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mardi 30 avril 2013

ÉLECTIONS PARTIELLES : SI LE RIDICULE TUAIT…



ÉLECTIONS PARTIELLES : SI LE RIDICULE TUAIT…

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps
                
          
          Vingt candidats ont été enregistrés au Ministère de l'intérieur pour l’élection comme député de la 8ème circonscription. C’est à croire que ce poste suscite beaucoup d’envieux car il est prestigieux de vivre sous les ors de la République. Nous ne savons pas s’il s’agit de candidatures de témoignage et si tous les candidats iront au bout de leur projet.

   

Tous meilleurs


            Mais tous les candidats ne manquent pas d’air, sans exception, car ils sont certains d’être les meilleurs pour représenter les francophones en Israël. Ils pensent le devoir à leurs partis, à leur journal, à leur site, à leur fonctions communautaires en France et pourquoi pas à leur  physique Mais ils semblent, à une ou deux exceptions près, manquer de jugement politique sur leurs réelles chances au point de se demander ce qu'ils recherchent réellement.

    Il ne s’agit plus de programme politique mais de mathématiques pures. Les élections de 2012 ont été lancées dans la foulée des présidentielles qui ont poussé les français à se déplacer aux urnes, en «masse», pour faire des queues d'une heure parfois. En fait en matière de masse, ils n'étaient que 4.734 votants sur plus de 58.000 inscrits en Israël. Toute la circonscription des six pays a enregistré 13.965 votants sur 109.815 inscrits.
Arrivée d'un groupe d'immigrés

            En Israël, les franco-israéliens ne sont pas motivés. À part la détention intéressée d’un passeport français qui leur ouvre les portes du monde, ils estiment qu’ils ont laissé leur drapeau bleu-blanc-rouge au bas de la passerelle le jour de leur alyah. Ils ne se sentent plus concernés par une élection qui ne leur apportera rien, selon eux, car un unique député, si brillant soit-il, ne peut à lui-seul infléchir le sens de la politique française et donner des avantages matériels exclusifs aux expatriés français. 


Candidats actifs


     Et pourtant les candidats de l'élection de 2012, de grande notoriété pour certains, s’étaient démenés en allant au-devant des électeurs, dans les coins les plus reculés. Ils seront certainement moins nombreux à voter cette fois. D’une part il est courant que les élections partielles, même en France, ne drainent pas beaucoup d’électeurs aux urnes. D'autre part, le nombre de candidats, certains fantaisistes, découragent ceux qui veulent effectuer leur devoir civique. 
     Les francophones n’ont pas la culture anglo-saxonne de l’efficacité qui exige l’unité autour du meilleur. Par ailleurs, en Israël, les électeurs des candidats invalidés ne voteront pas, par dépit, parce qu’ils n’ont pas apprécié que des petits candidats battus poussent la mesquinerie jusqu'à faire de la délation auprès de la commission électorale en envoyant, comme preuve, quelques revues sans intérêt et inconnues en France. 
Dapha Poznanski invalidée

      Ils ne voteront pas parce qu’ils avaient déjà voté, selon eux, pour le meilleur qui n’est plus présent et qu’aujourd’hui, aucun candidat n’a grâce à leurs yeux. Ils ne voteront pas parce que certains candidats n’ont pas l’envergure d’un député de la nation française et qu’ils polluent la crédibilité des autres.

Nous ne dépasserons donc pas les 3.000 votants en Israël, pas suffisamment pour faire élire un franco-israélien. Et ce n’est pas l’effet d’un débat pitoyable dans les réseaux sociaux qui relèvera le niveau des échanges, souvent au-dessous de la ceinture. Les noms d’oiseaux fusent, les insultes sont lancées sans parcimonie, les attaques personnelles sont utilisées comme arguments, les invectives pleuvent, la haine se diffuse. Il est difficile dans ce contexte d’avoir une campagne sereine de niveau respectable.
On parle de réveiller la campagne par l'arrivée, à quelques jours du scrutin, de l'ancien président Sarkozy mais le problème fondamental en ce qui le concerne est qu'il n'est pas candidat en Israël.

           

Israël hors-jeu


      L’élection se jouera donc dans les autres pays de la circonscription. Les italiens, les grecs et les turcs choisiront pour les israéliens parce qu’ils seront plus nombreux à voter. Il n’y a qu’en Israël, par atavisme diront certains, où des candidats encore inconnus en Israël acceptent de se frotter aux représentants des partis pour avoir, l’instant de quelques semaines, leur image furtive dans les médias. Et pourtant ils y croient. Ils sont tous certains de gagner parce qu’ils sont les chefs dans leur village ou dans leur clans ou parce qu’ils ont occupé des postes qui ne les ont pas menés jusqu'alors au sommet.

            Il est difficile de connaitre la motivation de ceux qui n’estiment pas raisonnable de faire au préalable «une étude de marché» sur leur cas et sur leurs chances ne pas être ridicules. On se souvient que lors de l’élection précédente, le dernier candidat avait obtenu 72 voix, tous pays confondus, grâce à la mobilisation certaine de toute sa famille. 
                Si le ridicule tuait, les cadavres auraient été nombreux, même dans le pays des miracles. 

Dernières nouvelles du 24 mai 2013



En ce qui concerne le vote par Internet, seulement 1502 électeurs se sont exprimés en Israël alors que dans le même temps 3264 voix ont été enregistrés en Italie.
        

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