cadre d’un accord de paix définitif.



Soutien centriste


Lapid-Livni


On sait que Yaïr Lapid et Tsipi Livni avaient remis sur le tapis, au cours de la campagne électorale en Israël, le problème du processus de paix moribond. Or ils participent à présent au nouveau gouvernement. On sait aussi que Yaïr Lapid avait martelé dans ses discours électoraux qu’il voulait réactiver les négociations avec les palestiniens et qu’il en faisait un casus belli si son souhait n’était pas pris en considération. Alors Barack Obama  a saisi le message au vol et il compte consacrer l'énergie de son deuxième mandat à résoudre l’impasse palestinienne. C’est pourquoi il mandate sur place John Kerry pour sonder les deux parties. C'est un vaste programme et l’on ne voit pas encore les prémices d'une solution viable.

Par ailleurs, il ne pourra pas éluder les problèmes liés à l’Iran. Sachant que les israéliens avaient fixé le printemps 2013 comme date butoir pour la diplomatie internationale à charge pour elle de régler le problème du nucléaire iranien, John Kerry va essayer d’obtenir de Netanyahou un engagement de ne pas attaquer l’Iran seul, sans le feu vert ou l’aide des américains. Le temps presse et les provocations du Djihad islamique à Gaza, influencé et soutenu par l’Iran, pourraient activer les mesures préventives israéliennes.

Quelle influence peut avoir John Kerry ? On sait déjà qu’à l’occasion de son voyage du 23 mars il avait réussi à persuader Benjamin Netanyahou de débloquer les fonds collectés par Israël pour le compte de l’Autorité palestinienne et cela a été fait. John Kerry peut donc se prévaloir de cette petite avancée. 
Mais il ne vient pas en Israël avec ses propres solutions toutes prêtes. Il veut d’abord que les deux parties trouvent seules un terrain d’entente mais il n’exclut pas, si rien ne bougeait au bout de trois mois, de faire ses propres propositions sinon ses propres exigences. Il veut d’abord essayer de convaincre les deux protagonistes de  se mettre d'accord pour engager des négociations directes, sans préalables. Il sait qu’ils peuvent régler très vite la question des vieux prisonniers palestiniens parce que ce sujet n’est pas pénalisant pour la sécurité réelle d’Israël. Un geste dans ce domaine pourrait relancer la solution des autres problèmes.

Relance palestinienne



Il va aussi s’adresser aux palestiniens puisque son programme prévoit une navette entre Jérusalem et Ramallah. Il veut les convaincre de cesser de faire appel aux organisations internationales et à l’ONU pour réclamer la création d’un État palestinien. Il veut que cette création se fasse par consensus et après un accord négocié.  Enfin il veut informer les deux parties qu’il a l’intention, de plus en plus, d’impliquer dans la négociation les pays arabes dit modérés. Il va d’ailleurs recevoir à Washington, dans les prochains jours, les ministres des Affaires étrangères du Qatar, de Jordanie et d'Égypte pour les entretenir sur la politique de son administration au sujet du processus de paix afin d'obtenir  éventuellement leur caution politique.

Enfin, la visite de John Kerry permettra de tester pour la première fois, en grandeur réelle, la cohésion du nouveau gouvernement dont certains membres sont réfractaires à toute négociation avec les palestiniens.

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